Le 1er novembre s’annonce comme une date tant attendue par les cotonculteurs, ou, du moins, pour ceux de le zone de Léo, Sapouy et environnants. Car cette date marquera le début de la campagne d’achat du coton graine, qui s’étendra jusqu’en février 2009.
Après les durs labeurs champêtres, chacun récoltera les dividendes de ce pour quoi il a versé sa sueur… sous la pluie et le soleil. Mais avant que ces choses sérieuses commencent, il y avait lieu d’aller à la rencontre de ces cotonculteurs, les écouter et leur donner de l’assurance sur le déroulement de la campagne.
Heureusement d’ailleurs que les campagnes se suivent, mais ne se ressemblent pas. La présente, en tout cas, se présente sous de meilleurs auspices après la bonne pluviométrie enregistrée, le relèvement du prix du kilo de coton (165F CFA pour le 1er choix et 140 pour le 2e) et aussi la baisse du prix des intrants.
Le moins que l’on puisse dire est que tous les ingrédients sont réunis pour que tout soit rose. Mais tout cela ne suffit pas pour convaincre les braves paysans, ils ont besoin d’être rassurés et de se sentir écoutés.
Ce dialogue franc, la SOFITEX en a fait sien depuis lors. En se rendant ce samedi 25 octobre à Léo, Oumar Sonny, délégué SOFITEX à Ouagadougou, et son équipe avaient un message simple : « Quoi qu’il advienne, le coton sera payé au prix fixé, et s’il y a embellie sur le marché financier international, rassurez-vous que vous aurez des ristournes ». Il a tenu à saluer le courage de ces braves paysans qui, malgré les difficultés endurées l’année passée, n’ont pas baissé les bras.
La partie la plus attendue était la phase des questions- réponses ; là, c’est mal connaître le franc-parler du cotonculteur. Les plus directs ont clamé que, crise financière ou pas, il n’y a pas lieu de baisser le prix du kg. Pour ce qui est de l’usine d’égrainage de Léo, tous souhaitent son ouverture cette année. Omar Sonny a affirmé que l’usine sera en marche durant cette campagne, mais a souligné qu’il sera en rodage, ce qui veut dire qu’elle ne pourra pas égrainer tout le coton de la Sissili et du Ziro.
La grosse crainte des producteurs de cette zone est sans conteste les agissements des conditionneurs : « Nous avons plus peur des conditionneurs que du DG même de la SOFITEX, car avec eux le choix du coton peut changer d’une minute à l’autre ». Là-dessus, M. Sonny a demandé aux paysans de saisir le comité de litige en cas de pépin avec les conditionneurs.
Il leur a surtout déconseillé de soudoyer ces derniers. « S’il y a des corrompus, c’est qu’il y a des corrupteurs » a-t-il lancé avant de demander aux uns et aux autres de ne pas tomber dans ce piège. Les préoccupations les plus récurrentes ont tourné autour de l’arrivée tardive des intrants et de l’enlèvement tardif du coton.
A ce sujet, Oumar Sonny a expliqué comment est ficelé le contrat de transport du coton avec la compagnie UTA. Il a promis de rendre compte à la direction pour que le service s’améliore.
Pour ce qui est de la récolte du coton transgénique (OGM), le Dr Déhou Dakio a demandé aux cotonculteurs de patienter pour la récolte, car des instructions seront données à cet effet. Pour la prochaine saison, il leur a dit que les champs de coton conventionel doivent être contigus aux champs de coton BT, pour plus d’efficacité dans le traitement. Ceux qui se sont plaint de la qualité des intrants (dilué ?) ont été invités à respecter les consignes d’utilisation.
Au sortir de cette réunion, qui aura duré 4 heures, les craintes semblaient être dissipées. Il y avait comme un soulagement. Mais les plus sceptiques veulent voir d’abord les choses se réaliser avant de crier victoire. Toutefois, le moins que l’on puisse constater est que tout devrait bien aller dans le meilleur des mondes.
Kader Traoré
L’Observateur Paalga













