Sénat : Sall en parle, Compaoré non

lundi 22 juillet 2013

La visite d’amitié de trois jours du président sénégalais Macky Sall, a pris fin ce 22 juillet 2013 par un point de presse, précédé de la lecture d’un communiqué conjoint relatif aux points essentiels des échanges qu’il a eus avec le président Blaise Compaoré.

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                                    Sénat : Sall en parle, Compaoré non

Le point de presse a été l’occasion pour les journalistes de poser justes quelques questions limitées. Qu’à cela ne tienne !

Le Sénat, la coopération, la libre circulation des personnes et des biens, la situation au Mali, ont fait l’objet de questions aux deux chefs d’Etat.

A en croire le président du Faso, la visite du président Macky Sall, a permis de renforcer la coopération à des niveaux très divers, entre le Burkina Faso et le Sénégal. En effet, le commerce, le transport, l’environnement et l’hydraulique, la culture et le tourisme, constituent les axes de renforcement de cette coopération bilatérale.

« Il n’y a pas de développement intégré, s’il n’y a pas de mobilité des hommes et des marchandises », pense Blaise Compaoré. Et d’ajouter, « or, nous constatons au niveau de notre espace ouest africain, qu’il y a des entraves parfois tarifaires ou non tarifaires qui gênent la circulation utile à l’intégration, mais utile aussi au développement de nos propres économies ».

Pour surmonter cette réalité, le président du Faso dit penser qu’il faut s’attaquer aux « entraves principales et voir les axes sur lesquels il faut mettre l’accent afin d’induire la coopération qui permette à notre communauté de l’Afrique de l’ouest, d’avoir plus de capacité de productions ».

Quelle lecture sur le processus actuel de mise en place du Sénat ?

Le Sénégal a une certaine expérience dans l’instauration du Sénat au sein du parlement. En effet, le Sénégal a créé son Sénat par deux fois et l’a supprimé par deux fois. La dernière suppression en date, a été l’œuvre du président Macky Sall. L’occasion du jour était donc belle pour avoir sa lecture sur les tractations qu’il y a actuellement au pays des Hommes intègres, par rapport à la mise en place de cette seconde chambre parlementaire.

Posée aux deux chefs d’Etat, la question n’aura de réponse que par une seule voix, celle du président Macky Sall. Pour le président sénégalais, « les institutions, les modèles démocratiques de chaque pays dépendent de la réalité de ce pays », avec la précision « qu’il n’y a pas de modèle universel qu’on peut dupliquer ».

La démocratie, c’est un processus continu et dynamique dans un schéma propre à chaque Etat, a relevé le président Sall. C’est pourquoi, a-t-il souligné, « chaque pays, selon la situation du moment et ses réalités, doit pouvoir décider en toute souveraineté de la création d’institutions appropriées ».

Le Sénat dans une démocratie peut parfaitement se comprendre, note Macky Sall qui a cité au passage les Etats-Unis, la France.

Du reste, annonce le président sénégalais, « Au moment où je vous parle, j’ai constitué une commission nationale de réforme des institutions qui doit voir quelles sont les institutions les plus appropriées, sous quelles formes et comment revoir nos propres institutions pour la stabilité ».

L’attente légitime d’une autre voix sur la question, à l’issue de celle de Macky Sall a été vaine. Cette attente qui aura cassé un peu le rythme des échanges, a été rompue par d’autres questions parmi lesquelles le président du Faso a trouvé son compte.

Au Mali, il y avait une catastrophe, et non une crise

Avant d’en venir au cas spécifique du Mali, le prédisent du Faso a indiqué que les conflits sur le continent africain naissent « à partir d’un certain nombre de graves déficits politiques, notamment en matière de transition, en matière d’organisation des élections ». En effet, précise Blaise Compaoré, « il y a plus d’incompréhensions de la part des forces politiques pour amener les uns et les autres à se retrouver autour de la Constitution, des règles du jeu » dans nos pays.

Pour Blaise Compaoré, il en a été ainsi au Mali. « Par moment, il a été très difficile, comme nous l’avons vu au Mali à la fin du mandat du président Amandou Toumani Touré », a-t-il laissé entendre.

Et l’appréciation du contexte actuel du processus en cours pour l’élection présidentielle du 28 juillet prochain, a été précédée de la qualification que donne Blaise Compaoré de la situation qui a prévalu dans ce pays. « En fait, précise-t-il, par rapport au Mali, on dit la crise malienne ; mais ce n’était pas une crise, c’était une catastrophe ».

Du bout des doigts, le président du Faso compte : « un coup d’Etat à Bamako, c’est déjà une crise ; une partie du pays qui veut l’indépendance, une crise ; une partie du territoire qui veut un Etat islamique, une crise ;des étrangers Aqmi qui occupent des villes, une crise ; des étrangers et narcotrafiquants qui se sont installés ; et tout cela réunis en même temps ». Le Mali a donc connu une combinaison de crises, combinaison qui n’est plus qualifiable de crise, mais de catastrophe.

« Il y a encore quelques difficultés, mais nous sentons une grande volonté des maliens de réussir ce pari d’organisation des élections pour mieux organiser l’avenir », a relevé Blaise Compaoré. Déjà, pense-t-il, « il faut qu’on se félicite du mouvement positif » observé entre les forces politiques de Bamako et les groupes armés du Nord, pour arriver à « cet environnement politique qui nous permet d’aller vers des élections ».

Au stade actuel, Blaise Compaoré dit penser qu’il faut encourager les Maliens, pour que malgré ces difficultés multiformes, « puisse sortir de ces élections, une autorité légitime ». Et d’espérer que cette autorité pourra « conduire les grands débats, les grandes discussions » à mener sur l’avenir du Mali dans un ensemble uni et en parfaite harmonie avec ses voisins.

Transfert d’éléphants du Burkina au Sénégal

Du communiqué conjoint lu par le ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la coopération régionale, Djibrill Bassolé, en compagnie de son homologue du Sénégal, Mankeur Ndiaye, il ressort que l’entreposage de marchandises burkinabè au port de Dakar est désormais un acquis.

Ce communiqué consacre aussi la volonté commune des deux chefs d’Etat de procéder au « transfert d’éléphants du Burkina Faso au parc de Niokolokoba au Sénégal, conformément aux lois et conventions en vigueur ».

La tenue de la prochaine réunion de la commission mixte de coopération au Burkina courant dernier trimestre 2013, est également annoncée.

Fulbert Paré

Lefaso.net

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