Des délégués de Marseille, Lille, Nancy, étaient bien là, mais il faut déplorer la très faible mobilisation des Burkinabè à cette réunion, d’autant que l’information avait été diffusée par les canaux officiels et que le seul point figurant à l’ordre du jour devait suffire à rameuter du monde : le renouvellement du mandat des délégués CSBE, ceux-là même dont la mission est de défendre les intérêts des Burkinabè de France et de faire connaitre leurs préoccupations auprès des autorités burkinabè.
C’est le ministère des Affaires étrangères qui a créé le Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger mais il ne s’est jamais soucié de donner aux délégués les moyens de le faire fonctionner, contraignant ces derniers à utiliser leurs propres ressources financières dans l’accomplissement de leurs missions. Pour plus d’efficacité, le statut juridique du CSBE gagnerait à être clarifié : soit il reste une structure administrative sous tutelle du Ministère et dans ce cas, le tuteur doit assumer son tutorat jusqu’au bout et lui donner les moyens de fonctionner, soit il est juste un outil créé pour les Burkinabè de l’étranger, à charge pour eux de se l’approprier et lui donner une forme qu’ils auront librement décidée-association loi 1901 par exemple- dans le respect les lois du pays d’accueil.
Sauf à faire du CSBE un truc pour donner l’illusion aux Burkinabè de l’étranger qu’on s’intéresse à eux, le statut quo n’est plus tenable. Si peu de Burkinabè de France ont fait l’effort d’assister à la réunion du 3 juin convoquée par la coordination du CSBE et l’ambassade, c’est que beaucoup d’entre eux considèrent que le CSBE ne sert pas à grand-chose. Un jugement assez sévère qu’on entend souvent contre les membres du CSBE qui, bénévolement, consacrent leur temps et puisent dans leur cassette personnelle au service de la communauté.
Une chose est sûre, le CSBE de France sera ce que les Burkinabè de France voudront qu’il soit. Leurs délégués seront d’autant plus crédibles auprès du gouvernement qu’ils auront été bien élus lors du scrutin dont les résultats sont attendus au plus tard le 8 juillet prochain. Dans cette optique, un comité de pilotage composé de six membres a été mis en place en place dimanche dernier chargé de préparer l’organisation pratique des élections. Il fera connaitre sous peu le calendrier détaillé du déroulement du scrutin (date d’ouverture et de clôture de dépôt des candidatures, période de campagne, date du premier et du deuxième tour, etc.), le découpage électoral (1) et le lieu des votes.
Une note du ministère des affaires étrangères d’octobre 2007 précise les critères de participation à ce scrutin qui se veut libre, démocratique et ouvert à tous les Burkinabè. Tout électeur doit être âgé de dix huit (18) ans au moins et résidant dans la circonscription électorale ; est éligible tout Burkinabè âgé de vingt un (21) ans au moins, justifiant d’un séjour d’au moins deux (2) ans dans le pays de résidence et jouissant de tous ses droits civiques ; le délégué est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour ou à la majorité simple au second tour ; la durée du mandat du délégué est de trois ans renouvelable une fois et est exercé à titre gratuit.
Ce sera la troisième fois que les Burkinabè de France choisiront leurs représentants, et les expériences des précédents scrutins permettront sans doute l’organisation d’élections réellement démocratiques et transparentes
Joachim Vokouma
Lefaso.net
(1) Six régions ont été proposées
Région N°1 : Ile de France, région Centre, Bourgogne, Outre-Mer
Région N°2 : Nord-Pas-de-Calais, Haute Normandie, Basse Normandie, Picardie
Région N°3 : Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Limousin
Région N°4 : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon
Région N°5 : Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse, Auvergne
Région N°6 : Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Franche-Comté



