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Grève du sexe au Togo : « Inconcevable au Burkina » !

mercredi 29 août 2012.

 

Dimanche 26 août, le collectif « Sauvons le Togo » a appelé toutes les femmes togolaises à observer une semaine de "grève du sexe" pour contraindre les hommes à s’investir davantage dans le mouvement de contestation déclenché par l’opposition. Cette forme de pression politique a déjà été expérimentée avec plus ou moins de réussite en 2002 par les Libériennes, en 2009 par les Kényanes, en 2011 par les femmes du petit village de Santa Maria del Puerto de Toledo de las Barbacoas, en Colombie pour exiger une route, ou encore en 2011 par les Belges, à l’appel de la sénatrice Marleen Temmerman, pour exiger un gouvernement. Au « pays des hommes intègres » une telle initiative aurait-elle des chances de succès ? Avis de quelques Ouagalais.

Dick Marcus, Artiste musicien : « La femme est la base de la société. Une grève du sexe est une autre forme de lutte qui peut payer. Je crois en cette forme de lutte et je pense qu’elle peut aboutir à quelque chose. On ne peut pas imaginer ce genre de choses au Burkina, pour le moment, parce que le pouvoir a une mainmise sur la gente féminine. Il a quasiment caporalisé de nombreuses femmes intellectuelles. Pourtant, ce sont elles qui peuvent apporter le changement et constituer le fer de lance d’une éventuelle lutte. »

Dick Marcus, Artiste musicien

Samira Ouédraogo : « Une grève du sexe ne peut pas être un moyen de pression efficace en matière de politique. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes intérêts. Les prostituées, par exemple, ne refuseront pas de « travailler » à cause de ce mot d’ordre de grève qui peut, si elles l’appliquent, leur priver de leur gagne-pain. Il y a, à mon avis, beaucoup d’autres solutions à envisager que celle là. Et c’est même une banalisation du sexe que de l’utiliser à des fins politiques. C’est contre une certaine éthique. »

Sayouba Bamogo, libraire : « Le sexe n’est pas un moyen efficace pour contraindre les hommes à descendre dans la rue même, si je ne nie pas sa puissance. Il faut trouver d’autres arguments pour contraindre les hommes à se mobiliser. Pas la privation de sexe. Contrairement à ce qu’on pense, il y a beaucoup d’hommes qui peuvent s’en priver. Au Burkina où règne une autre mentalité, je vois mal un tel mot d’ordre faire mouche. »

Alassane Compaoré, commerçant : « Vous verrez que leur grève du sexe n’aura pas d’impact. Les femmes ne doivent pas perdre de vue que si elles sont au foyer, c’est essentiellement pour satisfaire à ce devoir conjugal. Je ne suis pas content du tout d’une pareille initiative. Au Burkina Faso un mot d’ordre de ce genre est voué à l’échec car les modes de pensée, les mentalités ne sont pas les mêmes qu’au Togo. »

Oskimo, Artiste musicien : « C’est la première fois que j’en entends parler d’une grève du sexe. Mais je pense que c’est un moyen de pression extraordinaire qui peut faire aboutir une cause. A mon avis, c’est parce que tous les recours sont épuisés et que le désespoir est grand que les femmes ont choisi ce moyen de pression. »

Issouf Compaoré, Censeur de lycée : « Je pense que les femmes se sont trompé de lutte. Cette grève devrait plutôt amener les hommes du collectif à aller à la table de négociations. Il me semble que le gouvernement togolais est prêt à discuter mais le collectif veut engager un bras de fer. Je ne crois pas tellement à la grève du sexe comme moyen de pression en matière de politique. Les hommes, je pense, vont toujours trouver des subterfuges pour satisfaire leurs besoins. »

GUY YAMÉOGO

Fasozine



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