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Marche du 18 janvier : Le Balai citoyen appelle à une grande mobilisation patriotique

mardi 14 janvier 2014.

 

Jeunesse consciente et engagée du Faso, chers parents, citoyennes et citoyens balayeurs (cibals et cibelles), nous avons pratiqué la règle du silence pendant trop de temps. Quand on veut contraindre un peuple à accepter son insignifiance, il se doit de réagir. Notre peuple a été provoqué. Le pouvoir autiste de Blaise Compaoré multiplie depuis des mois, sorties et propos attentatoires à notre cohésion nationale.

Sous prétexte de préserver la stabilité du pays, il ensemence au contraire les germes de la division et de l’instabilité à travers ses fous supporters désemparés par la césure en leur sein renforcée récemment par les démissions des anciens barons du système. La dernière provocation en date, la déclaration du président Compaoré le 12 décembre à Dori sur l’éventuelle convocation d’un référendum pour la révision de l’article 37 de la constitution limitant le nombre de mandats présidentiels, n’a pas eu les effets dissuasifs escomptés. Ses partisans qui s’apprêtaient à lancer une pétition ont été contraints à muer leur lancement en simple meeting tenu à Bobo-Dioulasso le 11 janvier. Ils n’ont pas pour autant abandonné leur rengaine consistant à supplier leur mentor à violer la lettre et l’esprit de notre constitution pour se maintenir au pouvoir. C’est une énième provocation faite à notre peuple, à notre conscience collective. Le 18 janvier à la Place de la Nation, puis dans les artères de nos villes, particulièrement à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, nous devrons, par notre mobilisation, leur donner la réplique à la hauteur de leur forfait. Cet appel de la patrie, nous devons l’honorer pour deux raisons essentielles.

La première raison tient au fait que le régime en place ne comprend que le langage du « rapport de forces ». Par notre mobilisation citoyenne le 18 janvier, en compagnie de l’opposition politique et des organisations de la société civile, nous allons lui imposer ce rapport de forces, seul capable de le faire reculer, comme il l’a fait jusque là avec la mise en place du sénat, mainte fois différée grâce à la mobilisation populaire. Désormais, nous ne devons plus relâcher notre vigilance. Au contraire, elle doit être décuplée au service de l’intérêt général. La lutte doit donc être permanente jusqu’au départ des « ennemis patentés du peuple » qui confondent ruse et intelligence. En sortant très nombreux le 18 janvier à la Place de la Nation, nous allons leur signifier que le temps de la ruse et de la fourberie est terminé, maintenant, c’est l’ère de l’intelligence collective, l’arme fatale contre les dictatures, mêmes les plus raffinées dans leur mode d’expression.

Ne laissons pas le régime vieux de 27 ans hypothéquer notre avenir. Il a déjà causé d’innombrables dégâts par sa politique anti-sociale et de mauvaise gouvernance économique, avec en sus les nombreux assassinats. Ne lui laissons donc pas ébranler en profondeur les fondements de notre vivre ensemble républicain. Le projet funeste d’instituer une présidence-à-vie ou une succession dynastique est contraire à la tradition politique de ce pays depuis son indépendance en août 1960. Les forces patriotiques ont toujours sû déjouer les ambitions démesurées et les folles aventures des politiciens qui se sont crus, à un moment donné, investis de pouvoir messianique pour diriger le peuple comme bon leur semble. Le peuple mobilisé a toujours gagné à la fin. Aujourd’hui encore, il va gagner. Et le 18 janvier doit être un prélude à cette victoire imminente.

La deuxième raison pour laquelle nous devons sortir nombreux le samedi 18 janvier, c’est notre attachement à la parole donnée. Elle fait partie des valeurs sacrées dans toutes nos sociétés. Elle figure également dans le code d’honneur des officiers dans toutes les armées du monde. Quand un homme, de surcroit un officier, donne sa parole, il se doit de la respecter au risque de salir sa réputation et de saper l’honneur de sa classe d’âge, de son corps de métier ou de sa patrie. L’histoire de nos royaumes et autres regroupements politiques nous fournit de nombreux cas où des hommes et des femmes ont préféré la mort que de revenir sur leur parole. Ils entendaient ainsi sauver leur honneur et préserver la dignité de leurs semblables. Le Général Baba Sy a rendu sa démission de Grand chancelier en septembre 1989 après l’exécution par le système Compaoré du Commandant Lingani, du Capitaine Henri Zongo et de leurs camarades accusés de complot. Le Général Sy a démissionné pour protester contre le déni de la parole donnée, lui à qui on avait promis que les conjurés ne seraient pas passés par les armes. En officier digne et respectueux de ses galons, il a préféré quitter la table où l’honneur n’était plus servi. La marche du 18 janvier, le mouvement Le Balai citoyen veut la placer sous les auspices de la réhabilitation de la « parole donnée », le respect de l’honneur et de la dignité de « l’homme public et de l’espace démocratique ». Le Balai citoyen lutte pour que les détenteurs de pouvoirs publics, les intervenants dans l’espace public, respectent un minimum de code de conduite à l’endroit du peuple. Et le premier d’entre eux, c’est le Président du Faso. Pour le respect du peuple et de sa personne (s’il en a encore la perception et s’il le désire), il se doit de respecter sa parole publique. Il a fait le serment de respecter et de faire respecter la constitution du Burkina Faso. Il a fait la promesse lors de la clôture de son CCRP de mettre au placard les points non consensuels issus de ses travaux, il a dit aux communautés religieuses qu’il ne modifiera pas l’article 37 pour se représenter en 2015. Alors, qu’il Respecte sa Parole pour la stabilité de ce pays qui lui a tout donné. S’il n’est pas prêt à le faire, nous avons le devoir de le lui rappeler historiquement et de lui imposer le respect de ses serments. Sortons donc massivement le 18 janvier avec nos balais pour signifier notre refus de voir notre pays sombrer dans le déshonneur, la dictature et la violence.

En avant pour le respect de la constitution
En avant pour une démocratie vraie
Pour la dignité et la liberté de notre peuple, en avant
« Ensemble, on n’est jamais seul »
« Notre nombre est notre force »

Pour le Balai citoyen

La Coordination