CENI : Des ingénieurs-informaticiens remontés contre le président

vendredi 18 mai 2012

Les 300 ingénieurs- informaticiens, recrutés par la société Softnet pour le compte de la CENI du Burkina Faso, ont animé une conférence de presse le jeudi 17 mai 2012 à Ouagadougou. Objectif : prendre l’opinion publique à témoin sur le différend qui les oppose à la CENI. A cette occasion, ils ont annoncé ceci : « nous sommes des patriotes et prêts à servir la nation ».

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L’information est tombée dans la soirée du 15 mai dernier faisant état de la rupture du contrat entre la CENI et les 300 informaticiens recrutés pour l’enrôlement biométrique des électeurs. Le président de la CENI, Me Barthélemy Kéré a, dans sa déclaration liminaire, justifié la prise de cette décision par le fait que « les informaticiens ont refusé les conditions de rémunération proposées par la CENI ». Pour donner leur version des faits de la situation, les 300 informaticiens, à travers leurs représentants, ont animé un point de presse le jeudi 17 mai 2012. Objectif : prendre l’opinion publique à témoin sur le différend qui les oppose à la CENI.

« C’est une grande peine pour nous d’apprendre par la presse que nous avons été remerciés par la CENI suite à des revendications financières auxquelles elle n’arrive pas à accéder », ont d’entrée de jeu fait savoir les conférenciers. Ils disent relever des contre – vérités dans les propos du président de la CENI lors de sa conférence de presse. Pour eux, c’est par voie de presse qu’ils ont appris que les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso constituaient des zones spécifiques assorties d’un bonus de 100 000 F CFA. « Pourtant, les envoyés du président de la CENI n’ont pas fait cas de ce bonus lors de l’explication des termes du contrat », ont-ils ajouté. Ils mentionnent qu’en aucun cas, ils n’ont refusé de signer les contrats proposés par la CENI. Ils disent qu’il y a eu amalgame à ce niveau, car le contrat a été lu par un agent de Softnet et non par la CENI. « Pendant cette lecture, nous ne possédions aucun contrat sous nos yeux ». Pour eux, le différend avec la CENI est né dès l’instant qu’ils ont fait des propositions tendant à améliorer leur traitement salarial.

Et que c’est dans l’attente d’une suite à cette requête qu’ils ont été surpris d’apprendre par la presse que la rupture est consommée entre la CENI et eux pour la simple raison qu’ils auraient refusé leurs conditions de travail. De plus, les conférenciers ont fait savoir qu’ils sont désemparés d’entendre le président de la CENI dire que les informaticiens demandent plus de 3 000 000 de F CFA pour le travail d’enrôlement des électeurs pour une durée de deux mois. Pour eux, tout cela est archifaux car, disent-ils, il n’y avait aucune spécification de temps ; cela n’a jamais été très explicite dans le contrat. Ils ajoutent qu’ils ont commencé la formation le 4 mai, formation qui devait prendre fin en août. Pour eux, de mai à août, cela fait quatre mois et non deux comme le mentionne la CENI. La CENI avance les chiffres suivants : les formateurs des opérateurs de kits reçoivent 150 000 F CFA pour la formation, 175 000 F CFA comme salaire de base et 75 000 F CFA comme indemnité de séjour pour les superviseurs (au nombre de 178) ; et ce, par zone (quatre zones au total). Ce qui donne 250 000 F CFA par zone, soit 1 000 000 de F CFA pour les quatre zones. En définitive, un superviseur devrait avoir à la fin de son contrat 1 150 000 F CFA. Pour ce qui est des formateurs des aide-opérateurs, au nombre de 112, chacun devrait engranger 800 000 F CFA, soit 150 000 F CFA comme salaire de base et 50 000 F CFA comme indemnité de séjour par zone.

A l’opposé de ces chiffres avancés par la CENI, les conférenciers disent avoir fait les propositions suivantes : 1 950 000 F CFA pour les superviseurs et 1 600 000 F CFA pour les formateurs des aide-opérateurs. C’est de là qu’est né le différend entre les deux parties. Ils disent tenir le président de la CENI pour responsable de la rupture du dialogue et du blocage du processus d’enrôlement biométrique des électeurs. A ce dernier, ils disent être conscients de la rareté des ressources de notre pays. « Nous sommes des patriotes et prêts à servir la nation », ont-ils lancé. Ils disent être prêts à travailler sous les conditions données par le président de la CENI, lors de son point de presse.

Ils disent que contrairement aux rumeurs selon lesquelles ils auraient reçu des perdiems lors de leurs formations, cela n’a jamais été exact. Dans la perspective de désamorcer ce différend, les conférenciers ont confié qu’ils ont rencontré le secrétaire général du MATDS et le secrétaire général de la CENI le 16 mai 2012 et que de toutes ces rencontres rien de concret n’est ressorti. Pour eux, la CENI devrait faire l’économie d’un second recrutement qu’ils jugent « inutile » et mettre plutôt à profit la somme qui sera utilisée pour satisfaire leurs revendications. Ils ont terminé en disant que chaque informaticien est libre de s’inscrire pour le nouveau recrutement mais qu’en attendant, leur défense demeure la satisfaction de leur revendication.

Ambèternifa Crépin SOMDA

Le Pays

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