Joël Aimé Ouédraogo, candidat PIB au Bam : « Sachant que la vieille génération ne comprend pas très bien mes idées, je travaille à sensibiliser la jeunesse »

samedi 24 novembre 2012

Joel Aimé Ouéraogo est élève-stagiaire des attachés d’éducation, un nouveau corps que le Ministère des enseignements secondaire et supérieur a mis en place pour mieux organiser les établissements. Parallèlement, il est inscrit en 4e année de philosophie à l’université de Ouagadougou. Estimant que les recettes que nous proposent les politiques sont de plus en plus fades, il s’y est engagé pour, dit-il, changer la donne. Ce jeune éducateur au verbe facile dirige la liste du PIB (Parti indépendant du Burkina) dans la province du Bam pour ces législatives.

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Joël Aimé Ouédraogo, candidat PIB au Bam : « Sachant que la vieille génération ne comprend pas très bien mes idées, je travaille à sensibiliser la jeunesse »

« En faisant une analyse de la situation politique au Burkina, nous nous rendons compte que c’est une gestion générationnelle. C’est la vieille génération révolutionnaire qui est toujours aux sièges. Jusque là les jeunes n’ont pas leur place ». C’est pourquoi Joël Aimé Ouédraogo a décidé de se lancer dans la politique. Avec le risque d’être vu comme un vendeur d’illusion. « Ma tâche est plus grande que ma peur et je ne peux pas m’autoriser à avoir peur parce que j’ai ce sentiment de patriotisme en moi. Je ne peux pas m’asseoir et regarder la jeunesse qui n’a presque pas d’avenir », soutient le jeune politicien.

Ainsi, après un bref passage à l’ADF/RDA où il estime n’être pas compris par ses camarades, Joël Aimé Ouédraogo a rejoint le PIB (Parti indépendant du Burkina) pour faire valoir ses idées. « C’est par l’analyse de ses programmes que j’ai signé mon adhésion à ce parti au côté de Maxime Kaboré », soutient-il. Le PIB se réclame d’obédience centriste, car « les citoyens ont perdu toute confiance en la majorité comme en l’opposition. Il faut donc une nouvelle vision », estime Joël Aimé.

A 29 ans, il participe pour la première fois à une élection en temps que candidat. Pour les élections législatives, « le philosophe », comme l’appelle ses promotionnaires, est tête de liste dans la province du Bam. 23 partis sont en compétition dans cette province pour deux postes de député. Ayant très peu de moyens financiers et humains, Joël Aimé et le PIB ont logiquement opté pour une campagne de proximité. « Sachant que la vieille génération ne comprend pas très bien mes idées, je travaille à sensibiliser la jeunesse. Par cette stratégie, je pense que nous pourrons parvenir à la victoire », rêve l’attaché d’éducation qui reconnait tout de même que les portes de l’assemblée nationale ne s’ouvriront aussi facilement à lui. Il se veut donc réaliste. « Ma vision n’est pas que pour le présent. Je fais un travail de conscientisation. Même si la victoire n’est pas là aujourd’hui, si la jeunesse comprend, on est sûr d’avoir un avenir ».

Estimant que la politique a été corrompue, Joël et ses camarades disent ne pas vouloir suivre la stratégie de l’adversaire, à savoir le partage de gadgets et d’argent aux électeurs. « On ne fera pas comme ces personnes qui partagent de l’argent, des gadgets pour avoir les voix, parce qu’ils ne sont pas mieux que les colons qui sont venus payer nos grands parents avec des miroirs, des allumettes, des fusils... Ils sont peut-être même pires parce que, eux ce sont leurs frères », pense Joël Aimé. « Nous, nous payons la dignité des gens par la vérité. Il faut être clair avec la population. Si la vérité peut payer, alors nous sommes sûrs que nous serons payés », ajoute-t-il. Un discours qui aura du mal à passer tellement les électeurs sont habitués à se faire plein les poches pendant cette période de campagne électorale. « C’est un combat de longue haleine. Ceux qui écoutent et comprennent, comprennent. A Kongoussi, j’ai été impressionné par des jeunes m’ont demandé de conserver mes t-shirts pour ceux qui n’ont pas encore compris qu’il y a un changement. (…) C’est la racine qui fait l’arbre, j’ai fait la racine et de là, je pense que nous pourrons parvenir », espère le philosophe.

Si au soir du 02 décembre, Joël Aimé Ouédraogo est élu, il entend proposer des lois pour : verrouiller définitivement l’article 37, interdire le partage des gadgets pendant la campagne électorale, valoriser le corps des attachés d’éducation, instituer des formations en leadership, restaurer l’autorité de l’Etat en faisant comprendre aux militaires qu’ils n’ont pas à violenter la population. Il entend également s’impliquer fortement dans la gestion de la commune de Kongoussi dont il est natif. « J’ai un programme bien ficelé pour le Bam », soutient-il. Ce programme permettra de : régler le problème de royauté qui divise les populations, promouvoir la culture du haricot vert à travers une semaine du haricot vert, valoriser le sport traditionnel, promouvoir le cyclisme dans la province du Bam, proposer au conseil communal la mise en place d’une caisse de solidarité où les plus nantis pourraient déposer leur contribution pour le développement de la province, trouver solution à l’ensablement du lac Bam…

Né à Kongoussi, le cursus scolaire de Joël l’a conduit dans plusieurs régions du Burkina. Il fit l’école primaire à Gorom-Gorom (Oudalan), le secondaire à Boulsa (Namentenga), Koudougou (Boulkiemdé) et Zinairé (Oubritenga). Titulaire du BAC A4, session de 2007, il s’inscrit en philosophie. A noter que ses camarades l’avait surnommé le philosophe depuis la classe de 3e pour « ses grandes idées ». Actuellement stagiaire dans un lycée de Ouagadougou pour achever sa formation d’attaché d’éducation, Joël dispense aussi des cours de philosophie, puisque titulaire d’une licence. Dans l’espoir de décrocher la maîtrise en philosophie, Joël Aimé Ouédraogo a choisi comme thème de mémoire : « jardin historique : la justice inconsciente entre l’homme et la culture ».

En tant qu’éducateur, diplômé en philosophie et fils d’un pays où le silence et la peur n’ont plus de place comme il le dit, Joël Aimé s’efforce de convaincre les jeunes de la province du Bam à lui accorder leurs voix afin de pouvoir siéger à l’assemblée nationale afin de défendre leur cause. Pour sûr, ce n’est pas gagné. C’est peut-être même très loin.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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