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Reprise des activités académiques à l’Université : Des mesures exceptionnelles autorisant des dérogations à 1507 étudiants

jeudi 28 août 2008.

 
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Ces bâtiments de la cité universitaire de Zogona sont en train d’être transformés en bureaux et en laboratoires.

Le ministère des Enseignements secondaires, supérieur et de la Recherche scientifique a animé une conférence de presse le mercredi 27 août 2008 à Ouagadougou. A l’ordre du jour, la reprise des activités académiques et pédagogiques à l’Université de Ouagadougou et de Ouaga II et les mesures d’accompagnement y afférants.

Les activités académiques et pédagogiques reprendront effectivement le 1er septembre 2008 à l’Université de Ouagadougou et de Ouaga II. C’est la déclaration du secrétaire général du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS) Luc Yé, le 27 août 2008 au cours d’une conférence de presse sur ce sujet.

Selon M. Luc Yé, des mesures ont été prises tant par le conseil scientifique de l’Université que par le gouvernement. Pour M. Yé, certaines de ces mesures constituent la réponse aux plates-formes revendicatives des étudiants, dont l’épineuse question des dérogations. "Ainsi, le conseil scientifique en sa séance du 26 août 2008 a pris des mesures exceptionnelles autorisant l’inscription des 1507 étudiants dont la demande de la dérogation n’avait pas été agréée et leur participation aux examens des premières et deuxièmes sessions de l’année universitaires 2007-2008", a indiqué M. Yé.

Au nombre des mesures gouvernementales, M. Yé a cité la construction de nouvelles infrastructures (amphithéâtres et laboratoires), la transformation en cours de la cité universitaire de Zogona en 244 bureaux et 28 laboratoires de recherche, l’acquisition pour l’année 2009 de seize photocopieurs de 30 ordinateurs pour la gestion des emplois du temps, des flux, des notes et d’un serveur.

Le volet social prévoit la reprise des prestations du CENOU, du paiement des bourses, de l’aide et du prêt à partir du 5 septembre prochain. La restauration et les logements vont reprendre dès de 12 septembre.
"Le gouvernement a autorisé que le FONER en plus des allocations habituelles, verse pour le compte des laboratoires et groupes de recherche, des frais de laboratoire ou de formation au profit des étudiants autorisés à s’inscrire au 3e cycle", a ajouté le SG.

Avec la transformation de la cité de Zogona, la fermeture de Tampouy pour insalubrité et de celle de Gounghin I consécutive à la construction de l’échangeur de l’Ouest, les étudiants concernés seront reloges dans les autres cités, notamment celle de Kossodo.

Le directeur du CENOU Mahamoudou Dicko affirme avoir pu dégager 282 lits supplémentaires par rapport à l’existant. Et le transport ? Se sont interrogés les journalistes. Le DG du CENOU a rassuré : grâce à une convention avec la SOTRACO, des bus transporteront les étudiants de la cité de Kossodo à l’Université. "Nous sommes en train de négocier pour augmenter le nombre et la régularité des bus" l’objectif, c’est de disposer d’une ligne spécialisée Kossodo-Zogona.

Et le tarif ? 5 000 F par mois par étudiant a répondu M. Dicko. Le secrétaire général du MESSRS, Luc Yé a également fait cas du logement aux environs de l’Université, des étudiants handicapés, estimées à une dizaine. Pour ce qui concerne les enseignants, le gouvernement a décidé du paiement du mois supplémentaire de l’année 2006-2007, le complément de l’indemnité de logement des enseignants-chercheurs. Des compensations financières seraient prévues pour les sacrifices de l’année en cours.

De la police universitaire

La mise en place du service de sécurité des universités publiques du Burkina Faso qui est une application du décret sur les franchises universitaires est effective, a souligné M. Luc Yé pour boucler la liste des mesures gouvernementales. Cette décision a suscité plusieurs questions de la part des journalistes notamment le statut des hommes qui l’animeront, leur rôle, les moyens mis à leur disposition.

Selon M. Yé, le service de sécurité des universités est une force non militaire chargée de mission de police administratives avec pour rôle de créer un environnement de sérénité et de tranquillité au sein des institutions universitaires. "Ils ne viennent pas avec des armes pour menacer ceux qui viennent travailler à l’université", a rassuré le président de l’Université de Ouagadougou Jean Koulidiati.

Pour le Pr. Koulidiati, les franchises universitaires prévoient les services de sécurité, qui sont loin d’être des forces de l’ordre. Le mur de clôture en achèvement répond au même souci de sécurité a insisté Jean Koulidiati. "Cette clôture répond à un des points de franchises universitaires qui veut que l’enceinte universitaire soit délimitée", a-t-il précisé. L’électrification des voies de l’université, la conception des badges des personnels enseignants et non enseignants, la confection d’autocollants devont permettre d’identifier les véhicules des membres de la communauté universitaire sont entre autres, d’autres mesures prises pour garantir un cadre de travail sécurisé.

