A Boussouma, commune rurale située à une quinzaine de kilomètres de Kaya, région du Centre nord, un conflit oppose le maire à une partie de ses administrés. Lui reprochant sa « mauvaise gestion », ces derniers avaient contraint l’édile à quitter la commune. La situation se dégradera de nouveau quand le gouvernement décidera de ramener le maire à Boussouma afin qu’il achève son mandat, avec des arrestations d’opposants au maire par les forces de l’ordre.
Cette situation qui prévaut dans l’un des fiefs du RDS n’était pas inscrite à l’ordre du jour du point de presse. Ce qui n’a pas empêché les journalistes de l’évoquer, surtout que l’affaire continue de défrayer la chronique. Comme s’ils n’attendaient que la question leur soit posée, les responsables du parti n’ont pas usé de la langue de bois. Tout, ou presque, a été dit.
Le président du RDS, Ouindélassida François Ouédraogo explique que son parti n’est pas mêlé à cette situation et ne participe pas à la gestion de la commune. « Nous n’avons pas participé aux élections municipales de 2006. A ce titre, le RDS n’a aucun conseiller municipal dans la mairie de Boussouma. Cette dernière est exclusivement contrôlée par le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès, parti au pouvoir, Ndlr). Pourquoi alors nous soupçonne t-on ? » s’interroge t-il.
Le Dima de Boussouma (chef traditionnel), président d’honneur de la formation politique, pense, lui que la balle se trouve plutôt dans le camp du gouvernement : « la population accuse le maire de mauvaise gestion. Pour savoir si cela est vrai ou pas, il suffit que le gouvernement fasse la lumière ces accusations. Cela serait bénéfique pour tous au lieu de chercher des boucs émissaires. »
Le chef de cette commune rurale estime par ailleurs que « ce n’est pas en ramenant le maire à Boussouma et en l’imposant aux populations que le Premier ministre trouvera la solution à la situation. Les problèmes qui ont amené le maire à se réfugier à Kaya demeurent », a –il dit. Du reste, les orateurs du jour ont rappelé que la position du RDS sur lesdits événements est contenue clairement dans leur déclaration du 2 juillet 2012.
Interpellé sur le fait qu’une « probable » pension de retraite soit accordée aux députés, le président du parti affirme « qu’au stade actuel de pauvreté et de crise alimentaire, il n’est pas opportun de penser à une retraite pour les députés, qui sera payée par les ressources de l’Etat. « Cela ne doit pas une priorité du moment », a-t-il ajouté.
Les conférenciers ont dressé le bilan des activités menées durant les trois années d’existence du parti. L’implantation du RDS dans toutes les provinces du pays, sa participation aux élections couplées du 2 décembre 2012 et les alliances à envisager avec d’autres partis d’opposition, constituent les principales missions assignées par le congrès au nouveau secrétariat exécutif national dirigé par Ouindélassida François Ouédraogo, reconduit au poste de président.
DIMITRI KABORÉ
Fasozine




