Sénat : Pour le COFEDEC, la lutte sera encore âpre pour la suppression pure et simple

vendredi 16 août 2013

Dans cette déclaration, le Collectif des Femmes pour la Défense de la Constitution affirme que le communiqué de la présidence du Faso sur le sénat n’est qu’une « ruse du pouvoir pour démobiliser certaines composantes engagées dans la lutte et tenter ensuite son passage en force vers la modification de l’article 37 ».

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Sénat : Pour le COFEDEC, la lutte sera encore âpre pour la suppression pure et simple

Le mercredi 12 aout 2013, le COFEDEC a appris par la presse, à travers un communiqué de la direction de la communication de la présidence du Faso que : « Au regard des controverses et préoccupations qui traversent les différentes composantes de la société burkinabè…le Président du Faso … a donné des instructions au Premier Ministre et au Ministre d’Etat, Ministre chargé des relations avec les institutions et des reformes politiques, de convoquer dans les meilleurs délais le comité de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des Réformes Politiques consensuelles à l’effet de lui soumettre au plus tard le 31 août 2013, un rapport d’étape circonstancié sur le processus d’opérationnalisation du Sénat avec des recommandations et propositions appropriées dans un esprit de consolidation des institutions républicaines. »

Ce communiqué nous a d’abord surpris, compte tenu d’une précédente sortie à Yamoussokro dans laquelle l’entêtement du président à mettre en place le sénat n’avait d’égal que son ignorance politique de l’histoire des peuples en lutte. En effet, le président du Faso semblait avoir fait table rase de la grogne d’une importante composante de la société burkinabè, criant non au sénat lorsqu’il déclarait le 30 juillet 2013, comme pour mettre fin à tout débat y relatif « L’assemblée nationale en juin 2012, a voté l’inscription du sénat dans la constitution. Je suis là pour appliquer, la constitution du Burkina donc le sénat va être mis en place. Et c’est tout ce que je peux vous dire ; qu’il y ait des manifestations, des avis contraires, ce n’est pas seulement au Burkina qu’on voit cela par rapport à des dispositions d’ordre constitutionnelles, ». Moins de deux semaines après, on ne peut être que surpris lorsque le même président se fend d’un communiqué au nom de la cohésion sociale et de l’unité nationale, en totale contradiction avec la déclaration de Yamoussokro.

La surprise passée et analysant le dit communiqué, nous ne trouvons nulle part dans le communiqué une volonté réelle d’écouter son peuple et de mettre fin à son projet inutile (si ce n’est pour modifier l’article 37 de la constitution) et couteux au regard des priorités des populations burkinabè éprouvées par la vie chère. Ces priorités ne se font pas chercher, elles nous sautent aux yeux ; il n’y a qu’à constater la situation déplorable de nos universités publiques et de nos hôpitaux ; ces priorités n’attendent pas, elles nous rattrapent chez nous comme nos enfants jetés dans la rue par l’irresponsabilité du régime qui a bien voulu les transformer en cas sociaux et que nous sommes obligés de prendre en charge.

Nous pensons qu’il s’agit une fois de plus d’une ruse du pouvoir pour démobiliser certaines composantes engagées dans la lutte et tenter ensuite son passage en force vers la modification de l’article 37, seul objectif qui justifie l’entêtement de Blaise Compaoré pour le sénat. Mais, si au lieu de foncer tout droit comme il l’avait annoncé à Yamoussokro, c’est que la mobilisation populaire a eu raison de son entêtement ; c’est que la peur a gagné en ampleur. C’est pourquoi la mobilisation ne doit pas baisser.

Le COFEDEC remercie toutes les femmes du Burkina Faso, qui sont sorties nombreuses pour dire NON au Sénat et NON à la modification de l’article 37. Il les exhorte à rester vigilantes et mobilisées pour la suite du combat, car contrairement à ce que ce communiqué semble susciter chez bon nombre de burkinabé, la lutte sera encore âpre pour la suppression pure et simple du sénat et longue pour la libération et l’enracinement d’une démocratie véritable au Burkina Faso.

Pour le COFEDEC
Marie Madeleine SOMDA

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