Il est donc temps que le camp du président s’auto ausculte pour diagnostiquer et enrayer une partie du problème ivoirien. Hier, rebelles pour la plupart, les maîtres d’Abidjan savent que les différends naissent des stigmatisations et des roublardises. Les Ivoiriens ont du mal à vivre ensemble parce que les manigances politiciennes entreprises par le trio Alassane Dramane Ouattara, Laurent Koudou Gbagbo et Henri Konan Bédié ont eu raison de ce pays. Depuis plus de dix ans, les mentalités ont été forgées à servir la cause d’un individu, d’une région ou d’un parti politique. L’histoire est ce qu’elle est. On ne la réécrit pas en répétant les bêtises qui ont causé la perte des prédécesseurs.
Si pour garder le pouvoir ou discréditer les potentiels concurrents à la Présidence, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont misé sur les cartes de la division et de la terreur, Alassane Dramane Ouattara doit avoir le tact de tirer les bonnes leçons. Au risque de désenchanter ces partisans, il doit admettre de composer avec ceux qui supportent encore la perte du pouvoir absolu en même temps qu’il impose à ses partisans la voie de la légalité jadis perdue. Sinon, le temps passera, les hommes passeront et le malaise et la désolation des crimes abominables demeureront. Si Konan Bédié a été balayé de la Présidence ivoirienne, c’est bien parce qu’il croyait à une Côte d’Ivoire sans tous les Ivoiriens.
Laurent Gbagbo a enfoncé le clou en scindant son pays en Nord, musulmans et allogènes et Sud, chrétiens et autochtones avant d’être déporté à la Cour pénale internationale (CPI). Après des années de négociation et de boucheries, on croyait au renouveau d’esprit, à la tolérance, bref à une démocratie ivoirienne. Malheureusement, les armes continueront à crépiter dans ce pays parce qu’elles sont nombreuses autant que les utilisateurs. ADO ne doit et ne peut plus continuer à pactiser avec les « margouillats » qui s’immiscent dans la gestion du pouvoir ou s’interposent entre les responsables et la population.
Car ces dozos, ces ex-commandants de zones et autres partisans de la violente conquête post-électorale du pouvoir ont encore des réflexes de cow-boys. A l’équipe d’Alassane de tirer une fois de plus les leçons de la méthode Gbagbo pour gouverner et amorcer un véritable plan de réconciliation et de réhabilitation de la nation ivoirienne. Soit, ADO accepte de payer le prix de la réconciliation en passant par un dialogue national franc et inclusif, soit, il opte pour le clanisme qui a causé la perte des précédents régimes ivoiriens. La paix à d’autres noms, l’écoute, l’impartialité, la diversité d’opinions et de vision.
Ousséni BANCE ( banc.oussni@yahoo.com)
Stagiaire
L’express du Faso


