MUTINERIE A LA PRISON DE KOUDOUGOU : 6 morts, 7 blessés et 8 évadés

mardi 8 septembre 2009

Une tentative de mutinerie a eu lieu à la Maison d’arrêt et de correction de Koudougou le 6 septembre dernier. Au cours de celle-ci, les agents de sécurité ont fait usage de leurs armes, entraînant la mort de 6 personnes et occasionnant des blessures à 7 détenus.

Réagissez à cet article Réagissez

La prison civile de Koudougou a connu une ambiance particulière le 6 septembre 2009. En effet, une tentative d’émeute s’y est produite. Selon le procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance de Koudougou, Jean Jacques Ouédraogo, que nous avons rencontré le 7 septembre 2009, l’émeute s’est soldée par l’usage des armes conformément aux règlements pénitenciers et a fait un bilan provisoire de 6 morts, 7 blessés et 8 évadés dont un est revenu de lui-même. Parmi les 7 blessés, deux ont été évacués à Ouagadougou car leur état nécessite une intervention chirurgicale qu’on ne peut effectuer à Koudougou, a-t-il précisé. A son avis, beaucoup ont perdu du sang mais des dispositions sont entrain d’être prises afin que les transfusions sanguines puissent être faites rapidement.

Du côté de la maison d’arrêt et de correction, la situation est sous contrôle grâce à l’appui des autres forces de défense et de sécurité, a confié le procureur. Il a aussi fait savoir que les familles des personnes qui ont été mortellement touchées avaient été prévenues. Selon les explications du Procureur du Faso, c’est aux environs de 14 heures que les évasions ont eu lieu. Mais la mutinerie est intervenue autour de 18 heures, à la fermeture des postes. ‘’C’est quand on a essuyé un refus collectif avec un mouvement vers la porte pour sortir que les forces de sécurité étaient obligées de faire usage de leurs armes pour maintenir le personnel en état’’, a fait savoir le procureur. Il a ajouté que l’opinion publique sera située sur les raisons et les sources profondes de cette tentative de mutinerie. Le procureur a présenté ses condoléances aux familles des victimes.

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Zakalia Koté, qui s’est rendu sur les lieux du drame, le 7 septembre 2009, a déploré la situation. Après avoir vu les corps des victimes, il s’est rendu en compagnie des autorités de la place au Centre hospitalier régional (CHR) de Koudougou où 5 blessés reçoivent des soins. Parmi ceux-ci, a fait savoir le ministre, deux sont sérieusement atteints et doivent subir des interventions chirurgicales qu’on ne peut faire à Koudougou. Ils seront donc évacués à Ouagadougou comme les deux autres. Quant aux 3 restants, leur vie n’est pas en danger car ils ont eu chacun des blessures légères soit à la main ou à la jambe. Mais tous les blessés ont déjà eu des soins donnés gratuitement par le CHR. Et pour la suite des soins, les services de l’Action sociale vont s’en charger, a indiqué le ministre de la Justice. Il a aussi révélé que les deux blessés qui ont été évacués à Ouagadougou ont été accompagnés par un agent de l’Action sociale pour faciliter leur prise en charge.

‘’Le premier rôle de la justice est de protéger la vie et non de l’ôter", a dit le ministre Zakalia Koté. Mais ce sont des événements qui ont conduit à cette triste situation, car il y a eu deux évasions dans la journée du 6 septembre 2009. La première a permis à 8 détenus de s’évader et la seconde au cours de laquelle les agents de sécurité ont eu recours à l’usage des armes en appliquant les règlements et qui malheureusement a fait un lourd bilan, a déclaré le ministre de la Justice. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Le ministre Zakalia Koté a par ailleurs ordonné qu’une enquête soit menée pour déterminer les circonstances exactes qui ont conduit à cette triste situation. La sécurité de la geôle est-elle bien assurée ? A cette question, le ministre de la Justice dira que la prison de Koudougou est la maison d’arrêt où il y a le plus de tentatives d’évasion. Cela s’explique de par sa situation géographique, car il n’y a pas d’infrastructures ni d’habitation à côté de la prison, mais aussi du fait que tout un pan du mur d’enceinte n’existe plus. Mais des mesures seront prises pour pallier la situation, a confié le ministre Zakalia Koté.

Par Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

Imprimer l'article

Ajouter un commentaire

Vos réactions


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2014 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés