Opposition burkinabè : Il y aura quoi après Blaise ?

vendredi 16 août 2013

« On ne va pas changer pour changer », la boutade de Tolé Sagnon, le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina a fait du boucan. Et la une des journaux au lendemain de la marche du 20 juillet 2013, organisée par la Coalition contre la vie chère. Taxé de tous les noms, l’homme a eu le mérite de porter l’inquiétude de certains burkinabè à l’approche de 2015.

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Opposition burkinabè : Il y aura quoi après Blaise ?

Blaise doit partir comme le veut la constitution. Qui à sa place ? Question légitime, mais transformée en crime de lèse-majesté par une dynamique qui voudrait que le meilleur des mondes soit celui que l’opposition propose. Un Burkina sans les Compaoré. Soit. Mais il est temps qu’on nous dise de quoi sera fait l’après Blaise Compaoré. Parce qu’autant la superpuissance en difficulté qu’est le CDP inquiète ses militants, autant le sénat et l’article 37 comme seul guide de l’opposition inquiète.

Active et surfant sur une bonne dynamique, l’opposition n’hésite plus à sillonner le pays. Notamment les villes. A Bobo-Dioulasso, elle lance même un défi au parti au pouvoir. Celui de débattre partout et en tout temps de l’inopportunité du sénat et de son dessein inavoué « la modification de l’article 37 ». Tout à fait normal.

Pour conquérir le pouvoir d’Etat, il faut mieux paraitre fort et convainquant. Mais entre la conquête du pouvoir et sa gestion, il y a un faussé. Un faussé qui pourrait être un gouffre si en tout et pour tout, l’opposition n’a que le départ du président dans son canevas. Parce qu’il faut qu’on se le dise, la suppression du sénat et un probable départ de Blaise Compaoré en 2015 ne seront pas des bâtons magiques. Des bâtons qui feront de Yalgado et de Souro Sanou des hôpitaux de références, des bâtons qui donneront du travail à tous les chômeurs, des bâtons qui feront du Burkina Faso, un Etat providentiel. Bien au contraire. Un départ du président avec ou sans le CDP sera synonyme de bien de difficultés, ne serait-ce qu’en un temps limité.

Car au Burkina, il y a des fortunes qui sont nées et mourront avec le président Compaoré. Il y a des employeurs qui sont nés et disparaitront avec le président. Il y a des connexions, des réseaux, toute une sphère politico-économique qui ne tienne qu’à la personne du président. Si toutefois il tombe, on fera face à une hécatombe dans cette sphère.

Comment faire face à la débandade des fonds et des fortunés ? Comment maintenir l’unité nationale qui risque d’être ébranlée par des règlements de compte ? Quelles politiques éducatives, sanitaires, économiques… pour remédier dans l’immédiat à tant de fléaux que dénonce l’opposition ? Autant de questions, auxquelles elle devra apporter des réponses en même temps qu’elle tente de bouter l’enfant terrible de Ziniaré de son Kossyam, chèrement acquis.

Ousséni Bancé
Lefaso.net

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