Joindre les communes rurales de Poura et de Fara en cette période hivernale relève d’un parcours de combattant. Pour qui connaît ces communes situées dans la province des Balés, elles occupent une position stratégique, du point de vue économique. En effet, Poura fait partie de l’une des premières localités du pays où l’on a exploité l’or avec la Société de recherche minière du Burkina (SOREMIB). Quant à Fara, elle jouit d’un pôle d’attraction pour les zones de Ouessa et Hamélé frontière du Ghana en matière d’échanges commerciaux. Cependant, force est de constater que l’infrastructure routière laisse à désirer. Pour mémoire de fils de la région, cette voie avait été promise pour réfection en bitume et cela date des temps forts de la SOREMIB dans les années 1981-1990.
Plus tard, rien ne sera fait de cette promesse tant applaudie. Bref, il faut avoir le courage de le dire car Poura a beaucoup été utile pour ce pays et aujourd’hui, il est inconcevable que cette commune reste inaccessible en période hivernale et surtout dans le mois d’août où les eaux envahissent le pont situé à une dizaine de kilomètres du carrefour.
Un pont qui fait des sinistrés !
Les voyageurs qui arrivent de la rive Est en provenance du carrefour sont obligés d’embarquer en pirogue pour rejoindre l’autre côté où un autre véhicule les attend pour la destination du côté de Poura ou Fara. Et cela ne se passe pas souvent sans danger car il arrive que la pirogue coule ou se renverse au cours de la traversée du marigot. Si on n’a pas encore enregistré fort heureusement de perte en vies humaines, ce sont des bagages et des marchandises qui disparaissent souvent dans l’eau. Le constat est si amer que sur la même route régionale no 11, les mêmes causes produisent les mêmes effets au niveau de Ningo ; coupant alors les populations situées au centre de toutes leurs activités. On imagine difficilement ce qu’il adviendrait si s’imposait le besoin d’évacuer un malade au Centre médical de Boromo (CMA) !
Afin de prendre leur destin en mains, les populations riveraines de ces localités se sont organisées cette année encore pour faire ce qu’elles peuvent au niveau de ce pont. C’était les 4 et 5 septembre derniers où toutes unies, les populations ont apporté pierres sauvages et tout ce qui peut contribuer à faciliter leur passage sur ce tronçon distant de trois cents mètres une fois inondé.
L’autorité communale et l’ANDP étaient sur le terrain
Cette mobilisation, il faut la mettre à l’actif des responsables des communes de Poura et de Fara mais aussi et surtout de l’Association Ni-Nidua pour le développement de Poura (ANDP) avec à sa tête, Saïdou Traoré, qui se donne pour cheval de bataille le développement de Poura et de ses environs. Ce n’est pas le maire de Poura François Bognini qui s’est maintes fois embourbé ou celui de Fara , Kalifara Zonou, qui dira le contraire.
« La présence effective de la délégation de l’ANDP sur le chantier témoigne qu’elle n’a pas voulu être en marge de l’histoire », a dit son président Saïdou Traoré . Aussi faut-il signaler le soutien indéfectible d’autres structures de la zone comme la coopérative des exploitants de bananes qui se sont aussi illustrés par leur apport en camions bennes pour le transport des matériaux. Cet élan de mobilisation est à encourager et nous souhaitons vivement qu’avec la réouverture très prochaine de la mine d’or de Poura, que l’on se penche sérieusement sur ce tronçon qui ne fera que des heureux.
Kofila TRAORE (koftraore@yahoo.fr)
L’Express du Faso


