Coopération parlementaire et intégration des peuples : Piste pour la mise en place des Etats-Unis d’Afrique par le bas ? (2/5)

mardi 28 mai 2013

Les parlementaires de la sous-région ouest-africaine n’ont de cesse d’exprimer leur vœu pour l’effectivité de la libre circulation des personnes et des biens. Ce vœu a encore été clamé le 6 mars dernier, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la 5è Législature du Burkina Faso, la coopération parlementaire mobilisant. Au stade actuel des initiatives sur la voie de la création des Etats-Unis d’Afrique, on peut bien espérer que nos parlementaires légiféreront dans le sens de la facilitation de la libre circulation des personnes et des biens. C’est du moins, ce qui ressort du discours de bien de députés dont Mathurin Coffi Nago, président de l’Assemblée nationale du Bénin.

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Coopération parlementaire et intégration des peuples : Piste pour la mise en place des Etats-Unis d’Afrique par le bas ? (2/5)

La facilitation de la libre circulation des personnes et des biens a toujours été le vœu des panafricanistes qui ne voyaient depuis les années 1960, l’avenir de l’Afrique que dans l’union. De ceux-ci, les figures emblématiques restent Kwamé N’Krumah du Ghana, Haïlé Sélassié d’Ethiopie, Maurice Yaméogo de la Haute-Volta, et bien d’autres.

Cette vision se fonde notamment sur les bons rapports qu’entretiennent le plus souvent les peuples séparés par des frontières arbitrairement artificielles.

Et aujourd’hui, au regard des conflits de leadership qui freinent le processus de mise en place des Etats-Unis d’Afrique par le haut, c’est-à-dire par la fusion des souverainetés nationales, la voie de la libre circulation des personnes et des biens semble s’afficher en alternative crédible. Elle a, en effet, le mérite de s’appuyer sur des populations qui se fréquentent, qui se connaissent et qui auront pris goût à un vivre ensemble harmonieux.

Que peut-on attendre de la coopération parlementaire dans l’instauration véritable, et avec quiétude, de la libre circulation des personnes et des biens ?

Les populations de part et d’autre des frontières nationales se fréquentent le plus souvent sans méfiance aucune. En effet, les membres d’une même famille se retrouvent, avec le tracé arbitraire des limites frontalières, séparés par deux Etats. Pareilles situations, on en voit à la frontière entre le Burkina Faso et le Togo, au niveau de la ville de Cinkansé (divisée en Cinkansé Burkina et Cinkansé Togo). Et animées par l’instinct naturel de fréquentation entre membres d’une même cellule familiale, la fluidité des rapports sociaux y est perceptible et est même conviviale.

L’Assemblée nationale togolaise, à en croire son 1er vice-président, Komi Selom Klassou, « réitère sa disponibilité à œuvrer au renforcement des liens historiques, socio-économiques et culturels entre nos deux pays ». Pour ce faire, le Togo de par sa situation géographique de pays côtier et grâce aux atouts naturels et logistiques de son port, le Port autonome de Lomé, « est disposé à toujours servir de porte océane pour tous les pays enclavés su Sahel et particulièrement pour son voisin immédiat qu’est le Burkina Faso ».

A la frontière avec le Bénin, c’est le même constat qui est fait. En effet, relève le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Mathurin Coffi Nago, les divisions artificielles de notre espace commun, voulues et consacrées par la colonisation n’ont pu et ne pourront modifier les sentiments, la qualité des relations et la volonté de coopération et de solidarité de nos peuples. A travers cet espace commun, précise M. Nago, « les individus et les familles circulent librement, échangent, se fréquentent, s’établissent ici et là et entreprennent ensemble pour le développement de notre sous-région ».

Cette coopération séculaire, fraternelle et solidaire entre les peuples burkinabè et béninois doit également son approfondissement et sa pérennité aux idéaux de liberté et de démocratie que ceux-ci partagent si heureusement, ainsi qu’à leur commune volonté de réaliser ensemble leur développement harmonieux par une politique d’intégration régionale réussie. Au regard de cet état de fait, le président Nago s’adressant à ses collègues du Burkina, dira « notre responsabilité commune en tant que représentants élus de la Nation nous impose d’accompagner activement cette volonté et ces choix des peuples en recherchant constamment les voies et moyens pour une complète réalisation de leurs aspirations et de leurs attentes et pour une solidarité réelle entre ceux-ci ».

Pour Mamadou Marthé Daouda, 1er vice-président de l’Assemblée nationale du Niger, le Burkina et le Niger sont deux pays frères qui partagent plus qu’un simple tracé de frontière qui, du reste, est plus virtuel que réel pour les populations burkinabè et nigériennes. En effet, dira-t-il, « nous avons en commun l’histoire, la culture, la géographie, pour ne pas aller à citer jusqu’aux hommes ». Et de s’interroger, « pourquoi ne pas songer à une commission parlementaire paritaire Niger-Burkina qui réfléchira et proposera des axes d’orientation permettant de matérialiser cette forte aspiration de nos populations au regroupement régional ? »

De ce qui précède, il ressort à tout le moins, que nos parlements ont connaissance du fait que nos populations, séparées par les différentes frontières nationales, aspirent à une véritable libre circulation des personnes et des biens au-delà des limites territoriales arrêtées. Nous osons croire qu’il en ainsi dans toutes les quatre autres sous-régions du continent. Encore faut-il qu’elles (les populations) bénéficient de cadres législatifs communs instaurant la quiétude dans ce sens. Et cela est bien possible !

Au stade actuel du dynamisme de la diplomatie parlementaire sous nos cieux, il est permis d’espérer que nos Parlements œuvreront dans ce sens. Ce qui facilitera, ou à tout le moins, permettra à l’effectivité des Etats-Unis d’Afrique, d’avoir une assise assez solide.

Cette option semble s’imposer aujourd’hui, quand on pense aux conflits de leadership entre souverainetés nationales qui ont jusque-là obstrué sur fond de mauvaise foi, le chemin vers l’Union du continent. Au même moment, tous nos chefs d’Etats disent être convaincus que la place du continent au sein des instances où se décident les grands dossiers du monde, et même son avenir (du continent), se trouvent conditionnés par son Union. Vivement que nos populations bénéficient de l’accompagnement conséquent des Parlements, afin que les cinquante prochaines années voient l’avènement des Etats-Unis d’Afrique !

Fulbert Paré

Lefaso.net

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