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Samira Sawadogo ou Inspectrice Mouna

mercredi 14 janvier 2009.

 
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Samira Sawadogo

Jeune et belle à la démarche imposante, son doux regard et son sourire vous libéreraient de tout commissariat de tristesse ou de désespoir. Intelligente mais très têtue, du fonds de son minable commissariat d’un quartier pauvre dans un pays sous développé, elle est débordante d’ambitions et de détermination. Son rêve, jouer un jour dans des films en Europe ou aux Etats- Unis. Elle, c’est Samira Sawadogo plus connue sous le nom de « Inspectrice Mouna » du commissariat le plus populaire de Ouagadougou, le Commissariat de Tampy. En cette nouvelle année, pour vous, elle ouvre son carnet secret.

L’Eveil éducation : Comment avez- vous passé les fêtes de fin d’année au Commissariat de Tampy ?

Inspectrice Mouna : Bon, les fêtes de fin d’année je ne les ai pas passées au commissariat de Tampy mais plutôt en famille. Mais ça s’est très bien passé.

Il n’y a pas eu d’intervention ce jour là ?

Non pas du tout vous aussi ! Mais peut- être que les autres étaient de garde mais moi je n’étais pas de garde, je n’ai pas travaillé ce jour, comme c’était la fête, j’étais en famille.

Qui est l’inspectrice Mouna ?

C’est une policière intelligente, charmante et incorruptible. L’inspectrice Mouna c’est la fille d’un commissaire à la retraite, ce qui veut dire qu’elle est née dans les enquêtes ; puisque son papa était commissaire. Elle veut continuer ses études pour avoir le doctorat en criminologie. C’est pour ça d’ailleurs que l’inspectrice Mouna a accepté de travailler dans un commissariat minable comme celui de Tampy, question d’avoir le temps pour continuer ses études et avoir son doctorat en criminologie. En gros c’est ça l’inspectrice Mouna.

Quel a été votre domaine de formation et vous vous retrouvez aujourd’hui dans le cinéma ?

J’ai fait le Bac G2, après ça j’ai fait la gestion commerciale mais avant j’ai fait une année en FASEG (faculté des sciences économiques et gestion), ça n’a pas marché je suis partie faire deux ans de formation pour avoir le BTS en gestion commerciale ; donc je suis agent commerciale.

Le cinéma, est-ce un rêve d’enfance qui se réalise pour vous ?

Pour dire vrai le cinéma n’a jamais été un rêve pour moi. Je n’ai jamais rêvé faire le cinéma. C’est venu comme ça.

Et comment avez- vous pu décrocher le rôle d’inspectrice dans la série policière "Commissariat de Tampy" ?

Bon, j’ai été faire un casting comme tout le monde, et on m’a retenue. Mais c’était juste d’abord pour faire l’épisode pilote et par la suite les gens ont dit que je jouais bien et le réalisateur a tenu à me garder pour les autres épisodes qui suivaient.

Comment vous sentez- vous aujourd’hui dans ce rôle d’inspectrice ?

Je me sens très bien, très très bien parce que j’ai les encouragements de tout le monde ; que ce soit les enfants, les femmes, les hommes, les vieilles personnes ; donc je ne peux que me sentir bien dans ce rôle.

Comment vous assumez le titre d’inspectrice dans votre environnement familial et professionnel ?

Dans ma famille déjà, je commence à perdre mon nom à l’état civil. On commence par m’appeler Mouna, Mouna. Souvent je suis pas d’accord et je dis de m’appeler par mon nom. Pour ce qui concerne les gens de dehors, en circulation les gens me voient et ils disent « Inspectrice je suis au garde à vous ! » tout ça c’est pour me taquiner mais en tout cas on m’a toujours reconnue. Je peux plus me cacher.

Dans la série vous incarnez un rôle qui tend à promouvoir la femme, est-ce qu’ainsi vous vous sentez dans un combat pour l’égalité des droits entre l’homme et la femme ?

Bien sûr ! Parce que tout simplement vous verrez que dans certains épisodes comme celui parlant de l’excision où le vieux dit que lui il ne sert pas la main à une femme ou qu’il ne parle pas à une femme, je dis non. Je peux bien faire le boulot comme l’inspecteur Rock. Je suis une inspectrice et je vais partout où ma mission me commande donc il n’y a pas de raison qu’on dise que je suis une femme et que je ne peux pas le faire pourtant nous avons les mêmes galons. Dans ce rôle je me sens dans un champ de bataille pour l’émancipation de la femme.

