Après le gerbage des matériaux de terrassement et de chaussée, les travaux de terrassement avaient été lancés le 11 octobre 2010 à Dédougou. Au bout de 30 mois, la route latéritique devrait faire place à une chaussée revêtue en enduit superficiel bicouche sur une largeur de 7 m avec des accotements de 1,50 m en rase campagne et de 8 m axée des accotements, de 2 m en agglomération.
Certains optimistes s’étaient laissé aller, en rêvant de voir les usagers de la RN°14 rouler sur du bitume sur les 50 premiers kilomètres dès le début de l’année 2011. Que nenni ! C’est en 2012 qu’ils auront ce privilège. Les usagers et certaines populations de villes et villages traversés attendent encore.
Le dimanche 12 août, nous avons emprunté ce tronçon. Constat : De Dédougou à Tchériba (environ 50km), les routiers se frottent les mains. Les populations riveraines aussi. Fini les déviations, fini aussi les secousses, la boue et la poussière. Le bitumage de cette partie est quasiment terminé. La route est recouverte de bitume, les différents ponts attendent les dalles à leurs extrémités. Des collines ont été aplaties, des arbres réduits au néant. 50 kilomètres après Dédougou, le calvaire est en passe de devenir un souvenir. Même si de temps à autres, on aperçoit des tas de cailloux sauvages ou de terre, ou encore des « garages » spontanés où sont stationnés quelques engins de l’entreprise chargée de l’exécution des travaux. La satisfaction des usagers s’arrêtent là.
Le reste du tronçon n’a pas véritablement varié. Des engins lourds obstruent la route si ce n’est des troncs d’arbres entreposés pour obliger les usagers à effectuer des déviations. Secousses, poussière, boue… constituent le quotidien des usagers de la voie, si ce n’est des véhicules enfoncés. Les ponts sont en construction, notamment sur le fleuve Mouhoun où un second pont, plus large, devrait remplacer l’ancien. Des matériaux de constructions sont entreposés de part et d’autres de la voie. Le tronçon est véritablement en chantier, mais il sera difficile d’être dans le délai, pense-t-on du côté des usagers de la nationale n°14. Les populations et usagers de la voie devront donc prendre leur mal en patience. De Dédougou à Ouagadougou, les transporteurs mettent plus de cinq heures à parcourir une distance d’à peine 230 km.
La région de la Boucle du Mouhoun dispose d’énormes potentialités en ressources agricoles et hydriques, en faunes aquatiques et terrestres, susceptibles d’assurer son plein essor économique pour un véritable développement. En plus de permettre aux populations de circuler aisément et de faciliter le transport des produits du « grenier du Burkina » vers d’autres localités, le bitumage de cette route devrait favoriser un accroissement du volume des activités socio-économiques.
Les travaux intègrent des aménagements connexes dont la construction de deux postes de péage, la plantation de 5 000 arbres, la réalisation de 13 500 m linéaires de clôtures pour les écoles et dispensaires. Le tout devrait coûter plus 36 milliards de francs CFA.
Moussa Diallo
Lefaso.net



