Cette partie du barrage est très importante en ce sens qu’elle alimente pendant la saison des pluies tout le nord de la province, l’eau coulant du sud au nord. Déjà, en moins de quatre heures, les conséquences de cet accident, dont il faut situer les responsabilités, sont tangibles. Et ce ne sont que les premiers signes. Nous ne pouvons pas compter le nombre de poissons morts. Pourtant, les techniciens de la société, après quelques analyses immédiates, avaient affirmé qu’il n’y avait pas eu fuite de produit. Il a fallu qu’on les mette devant les conséquences avant qu’ils ne reconnaissent cette fuite.
Les responsables s’inquiètent moins car depuis que cette mine est installée, les populations n’ont aucun droit et cela avec la complicité de certaines autorités surtout locales. En témoignent les multiples protestations organisées par les populations, surtout la jeunesse, à travers la Coordination provinciale des associations de jeunesse du Soum (COPAJES). Cette même coordination avait attiré l’attention des premiers responsables de la province et même le ministère des Mines, en mai 2011. Le blocage de la route à l’entrée de Djibo du 5 au 6 juillet 2011 pour exiger son bitumage en témoigne également. Les jeunes étaient convaincus que le trafic des engins gros porteurs qui transportent ces produits toxiques est très dangereux avec l’état actuel des routes.
Les faits malheureux survenus donnent raison aux jeunes en particulier et à la population en général. Avec ce produit dans la mare, si rien n’est fait urgemment, les populations et animaux mourront ensemble. Jusque-là nos responsables préfèrent défendre les intérêts des multinationales étrangères. Elles n’ont fait que des communiqués pour avertir les populations en leur demandant de ne pas utiliser cette eau provenant du barrage de Djibo. Les deux conteneurs ont fait trois jours sur le lieu sans solution efficace pour les soulever pendant que ce produit continue de se déverser dans les eaux. Cela est toujours inquiétant et nous pensons que le communiqué seul est loin d’être une solution suffisante pour empêcher des individus et des animaux d’accéder à cette eau.
Il faut des actes concrets sur le terrain, par exemple le déploiement du personnel de sécurité pour barrer les accès. Imaginons un instant un individu qui, pendant la saison sèche, se déplace à 5 ou 10 kilomètres pour la quête d’eau pour sa survie. Peut-on, par un communiqué, empêcher cette personne de se servir de l’eau qui coule devant sa porte ? Il faut des solutions efficaces pour éviter le drame chez les habitants du Soum en créant un cordon de sécurité dans chaque localité dans l’immédiat, et résoudre le problème des infrastructures routières de cette province. Dorénavant, il faut développer des infrastructures avant qu’une entreprise minière ne soit implantée dans n’importe quelle localité du pays.
AMADOU Adama
Le Pays


