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Schéma national d’aménagement du territoire : Le Burkina organise son espace

vendredi 13 avril 2007.

 

Le Premier ministre, Paramanga Ernest Yonli, a procédé hier jeudi 12 avril 2007, en fin de matinée, dans la salle de conférence de Ouaga 2000, au lancement de l’étude du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT).

Après l’adoption de son cadre d’orientation en décembre 2001, le Burkina Faso se dote d’un Schéma d’aménagement du territoire (SNAT). Le chef du gouvernement, Paramanga Ernest Yonli a lancé, hier jeudi 12 avril 2007, les travaux de l’étude du SNAT qui ont, en réalité, débuté en septembre dernier.

L’étude s’articule autour de trois grandes phases, étalées sur 21 mois. La première prévue de septembre 2006 à juin 2007, est consacrée aux diagnostics et à la formulation des orientations préliminaires au niveau national. La seconde phase, d’une durée de 5 mois, va correspondre au développement du SNAT sur la base des options retenues à l’issues de la première phase et à l’élaboration du projet de programme prioritaire d’intervention. Enfin, la troisième phase intitulée « Mise en forme du SNAT » d’une durée de 7 mois, va concerner les travaux de finalisation du schéma et de conception des outils de sa mise en œuvre.

A terme, le SNAT va déboucher sur l’élaboration d’un portefeuille de projets prioritaires, articulés autour d’objectifs de développement (sectoriels et territoriaux). En fait, le schéma va avoir le mérite de donner une vision d’ensemble à l’espace national, de clarifier les destinations et les usages de chaque portion du territoire. « L’objectif sectoriel de l’étude est de permettre un développement harmonieux de l’ensemble du territoire.

Son objectif spécifique est de doter l’administration centrale et les collectivités territoriales d’un cadre de planification cohérent, intégrant la dimension spatiale », a expliqué la représentante-résidente de la Banque africaine de développement (BAD), Mme Antoinette Dinga-Dzondo. En fait, c’est la BAD qui a octroyé en 2004, un don d’environ 1,54 milliard de F CFA au Burkina Faso pour financer l’étude du SNAT, la contrepartie burkinabè étant estimée à 96 millions de F CFA.

Affirmant que la banque soutient l’approche d’organiser des ateliers avec la forte implication des collectivités territoriales, des autorités locales et coutumières et de la société civile, elle a exhorté les responsables de l’étude, les consultants et le groupement de bureaux d’étude DIRASSET International et G2 Conception à respecter scrupuleusement le chronogramme. Ce respect des délais d’exécution de l’étude permettra aux 351 conseils municipaux d’inscrire leurs actions dans un cadre régional, national cohérent, harmonisé, a renchéri le premier adjoint au maire de Ouagadougou, Jean Christophe Ilboudo.

Car jusqu’ici, l’usage du territoire s’est fait sur une base sectorielle sans vision à long terme de l’affectation de l’espace. Cette situation a notamment rimé avec des conflits d’usage (éleveurs-agriculteurs, migrants-autochtones, etc).

Elle a également provoqué des incohérences dans les politiques et stratégies sectorielles et des dysfonctionnements dans l’implantation de grandes infrastructures sur le territoire. C’est pour mettre fin à cette situation que l’Etat burkinabè veut recentrer ses actions sur des axes prioritaires tels que la réduction des inégalités régionales, la lutte contre l’insécurité, le développement durable, a rappelé le Premier ministre.

Paramanga Ernest Yonli a dit que la région doit constituer désormais l’espace économique et le cadre adéquat d’aménagement et de coordination du développement local. « L’élaboration du SNAT donne une opportunité plus grande pour analyser les multiples contraintes auxquelles notre pays fait face et identifier les stratégies concrètes et intégrées pour mieux les surmonter », a-t-il précisé. Mieux, le SNAT doit refléter l’unité et la solidarité nationales, la cohésion économique et sociale, le développement durable, la subsidiarité et la participation.

Dans ce sens, la réduction des disparités régionales et la lutte contre toutes les formes d’exclusion, l’égal accès de tous les burkinabè aux services sociaux de base devraient constituer des axes d’intervention majeurs, a plaidé M. Yonli.

Aussi, il a tenu à inviter la société civile, le secteur privé et tous les intervenants sur le terrain à participer à la conception de cet outil et à faciliter sa mise en œuvre.

S. Nadoun COULIBALY

Ce qu’ils ont dit

Paramanga Ernest Yonli, Premier ministre : « Le SNAT permet, en tenant compte des différentes contraintes et des potentialités des régions de les diagnostiquer et par conséquent d’organiser le développement.

Je pense que c’est une étude de la première importance qui va fédérer l’ensemble des ambitions de notre pays à commencer par le programme quinquennal du président du Faso en prenant en compte des plans de développement sectoriels, en intégrant les ambitions des différents acteurs nationaux (société civile, secteur privé, etc) et surtout les collectivités locales.

De sorte à organiser notre développement dans un cadre cohérent, dans un référentiel qui sera porteur d’espoir. Chaque acteur saura ce que nous sommes en mesure de faire aujourd’hui et demain pour se mobiliser sur la base des moyens disponibles ».

Mme Antoinette Dinga-Dzondo, représentante-résidente BAD : « Ça fait 40 ans que nous accompagnons le Burkina Faso. Quand le Burkina s’engage dans une grande œuvre comme le SNAT, la BAD ne peut que soutenir cette initiative. Nous sommes derrière ce pays et allons le soutenir dans toutes ses œuvres et initiatives de développement ».

S. Nadoun COULIBALY

Sidwaya