Cybercriminalité à Bobo-Dioulasso : Plus de 18 millions de francs CFA escroqués

lundi 24 décembre 2012

La compagnie de Gendarmerie de Bobo-Dioulasso est à la traque des cybercriminels. Suite à des plaintes de victimes via l’ambassade du Burkina en France elle a investi et arrêté des « brouteurs ». De nationalités étrangères, huit d’entre eux dont une femme ont été présenté à l’issue d’un point de presse le vendredi 21 décembre 2012.

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Cybercriminalité à Bobo-Dioulasso : Plus de 18 millions de francs CFA escroqués

Sans emploi, les sept probables cybercriminels présenté à la presse sont âgé de 18 à 26 ans. Avec des pseudonyme français tels que Jean Marc Dutheil, Jean Marcus Trichet, Chrismelo Dadie, David Renolds…, ces africains d’origine sont des manipulateurs aguerris de l’outil informatique. En effet, selon le commandant de la compagnie de gendarmerie de Bobo-Dioulasso, ils étaient dans les viseurs de la police ivoirienne pour faits, bien entendu, d’escroquerie et de cybercriminalité. Ayant fuit cette traque, ils ont élus domicile dans la ville de Sya où ils ont mis en place une bande transfrontalière organisée afin de continuer leur actes malsains. Comment procédaient-ils alors ?

Ceux-ci fréquentaient à longueur de journée les cybercafés, ou, indique le Commandant Adama Sawadogo, tripotaient leurs ordinateurs à la recherche de leurs victimes dont la plupart seraient des expatriés à savoir des Européens et des Canadiens. Un autre jeune de nationalité étrangère qui les avaient hébergé à leur arrivé au Burkina Faso se joindra à eux pour mener à bien leur criminalité via internet. Une fois connectée, et, le plus souvent sur le réseau social Facebook, ils procédaient à des recherches d’amitiés avec des gens notamment les personnes de troisième âge. « Ils leur font croire qu’ils résident en France, puis qu’ils ont effectué un voyage en Afrique. D’où le choix des pseudonymes à connotation française », souligne le commandant Sawadogo.

18 632 993 FCFA pour trois modes opératoires !

Ils sont soit vendeurs de véhicules, soit avocats ou encore touriste. Dans la première situation, ils simulent qu’ils sont venus en Afrique notamment au Burkina Faso ou en Coté d’Ivoire pour livrer des véhicules d’occasion. Les taxes douanières étant très élevées alors que les moyens financiers se trouvent « assez » limités, ils demandent alors une aide à leur victime dans l’espoir de leur remboursé une fois de retour en France. Ou qu’ils sont victime d’une attaque qui a occasionné l’enlèvement de tous leurs biens. Ils demandent alors une aide pour s’acquitter des frais d’hôtel et d’alimentation. Autre mensonge pour escroquer, une crise cardiaque !

Les cybercriminels font croire à leur victime qu’ils sont alités dans une clinique et que leur médecin a établie un diagnostic critique de leur état de santé. Ils demandent donc de l’argent pour faire face aux ordonnances. En ce qui concerne le deuxième mode opératoire, les « brouteurs » qui sont avocats de circonstances gagnent un procès dont le client de nationalité française erait décédé laissant derrière lui un enfant. Alors qu’un des parents de l’orphelin voudrait s’accaparer de l’héritage au détriment de l’héritier légitime. Pour avoir donc gagner le procès et la garde de l’orphelin, il faudra de l’argent pour débloquer l’héritage et un billet d’avion pour rejoindre la France.

Enfin, pour le troisième mode opératoire, ils simulent un voyage au Burkina Faso ou cours duquel ils ont acheté un objet d’art sacré et recherché. Mais ils ont été interpellés par la douane burkinabé à l’aéroport et ils doivent payer une amende avant de recouvrir leur liberté. A toutes ces quêtes de soutien, les « brouteurs » promettent de rembourser une fois en France.

Une caissière pas comme les autres !

A quelque part dans la ville de Bobo-Dioulasso et plus précisément au secteur n°24 se trouve une agence Western Union. Une jeune femme est commise à la tâche des transferts d’argent. Au lieu de s’acquitter honorablement au rôle qui lui a été confié, la bonne dame cautionnait les actes malsains que s’adonnaient les « brouteurs ». « Elle a favorisé la réception des transferts d’argent par Wertern Union, sous le couvert de fausses identités dans son agence », indique l’adjudant chef-Major Samba Tou.

Ces cybercriminelles présenté à la presse bobolaise a été aussi une occasion pour la gendarmerie de lancer un appel sensibilisateur aux propriétaires de cybercafés à toute personne qui se connecte régulièrement aux réseaux sociaux à plus d’attention au risque d’être arnaquer par des escrocs et des cybercriminelles qui se font identifier comme des Français, des Canadiens… Non sans remercier les honnêtes citoyens pour leur collaboration, le Commandant Adama Sawadogo les a invités à toujours renseigner et informer la sécurité de tout acte suspect. Notons que l’investigation sur ces « criminelles » via les cybers fait suite à de plusieurs plaintes à l’Ambassade du Burkina en France. Une lettre de l’Ambassadeur adressé au Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale accompagné d’instruction de la hiérarchie a permit d’orienter l’enquête.

Bassératou KINDO

Pour Lefaso.net

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