Le coût de ces mesures exceptionnelles, l’opinion des syndicats d’étudiants sur ces mesures et la place des propositions de l’Assemblée nationale dans ces décisions ont été soulevés par les journalistes.
Pour le professeur Koulidiati, ces mesures d’accompagnement ont pris en compte certaines propositions de l’Assemblée nationale et ont coûté plus de 2 milliards de F CFA. Il a annoncé que des concertations avec les organisations estudiantines débutent dès le jeudi 28 août 2008. Le maximum est fait pour que la reprise soit effective et pour le SG du MESSR "tout le monde est d’accord pour sauver l’année". L’année académique selon le Pr Koulidiati se termine le 29 novembre pour les UFR les plus avancées et le 24 décembre pour les moins avancées.

Assétou BADOH
R. Pierre BOUGMA
Konwoman Rufin PARE
(Stagiaires)
Sidwaya


Le président de l’UO à propos des dérogations

"Quand on parle de dérogation, c’est déroger à une règle. Traditionnellement, on donne trois ans pour avoir un diplôme qu’on a normalement en deux ans, c’est-à-dire le DEUG II. La Licence et Maîtrise, c’est en deux ans qu’on les obtient, mais on leur donne trois ans.
L’idée de dérogation date de 2005 et est parti du fait que le conseil a jugé bon de donner, vu un certain nombre de conditions, aux étudiants, une n-ième chance.
Toutefois des conditions d’attribution de cette faveur ont été revues en 2007. Des étudiants inscrits depuis 1990 et qui sont toujours en année de licence demandent des dérogations (les dossiers de demande existent encore).
Les 1 507 dérogations refusées pour des raisons justifiées et notifiées sur les demandes, à l’occasion de la rencontre du conseil ont été acceptées exceptionnellement pour l’année académique en cours et les différents étudiants qui sont dans ce cas peuvent, s’ils le souhaitent revenir s’inscrire".


Le conseil de formation et de vie universitaire du 22 juillet a décidé :
Premièrement, tous les textes régissant l’université seront désormais strictement appliqués. Il s’agit notamment :

. du décret n°2000-559/PRES/PM/MESSRS/MEF portant approbation des statuts de l’Université de Ouagadougou ;
. du décret n°2000-560/PRES/PM/MESSRS/MEF/SECU relatif aux franchises et libertés universitaires ;
. du décret n°2006-171/PRES/MESSRS/SECU/MFPRE portant création, attributions et organisation d’un service de sécurité des universités ;
. de l’arrêté n°2005-043/MESSRS/SG/UO/P portant fixation des conditions d’octroi de dérogation, de la réorientation, de transfert, de l’année blanche, de la suspension annuelle d’inscription et des interruptions de la scolarité dans les différentes Unités de formation et de recherche (U.F.R.) ;
. de l’arrêté n°2006-009/MESSRS/SG/UO/P portant règlement intérieur de l’Université de Ouagadougou ;
. de l’arrêté n°2007-020/MESSRS/SG/UO/P portant fixation des conditions de remise des copies des examens et des contrôles des connaissances et de leurs corrigés aux étudiants dans les différents établissements de l’Université
de Ouagadougou ;
. de l’arrêté n°2008-051/MESSRS/SG/UO/P portant organisation des enseignements, des modalités d’évaluation et des délibérations des jurys des premier et deuxième cycles.

Deuxièmement, le calendrier de l’année universitaire, adopté par le Conseil de la formation et de la vie universitaire, est désormais immuable.

Troisièmement, les enseignements et les évaluations sont désormais organisés au niveau des établissements.
Les enseignants devront déposer les sujets des deux sessions auprès de l’administration des établissements suffisamment tôt pour permettre leur programmation diligente et leur multiplication au nombre des étudiants concernés par l’évaluation.
Quatrièmement, les dates limites des inscriptions pédagogiques et administratives sont désormais fixées.

Cinquièmement, les demandes de dérogation sont désormais traitées au niveau des établissements. Toute décision défavorable doit être motivée. Les résultats des demandes de dérogation doivent être affichés dans les établissements.

Sixièmement, les enseignements programmés et non effectués du fait des étudiants sont désormais considérés comme faits.

Septièmement, les évaluations programmées et non effectuées du fait des étudiants sont désormais considérées comme faites.

Huitièmement, pour qu’un enseignement puisse donner lieu à une évaluation, son taux de réalisation doit être au moins égal aux 2/3 du volume horaire total prévu par le programme. Dès lors, l’évaluation doit concerner l’ensemble du programme.