Ramadan 2013 : La Communauté musulmane contre l’homosexualité

vendredi 9 août 2013

A l’instar de leurs coreligionnaires d’autres pays, les musulmans du Burkina Faso ont célébré ce jeudi 8 août 2013 l’Aïd El-fitr, marquant ainsi la fin du mois de jeûne. Cette fête est célébrée dans un contexte national marqué par les débats sur la mise en place du très controversé Sénat et au plan international par la légalisation dans certains pays du mariage pour tous. Sur ce point, le grand imam de Ouagadougou, Cheick Aboubacar Sana, qui a présidé la prière, s’est voulu clair : « Nous désobéirons à l’autorité si elle entreprend un tel projet au Burkina Faso ».

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Ramadan 2013 : La Communauté musulmane contre l’homosexualité

Dans une guerre des dates, les fidèles ne savaient pas toujours jusque dans la soirée d’hier quel jour allait être retenu pour la fin du mois de ramadan. Mais suite à un communiqué rendu public par le présidium de la Communauté musulmane, ils étaient plusieurs fidèles, tout rang confondu, à converger à la Place de la Nation pour la traditionnelle prière de fin de jeûne. Le Mogho Naba Baongo, empereur des Mossi, l’évêque auxiliaire de Ouagadougou, Mgr Léopold Ouédraogo, des membres du gouvernement, des hommes politiques de tout bord étaient au rendez-vous. Prière, prêche et bénédictions ont été les temps forts de ce jour.

Apporter le salut fraternel de l’Eglise catholique

Arrivé un peu plus tôt que certains fidèles musulmans, l’évêque auxiliaire de Ouagadougou, Mgr Léopold Ouédraogo accompagné d’un vicaire, représentait l’archevêque de Ouagadougou, Mgr Philippe Ouédraogo à cette occasion. Pour lui, il s’agit d’exprimer aux fidèles l’amitié et la fraternité de l’Eglise catholique du Burkina Faso. « Nous sommes venus apporter un message de paix, de solidarité et de soutien de la part de Mgr Philippe Ouédraogo, notre père archevêque. Nos frères ont fait un mois de jeûne, un effort soutenu pendant ce temps pour mettre Dieu au centre de leur vie, de leurs préoccupations, au-delà du matériel et du manger. Alors Monseigneur les félicite et demande aux Seigneurs d’exaucer leurs vœux les plus chers : paix solidarité, d’entente pour bâtir une famille et un Burkina Faso prospères », a indiqué Mgr Léopold Ouédraogo.

L’année 2013 a déjà connu plusieurs manifestations dans la rue contre notamment la mise en place du Sénat, contre la vie chère ainsi que la contremarche organisée par le parti au pouvoir-Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Plusieurs observateurs sont unanimes que la paix au Burkina est menacée. Au cours de leur prière, les fidèles musulmans ont imploré Allah, le Tout-Puissant, de tendre sa main sur le Burkina. La préservation passera également par le comportement de tout un chacun. C’est ainsi que le grand imam de Ouagadougou a invité ses fidèles à œuvrer pour la paix. « Je prie Dieu, en ce jour, de préserver la paix au Burkina Faso. Par ailleurs, je vous exhorte à éviter d’embraser le pays car nous serons obligés, si cela arrivait, de nous chercher. Comme vous le savez, il y a des gens dont les pays sont plus riches que le nôtre mais qui se retrouvent actuellement au Burkina pour rechercher la sécurité. Ayez donc peur de Dieu, des mânes de vos ancêtres et préservez la paix.Car nous apprenons tous les jours que des réunions se tiennent en Amérique, en France, en Italie et dans d’autres pays pour ramener la paix dans des pays en conflits », a supplié le grand imam. Allant plus loin, il s’est érigé contre les démonstrations de force car cela n’apporte pas toujours l’objectif recherché. « Evitez les démonstrations de force car Dieu Seul est Fort. Travaillons pour la paix parce qu’elle est au-devant de toute chose. Que ceux qui recherchent le pouvoir ou la richesse comprennent que la paix vient avant tout », a-t-il insisté.

Ces intentions de prière étaient partagées par plusieurs autres fidèles musulmans. « Nous voilà comblés après 30 jours de pénitence. J’ai prié pour que la paix soit quelque chose d’effectif. Comme l’a dit le grand imam, tout ce qui peut être entrepris par l’homme est commandé par une situation de paix. J’ai aussi prié pour une bonne pluviométrie car la paix pourrait découler de quand on a à manger », a indiqué Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement ». Pour Mahamadi Koanda, les intentions ne diffèrent pas. « J’ai demandé à Dieu de nous donner la paix, la santé et un peu de moyens pour vivre dans la dignité », a-t-il précisé.

Non au Mariage pour tous !

« Je prie Dieu d’éduquer nos enfants. Qu’Il leur épargne toute idée de saccager les biens d’autrui ou de l’Etat. Qu’Il leur enseigne le respect de l’autorité si celle-ci ne les amène pas à renier Dieu », a ajouté Cheick Aboubacar Sana pour qui renier Dieu revient à avoir certains comportements proscrits par la religion. « Nous avons appris que ces derniers temps, des pays ont accepté que des hommes se marient entre eux ou que des femmes en fassent autant. Si des autorités décident d’adopter une telle loi, je pense qu’il est temps de leur désobéir. Nous n’accepterons jamais cela. Nous préférons prévenir nos autorités dès maintenant afin qu’elles n’y pensent même pas un instant. Cette loi ne sera pas adoptée dans notre pays. Le respect de l’autorité est une obligation si celle-ci ne fait pas adopter de telle loi dans son pays », s’est insurgé le grand imam. Des propos qui ont été accueillis par une salve d’applaudissements des fidèles.

Quid du Sénat ?

Attendu sur la question du Sénat qui divise l’opinion depuis plusieurs mois, le grand imam n’en a pas fait cas dans son prêche. Mais interpellé par la presse, El Hadj Sakandé, président par intérim de la Communauté musulmane, a préféré renvoyer la question à d’autres instances. « Je ne suis pas habilité à me prononcer sur cette question. Les musulmans ont des premiers responsables qui s’exprimeront en temps opportun et vous saurez la position des musulmans », a indiqué El Hadj Sakandé.

La fête islamique de l’Aïd el-Fitr, marque la fin de la période de jeûne et le premier jour du mois suivant, après qu’une autre nouvelle lune a été repérée ; l’Aïd arrive donc après 29 ou 30 jours de jeûne. Aïd el-Fitr désigne la fête de la rupture du jeûne, l’occasion de célébrations et de fêtes. Lorsque le jeûne est terminé, les musulmans se rendent dans les mosquées en début de matinée, vêtus de leurs plus beaux vêtements (souvent nouveaux), pour la première prière de l’Aïd. Des présents sont ensuite remis aux enfants, des festins sont organisés et des visites aux parents et amis effectuées ; des aliments sont aussi donnés aux pauvres (zakat al-fitr). Les musulmans profitent de ce jour de fête pour rendre visite à leurs amis proches et leur famille. Certains musulmans considèrent qu’une fête doit durer 3 jours, donc ils célèbrent l’Aid pendant 3 jours. La prière est de deux rak’aahs seulement et elle est optionnelle (sunat) par opposition aux cinq prières quotidiennes obligatoires.

Durant le mois suivant, appelé chawwal, les musulmans sont encouragés à jeûner pendant encore six jours connus sous le nom as-sitta al-bid.

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Imprimer l'article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2014 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés