Elections couplées 2012 : Campagne terne à Zorgho

samedi 24 novembre 2012

Décidément ! Que se passe-t-il avec les partis en lice pour les élections couplées du 2 décembre prochain pendant ces périodes de campagne ? Des échos de la campagne faisaient état des difficultés qu’ont les partis politiques à mobiliser leurs militants dans certaines localités. Le constat est perceptible à Ouagadougou. A Zorgho, chef lieu de la province du Ganzourgou, la situation est encore pire où seuls des groupuscules de jeunes sirotent le thé à longueur dans les quartiers généraux des partis. Mais les siège de certains étaient même fermés lors notre passage. « Tout le monde est allé battre campagne », nous répond-on. Constat !

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Elections couplées 2012 : Campagne terne à Zorgho

Vendredi 23 novembre 2012, 6e jour de campagne électorale au Burkina Faso. Il est exactement 12h34mn. L’artère principale de la ville de Zorgho grouille de monde. Des élèves en uniforme revenant des cours et d’autres usagers, fonctionnaires ou commerçants, voulant rejoindre leurs domiciles ou lieux de commerce, rendent la circulation difficile pour les gros porteurs qui traversent la ville. Sur quelques rares poteaux électriques sont collées des affiches de certains partis. L’un des signes que c’est la période de campagne. Dans les états-majors des partis, des banderoles ou des affiches géantes renseignent les visiteurs sur le parti.

Première escale. Le siège de la Convention nationale pour le progrès du Burkina (CNPB), l’un des partis en forme dans la province. Le patron du parti est en visite à Zorgho. Ingénieur géologue à la retraite, Pierre Tapsoba est originaire du Ganzourgou. Il est également le président du Conseil de surveillance de la CNPB. Dans sa cour, qui sert aussi de siège de campagne pour le parti, il est seul. A la question de savoir pourquoi le siège est vide, il répond : « Vous êtes venus à 14h et vous comptez trouver des gens ici. Il fallait venir plus tôt sinon il est l’heure du repos et ils sont allés manger ». Très connu pour être l’un des fils de la localité à avoir « réussi », Pierre Tapsoba dit nourrir de grandes ambitions pour la province. « J’ai suffisamment de relations à l’extérieur du Burkina qui me permettront de financer des projets de développement à Zorgho », soutient-il. Pour le patron de la CNPB, les priorités de Zorgho sont entre autres la lutte contre le chômage des jeunes, l’accès aux soins de santé et la construction d’infrastructures.

Au marché, assis devant leurs étals, les commerçants devisent sur la situation du pays. Pour tous, la situation économique du Burkina est devenue des plus drastiques. « Figurez-vous qu’on peut passer une journée entière sans vendre. Cela fait que la campagne ne m’intéresse pas », lance un d’eux. Le désintéressement de la chose est apparu au grand jour lors de cette campagne. Ce que reconnaissent les hommes politiques de la province. « Si vous tournez dans la ville de Zorgho ou même dans les communes, vous vous rendez compte de la faible mobilisation des militants », a indiqué Souleymane Ganaba, secrétaire général provincial de l’ADF/RDA. Au siège du parti de l’Eléphant, 4 jeunes, vêtus du tee-shirt du parti sont assis au tour du thé et un appareil joue la musique. Deuxième force politique du Ganzourgou après le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ADF/RDA présente des candidats pour les municipales dans 4 des 8 communes que compte la province : Kogho, Méguet, Salogo et Zorgho. Sa liste provinciale pour les Législatives est menée par Yarcé Boukary Pafadnam.

Si pendant la campagne chaque parti institue une permanence à son siège, certains n’y parviennent pas. C’est le cas de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) dont le siège était fermé lors de notre passage. Ni affiches, ni pancarte n’indiquait que c’est le siège de l’UPC. A l’entrée de la cour, des affiches déchirées trainaient au sol. Est-ce que le parti est aussi victime à Zorgho de l’arrachage de ses affiches ? Malheureusement personne pour nous répondre. Qu’à cela ne tienne le parti du Lion fait parler de lui dans le Ganzourgou.

Méga parti, le CDP le demeure à Zorgho. En compétition pour les municipales et les Législatives dans la province, les responsables du parti au pouvoir promettent de réaliser un score satisfaisant même si Roch Marc Christian Kaboré, originaire du Ganzourgou, ne fait pas office de candidat à ces élections. « Le président de l’Assemblée nationale a donné les directives pour que le fait qu’il ne se présentera pas n’entache sur les performances du parti aux élections », a indiqué Edouard Balkoulga, maire sortant de Zorgho et militant du CDP. Mieux, selon lui, Roch Marc Christian Kaboré aide à battre campagne dans certaines communes de la localité.

Tanghin interdit aux partis de venir battre campagne

Visiblement découragée des hommes politiques, la population ne cache pas son désarroi. « Ils viennent nous promettre les mêmes choses à chaque campagne mais après nous ne voyons rien venir », s’offusque Adama Kaboré, l’un des fils de Zorgho. D’autres n’hésitent à le manifester de façon violente. C’est le cas des habitants de Tanghin, l’un des villages de la commune rurale de Méguet, dans la province du Ganzourgou. Parce que le village n’a pas été électrifié comme ses voisins, les populations ont interdit aux partis politiques de venir battre campagne. « Mais tout tend à rentrer dans l’ordre parce que les autorités de la province sont en train de négocier avec eux. Et je crois qu’ils comprendront », tente de rassurer Adama Sawadogo, président de la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI).

Quant au manque d’intérêt pour cette campagne, certains l’expliquent par le manque de moyens pour la campagne et surtout la crise socio-militaire qu’a connue le Burkina Faso l’année dernière. « Avec la crise, les gens hésitent à s’afficher publiquement ou à jeter toutes leurs forces dans la campagne parce qu’on ne sait jamais. La crise peut revenir un jour », a expliqué Lamoussa Alain Kaboré. Qu’à cela ne tienne, chaque parti engagé dans la course aux Législatives-Municipales du 2 décembre prochain entend obtenir le maximum de députés et de conseillers municipaux lui permettant d’asseoir ou de conforter son pouvoir dans la province du Ganzourgou.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

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