Vous savez quel était le contenu du message ? « Grand jeu (…). Jusqu’au 23 juin, envoyez (…) au (…) et gagnez une voiture, de l’argent cash, des motos, des TV et des recharges. Coût : 200 F CFA/SMS ». (J’ai omis volontairement le nom de la société, mais beaucoup ont dû la reconnaître.
Les deux autres sociétés en font de même). Je venais de perdre le sommeil. Ces gens se foutent de nous, me suis-je dit. Les sociétés de téléphonie mobile n’ont jamais demandé l’avis des clients avant d’envoyer de tels SMS. Sinon, ils sauraient que ce genre de jeux ne m’intéresse pas. En tout cas, il est nécessaire d’instituer un système de filtrage qui, à l’instar des mails et spams, requiert l’avis et l’accord du client. Ensuite, pourquoi me déranger à une heure si tardive pour des futilités ? A cause de cela, mon sommeil si précieux m’avait quitté et un violent mal de tête me tourmentait à présent. Comment pouvaient-elles violer allègrement mon intimité pour des banalités ?
J’aurais pu comprendre si ça avait été des messages de sensibilisation sur l’importance des moustiquaires imprégnées ou la Journée mondiale du don de sang. Que nenni ! De l’arnaque pure et simple, au vu et au su de tous, malgré l’interdiction. Si je mens, qu’on me corrige. J’ai vu passer un communiqué du ministre de l’Economie et des finances interdisant « l’organisation de tous les jeux basés sur le score ou le maximum d’appel ou de SMS pour attribuer les différents lots mis en jeu aux gagnants », en juin 2011, dans le trimestriel d’information « Echanges Trésor ». Si une telle arnaque continue, c’est que la police des jeux n’existe pas et que l’Etat ne joue pas son rôle.
Où se trouvent donc l’ARCEP et la CIL ? Las de tourner en rond comme un lion enfermé dans sa cage, je me suis décidé à sortir et à m’attabler au kiosque attenant à ma maison. Quand j’ai raconté à l’un des noctambules ce qui m’avait réveillé, il m’a fait part de l’histoire d’une secrétaire qui a été licenciée pour avoir gonflé la facture de téléphone de son service parce qu’elle a appelé des centaines de fois pour participer à un jeu. Bien fait pour elle, a-t-il conclu son histoire. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il faut être naïf pour croire à ces jeux, mais connaissant leur système, c’est dans l’engrenage que les clients tombent dans leur piège, mortel pour la poche.
A quel moment faut-il s’arrêter quand vous répondez à des questions simples et qu’on vous incite à continuer en vous faisant miroiter de l’argent cash ou une moto ? Eureka ! Je venais de trouver une idée géniale. Sans même dire au revoir aux gens, je suis rentré dans ma chambre et j’ai commencé à rédiger ma plainte.
Le Fou
Le Pays



