A la hâte, des milliers d’arbres étaient plantés sans que les organisateurs ne sachent ce qu’ils faisaient réellement. En réalité, bien de ces cérémonies servaient des intérêts personnels et obscurs de politiciens ou d’organisations de la société civile mal inspirées. Or, planter un arbre est un acte très important qui ne devrait pas être banalisé. Pourtant, c’est ce qui s’est passé. Résultat : le taux de survie des plants mis en terre et non protégés des animaux était pratiquement nul. En plus, les populations locales n’étaient associées à ces reboisements que pour la fête après les cérémonies. Ce n’est donc pas étonnant que la désertification ait pris de l’ampleur entre autres, à cause d’opérations de reboisement ratées.
Du reste, c’est ce qui a fait dire à un leader de la société civile que si on avait entretenu tous les arbres plantés pendant 20 ans, le Burkina serait vert aujourd’hui. Pendant la Révolution, on semblait y mettre plus de sérieux et chacun mettait un point d’honneur à entretenir l’arbre qu’il plantait. Mais, depuis, les choses ont changé négativement. Comme si l’on plantait simplement parce que c’est dans l’air du temps. Heureusement, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certaines institutions et autres groupements ont en effet créé des bosquets et s’investissent chaque année à assurer la survie des arbres plantés. Ce genre d’initiatives est à saluer parce qu’elles montrent la voie en indiquant à quel point nous avons tous intérêt à choyer notre écosystème. Le ministère de l’Environnement et du Cadre de vie peut-il reprendre les choses en main pour mettre définitivement fin au cirque des reboisements actuels ?
En tous les cas, il y a urgence à conduire efficacement et dans une démarche participative les opérations sur le terrain pour éviter la mascarade et assurer le suivi des arbres mis en terre. Mais, au-delà, d’autres actions doivent être menées pour protéger l’environnement. En cela, les trois luttes initiées sous la Révolution semblent être toujours d’actualité, à savoir, la lutte contre les feux de brousse, la lutte contre la divagation des animaux et la lutte contre la coupe abusive du bois. Aujourd’hui, malgré les efforts du gouvernement, ils sont encore très nombreux, les ménages qui utilisent le bois de chauffe parce que le gaz reste toujours pour eux inaccessible. La forêt de Gonsé qui faisait la fierté de plus d’un écolo ressemble aujourd’hui à une clairière. Le chemin est encore long, mais pour peu que l’on se remette en cause et au travail, on pourrait obtenir des résultats tangibles.
SIDZABDA
Le Pays













