An 1 du gouvernement Tiao : « Il y a matière à satisfaction mais… »

mercredi 25 avril 2012

Il y a juste un an, le Burkina vivait sous le crépitement des armes, des incendies d’édifices publics et autres biens meubles par les élèves. Les organisations syndicales battaient le pavé pour demander de meilleures conditions de vie. Sans oublier les étudiants qui chantaient « ABA KARBA GNAN » pour exiger le départ de la police spéciale des universités (SSU). Au même moment, l’opposition politique demandait le départ de Blaise Compaoré. Pour reprendre les choses en mains, le président du Faso, fidèle à sa tactique de surprise, nomme Luc Adolphe Tiao à la tête du gouvernement le 18 avril 2011 en remplacement du très loquace Tertius Zongo qui, il faut le reconnaître a laissé des traces indélébiles à la primature.

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Un an après, le chef du gouvernement a organisé une conférence de presse le 24 avril 2012 à la salle de conférence du ministère des affaires étrangères à Ouagadougou pour dresser le bilan de son action à la tête de l’exécutif burkinabè.

Le 28 avril 2011, Luc Adolphe Tiao rencontrait la presse nationale et internationale pour la première fois avec ses habits de chef du gouvernement. La mission que lui confie le président du Faso est on ne peut clair : ramener la paix sociale, restaurer l’autorité de l’Etat et soigner l’image sérieusement écornée du Burkina. Puis mettre en œuvre le programme présidentiel, « Bâtir ensemble, un Burkina émergent ». Le malaise était profond. C’est la première fois que le pays des hommes intègres connaissait une telle cacophonie. La grande muette faisait son show une fois la nuit tombée, obligeant les ouagalais à se terrer chez eux.

Dans la journée, ce sont les commerçants dont les boutiques ont été saccagées et pillées par les militaires qui étaient dans la rue si ce ne sont pas des élèves et étudiants qui réclamaient justice pour Justin Zongo ou encore l’opposition politique qui demandait la déclaration de vacance du pouvoir.

Aux premiers mois de sa prise de service, Luc Adolphe Tiao s’engage à renouer le fil du dialogue avec toutes les forces vives de la nation afin de rechercher des solutions durables aux problèmes des populations. Tout naturellement, Luc Adolphe Tiao entame une tournée dans les différentes régions du pays pour écouter les burkinabè. Le périple commence par Koudougou, le 12 mai d’où a déclenché la crise suite au décès de l’élève Justin Zongo des suites de sévisses corporels dans un commissariat de police. Puis, il envoie les différents membres de son gouvernement écouter les doléances des burkinabè dans les autres régions.

Petit à petit, il parvint à reprendre les choses en main jusqu’à cette mutinerie des militaires de Bobo-Dioulasso où il envoie la garde présidentielle, la gendarmerie nationale et le régiment d’infanterie commando de Dédougou mâter les mutins. Plus d’une centaines seront arrêtés et écroués en prison. Leur procès est toujours attendu. Bilan officiel : six morts. Dès lors, il met fin aux négociations avec les militaires. Une stratégie payante puisque depuis lors, les armes n’ont plus crépité.

A l’issue des rencontres de concertations organisées dans les régions avec les différentes composantes de la société civile, des secteurs socio-économiques, politiques et sociaux, le gouvernement recueille les attentes des populations et décide d’engager des actions pour y apporter des réponses. Avec quelques mesures sociales promises, les syndicats acceptent reprendre le travail.

Toutes les mesures d’urgence ont été exécutées

Des mesures fortes étaient annoncées dès le 28 avril à l’occasion de la conférence de presse du nouveau PM. Après concertations, les produits de grande consommation tels le riz, l’huile, le sucre connaissent une baisse. « Toutes les mesures prises dans l’urgence ont été exécutées. Il y a donc matière à satisfaction mais également des motifs d’insatisfaction », avoue Luc Adolphe Tiao ce 24 avril 2012.
Il reconnait également que sur le plan des impacts attendus dans la lutte contre la vie chère, « les burkinabè s’attendaient à plus d’engagements dans la résolution de leurs préoccupations et une prise en charge plus large de leur quête d’amélioration de leurs conditions de vie et de mieux être ».

Parlant donc des points d’insatisfaction, Luc Adolphe Tiao les impute à des facteurs exogènes et climatiques. Il s’agit entre autres de : « l’aggravation de la crise financière et de la dette en Europe et aux Etats-Unis, les fluctuations négatives des cours des matières premières et du cours du baril de pétrole, le déficit pluviométrique qui a engendré un besoin de plus de 154 000 tonnes de vivres pour subvenir aux besoins alimentaires, et enfin, la crise au Mali qui a provoqué l’arrivée au Burkina de plus de 45 000 réfugiés et 150 000 bêtes que nous devons prendre en charge ».

Des défis énormes attendent le gouvernement

Il aura tout de même réussi à ramener la paix sociale, restaurer l’autorité de l’Etat, et redorer l’image du Burkina au plan international. Qu’à cela ne tienne, les défis sont légion et nécessitent un engagement plus vigoureux. Il s’agit entre autres de : la lutte contre l’insécurité dans les grands centres urbains et certains axes routiers, la maîtrise de l’inflation, la sécurisation foncière, la gouvernance économique, la promotion des valeurs civiques, l’accès à la justice et le renforcement du pouvoir judiciaire, le renforcement des capacités humaines et techniques de nos forces de défense et de sécurité. A ces défis, s’ajoute la mise en œuvre du programme présidentiel « bâtir ensemble un Burkina émergent » et la concrétisation des actions majeures de croissance accélérée pour un développement durable (SCADD).

A l’occasion de ce premier anniversaire du gouvernement Tiao, les journalistes n’ont pas été avares en questions. Plus d’une quarantaine ont été adressées au PM. De la suppression ou la règlementation des perdiems lors des séminaires aux dossiers judiciaires pendants (dossiers connexes de l’affaire Justin Zongo, militaires incarcérés) en passant par la chefferie traditionnelle, l’augmentation du prix du carburant, l’incivisme grandissant, l’absentéisme des fonctionnaires, l’augmentation des coûts de transport, l’insécurité alimentaire, les réfugiés maliens au Burkina, la médiation de Blaise Compaoré… bref, il n’y avait pas de question tabou.

L’université publique burkinabè ; l’assainissement, le logement, les mines, la sécurité routière n’ont pas été omis. Mais il faut reconnaître que le bilan de l’an 1 de Luc Adolphe Tiao à la tête du gouvernement manquait cruellement de chiffres. Ce qui n’est pas pour faciliter l’appréciation.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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