Quel message à vos sœurs qui rêvent de jouer un tel rôle ?

Mon message à mes sœurs c’est de toujours espérer, de croire qu’on peut toujours faire ; parce que moi avant de faire le casting du commissariat de Tampy j’ai vu le communiqué à la télé mais je me suis dit que je ne peux pas jouer un rôle d’inspecteur de police. Comment je vais le faire ? Et le lendemain je suis partie faire le casting et on m’a retenue. Je joue bien et tout le monde apprécie. Il faut toujours essayer ça peut toujours aller.

Durant la défunte année 2008 l’université de Ouagadougou a connu une grave crise. Comment avez- vous perçue cette crise au niveau du commissariat de Tampy ?

Bon, pour vous dire vrai, j’ai pas bien suivi cette affaire de l’université parce qu’il y a trois mois je n’étais pas là, j’étais en France. Mais j’ai été étudiante, je pense qu’il faudra qu’on mette ces gens là (les étudiants) en bonnes conditions parce qu’ils sont l’avenir de ce pays. J’aimerais quand même qu’on s’occupe bien d’eux parce que tout le monde est passé par là, même ceux- là même qui nous gouvernent sont passés par là. Quand j’étais en FASEG en première année j’ai vu comment on vivait. C’est parce que c’était invivable que j’ai préféré aller m’inscrire dans une grande école mais la majorité des étudiants n’ont pas ces moyens pour s’inscrire dans les grandes écoles. Ils n’ont pas les moyens pour aller à l’extérieur où on peut étudier dans de bonnes conditions et revenir. Il faudrait quand même que les autorités fassent un effort pour leur donner le minimum de conditions de vie.

Est-ce que le commissariat de Tampy pourrait intervenir un jour à l’université ?

(Rires) ! Pourquoi pas ! Le commissariat de Tampy pourrait intervenir un jour à l’université mais ça dépendra. (Grands rires).

Quel est l’avenir du commissariat de Tampy et aussi votre avenir en tant qu’actrice dans cette série policière ?

L’avenir de cette série dépend beaucoup plus même pas du réalisateur mais plutôt des bailleurs de fonds parce que le réalisateur veut continuer, les gens réclament la troisième saison mais vous savez pour faire une production c’est pas facile. Ça demande beaucoup de moyens, donc s’il n’a pas de soutien il ne peut pas continuer. Pour parler de mon avenir dans le cinéma, je compte y faire carrière mais comme vous le savez ici en Afrique particulièrement au Burkina Faso, l’art ne nourrit pas son homme, surtout le cinéma. C’est ça qui pourrait me freiner sinon je me sens bien dans le cinéma.

En dehors du commissariat de Tampy, qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

J’ai fait des études en gestion commerciale. J’étais en stage dans une société de téléphonie mobile de la place, pour le moment j’ai arrêté mais je compte reprendre d’ici à un mois en tant qu’agent commercial.

Pour vous qui est l’homme ou la femme de l’année 2008 ?

L’homme de l’année c’est Barak Obama parce que je le soutenais beaucoup et le jour des élections j’ai suivi en direct jusqu’à 4h du matin.

Quel est votre signe zodiaque ?

Je suis sagittaire. Je suis née un 11 décembre.

Etes- vous un cœur à prendre ou plutôt un terrain loti ?

(Longs rires et soupirs !) Ah ya ya hi !! (Rires). Je sais pas, je sais pas ! Un terrain loti ? En conclusion cela veut dire que vous êtes un cœur à prendre ?

Non ! Je ne suis pas un cœur à prendre, mon cœur est déjà pris.

Comment vous décrivez- vous en quelques mots ?

En quelques mots, Samira Sawadogo est une fille qui est très têtue. Je suis très têtue. Je suis, peut-être que je vais pas me lancer des pierres mais je sais que je suis une fille battante, je me bats dans ma vie et je suis une fille qui pense qu’il faut toujours travailler pour obtenir ce qu’on veut.

Qui est votre acteur ou actrice de cinéma que vous préférez ?

Angélina Jolie et Brade Pitt sont mes acteurs préférés.

Quelle est votre couleur préférée ?

Le jaune

Votre animal préféré ?

(Long silence) Je n’ai pas de préfére

nce, mais je peux dire entre le chien et le chat.

Quel est votre rêve ?

Mon rêve en tant qu’inspectrice c’est de jouer un jour dans un film international en Europe ou aux Etats- Unis, un peu partout, c’est ça mon rêve.

Interview réalisée par SaintAnge

L’Eveil Education