Menée aux pas de charge et en vase clos par ces quelques personnes bien connectées aux réseaux d’information et de pouvoir, l’élection des délégués CSBE s’est déroulée sans aucun souci de la part des organisateurs de cette élection de réunir les conditions minimales requises en pareilles circonstances.
Comme en attestent les données et faits suivants :
* A ce jour, personne, y compris les autorités de notre Ambassade à Paris, ne connaît le nombre exact de Burkinabé résidant en France. Les nombreuses requêtes de nos associations sur la nécessité primordiale de procéder au recensement de nos compatriotes de l’Hexagone sont restées sans suite. Les multiples promesses de différents dignitaires du pouvoir se sont succédées à ce sujet mais force est de reconnaître que rien n’a bougé en la matière. Ce statu quo, qui traduit de manière claire la condition de sous-citoyenneté dans laquelle sont maintenus les Burkinabé de France, ne semble pas avoir posé problème aux membres du comité chargé d’organiser le vote des délégués CSBE de France.
* Les organisateurs de ces scrutins commando n’ont pas jugé utile (comme le leur ont demandé par voie de courriers des responsables d’associations de Burkinabé en France) d’établir au préalable la liste électorale, instrument de base de toute consultation électorale digne de ce nom.
Dans leur volonté d’aller vite pour tenir coûte que coûte l’élection dans le délai d’un mois
(imposé par Ouagadougou, selon les explications données à demi- mots à nos associations par le
comité en charge du scrutin) l’on a assisté à une chasse aux supporters pour constituer une base
électorale au profit de tel(le) ou tel(le) candidat(e), en lieu et place d’une campagne
d’informations en bonne et due forme devant être menée de façon concertée par les
organisateurs de l’élection et nos associations, en direction de tous les Burkinabé de l’Hexagone,
cela dans le but de leur présenter le CSBE, ses statuts, ses missions, les prérogatives et le
pouvoir réel des futurs délégués , et surtout, leurs possibles contributions à l’amélioration des
conditions d’existence de nos compatriotes de France.
* Internet a été l’espace quasi exclusif d’informations sur ce processus électoral d’un autre âge et aussi le seul lieu où les candidats ont tenté de rivaliser à travers des déclarations d’intentions et de programmes, souvent fort éloignées des missions et du périmètre des prérogatives dévolues par le Ministère Burkinabé des Affaires Etrangères qui demeure le vrai instigateur et pilote du CSBE et de ses différentes antennes à travers le Monde. Conscientes de l’importance du rôle d’un CSBE reconnu et accepté par tous et du réel intérêt des missions que peuvent et doivent assumer des représentants de la Diaspora régulièrement élus par une large majorité de Burkinabé préalablement informés des enjeux du scrutin, nos Organisations, soucieuses de contribuer positivement à l’émergence d’institutions démocratiques et légitimes représentant les Burkinabé expatriés :
* Dénoncent le caractère, le déroulement et les résultats du cycle de scrutins commando qui vient de se clore ce 8 juillet 2012,
* Par conséquent, n’accordent aucune légitimité ni autorité aux prétendus délégués issus de cette mascarade électorale,
* En appellent aux autorités compétentes en la matière (notamment l’Ambassadeur du Burkina Faso en France, le Ministre Burkinabé des Affaires Etrangères, le Premier Ministre) afin qu’elles prennent (conformément à leurs promesses tenues devant la communauté burkinabé de France) les dispositions adéquates en vue de l’organisation d’une vraie élection des délégués CSBE de France qui doit être inclusive, transparente, propre et incontestable ;
* Prennent à témoin l’opinion nationale et internationale du déni des droits élémentaires des Burkinabé de France qu’illustre le présent scrutin au moment où le régime de la 4è République ne ménage aucune énergie pour convaincre de la crédibilité du processus démocratique en cours dans notre pays (Assises sur les réformes politiques , campagne d’enrôlement biométrique des Burkinabé par la CENI, etc) ,
* Appellent les autres organisations de Burkinabé en France ainsi que l’ensemble de nos compatriotes de l’Hexagone à une large mobilisation en vue d’une défense ferme et unitaire de nos droits démocratiques.
Nous ferons connaître en temps opportun notre analyse des faits saillants de ce processus électoral
bancal qui doit fortement interpeller tous les Burkinabé de France désireux de contribuer
honnêtement et efficacement à l’avancée démocratique de notre Cher Faso.
Pour le respect de la démocratie participative au bénéfice de la diaspora burkinabé,
Disons Non à la mascarade électorale ! Non à la confiscation du CSBE par des intérêts partisans !
Burkinabé de France, le CSBE nous concerne toutes et tous, mobilisons nous pour en faire un outil de cohésion
nationale et de solidarité patriotique !
Vive l’unité d’action de toutes les associations représentatives des Burkinabé de France !
Vive la solidarité au sein de la Diaspora Burkinabé de France !
Paris le 12 juillet 2012
Ont signé :
Pour la Section de France du Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP-SF) : Didier OUEDRAOGO , Président
Pour l’Association des Etudiants Burkinabé en France (AEBF )
Ismaël MILLOGO, Président
Pour la Section de France du Comité International Joseph KI ZERBO (CIJK) Moumini TIEGNAN , Secrétaire aux Relations Extérieures
Pour l’Union des Burkinabé du Grand Ouest de la France (UBGOF)
Ardiouma SIRIMA , Président .



