Traitement de l’information : Des journalistes burkinabè outillés sur la couverture « genre »

lundi 20 mai 2013

Aujourd’hui, l’importance des médias n’est plus à démontrer. Le contenu des informations peut cependant générer de nombreux problèmes et perpétuer les inégalités entre les sexes (féminin et masculin) dans les sociétés. C’est dans ce cadre que l’Institut national démocratique (NDI) en partenariat avec le centre mondial pour le journalisme et la démocratie (GCJD) ont organisé, du 14 au 16 mai 2013 à Azalaï Hôtel de Ouagadougou, une formation de renforcement des capacités des journalistes sur « responsabilité sociale et couverture genre ».

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Traitement de l’information : Des journalistes burkinabè outillés sur la couverture « genre »

Dans le souci de relever le niveau des journalistes sur leur responsabilité sociale d’une part et d’autre part les amener à tenir compte du genre dans leur traitement de l’information, trois structures (NDI, GCJD et CSC) sont intervenues dans l’organisation de cette formation. Ainsi Béatrice Damiba souligne que « au-delà des règlementations d’ordre textuel, le journaliste doit interroger sa conscience, prendre en considération les réalités socioculturelles de son milieu professionnel… ». Elle ajoute que la responsabilité du journaliste fait également appel à la question du genre dans le traitement de l’information car le journaliste doit prendre en compte autant que possible les deux sexes. Aminata Faye Kassé, représentante résidente de NDI au Burkina Faso, poursuit en affirmant que « la formation permettra aux journalistes de participer à la promotion de la démocratie et à la promotion du genre au Burkina Faso en mettant en exergue la justice et l’équité pour tous ».

La responsabilité sociale du journaliste.

Les professions médiatiques ont la spécificité de s’ouvrir sur le champ de la déontologie. La vérité doit être le fil conducteur de l’éthique et de la déontologie du journaliste. A cet effet, « le public a un droit fondamental à l’information mais il faut que l’information soit juste et véridique », d’après Shahira Amin, journaliste indépendante et formatrice. Aussi, dit-elle, le journaliste doit obliger le gouvernement à rendre compte sans avoir recours aux insultes, à la diffamation, aux louanges. Dans la même lancée, Kelli Arena, directrice exécutive du GCJD à l’université Sam Houston State, précise que le journaliste doit servir le public et de ce fait doit travailler de manière saine à la promotion de la démocratie et du genre.

La couverture du genre

Le traitement de l’information doit être équilibré. L’équilibre s’observe au niveau des intervenants et au niveau des informations. Généralement, les informations censées concerner les hommes sont prédominantes (le sport professionnel, les affaires, l’économie, la science, la technologie…). Les opinions des femmes ne sont pas incluses généralement du fait des stéréotypes. Cependant, les deux sexes (hommes et femmes) doivent être représentés de façon équitable et l’information elle-même doit être inclusivement définie par le biais de ses éléments principaux (la rapidité, l’impact, la proximité, la proéminence, les différents points de vue, la nouveauté…) de manière à ce que l’équilibre soit acquis.

Pour Arnaud Ouédraogo, magistrat spécialiste des droits de l’Homme, chef de cabinet de la présidente du CSC et formateur, pour réussir ce pari, « les médias doivent se poster à l’avant-garde des changements sociaux et orienter le cours de l’évolution des mentalités ». Pour ce faire, M Kaboré précise que les médias doivent montrer des exemples de réussites féminines, montrer la femme dans un rôle réévalué et pluriel, de façon à inviter la société à avancer dans le sens souhaité, celui de l’égalisation des droits et des chances.

Dans la même lancée, Sonja Lokar, militante et spécialiste slovène en matière d’égalité entre les sexes, affirme que les médias doivent donner la parole aux femmes afin que leurs points de vue, leurs réalités soient connus et pris en compte. Les médias doivent donner aux femmes une image non stéréotypée, diversifiée et équilibrée et en respectant la dignité et la valeur de la personne humaine.

Patindé Amandine Konditamdé

Lefaso.net

Propos de participants

Une cinquantaine de journalistes des médias privés et publics venant de différentes villes (Ouagadougou, Koudougou…) ont participé à la formation « Ensemble pour égalité ». Au sortir de cette formation, ils apprécient :

Moumouni Soubeiga (journaliste à la télévision nationale du Burkina)

Généralement quand nous sommes sur le terrain, notre objectif consiste en la collecte des informations. Nous occultons certains aspects de notre travail qui pourtant sont importants. Je pense par exemple au respect de l’équilibre du genre dans notre production journalistique. Donc, nous ne pouvons que nous réjouir de cette formation qui nous apporte un plus et nous rendra plus professionnel. Au Burkina, après les études on ne bénéficie plus de formation. Donc, l’initiative du NDI et du GCJD est la bienvenue car les formateurs nous ont également fait partager leur expérience respective. Nous sortons de cette formation grandis. Nous mettrons en pratique les connaissances acquises pour promouvoir le genre et la démocratie au Burkina Faso.

Marie Chantal Bouda (journaliste à TV Maria)

Nous remercions le NDI et le GCJD pour l’organisation de la formation au profit des journalistes du Burkina Faso. Nous avons renforcé nos capacités en matière d’écriture journalistique, de collecte d’information et du choix des sujets et intervenants. En partageant leurs expériences avec les participants, les formateurs ont mis à nu notre responsabilité sociale dans notre domaine d’activités. Et en utilisant des exemples pour illustrer les handicaps et stéréotypes liés au genre, les formateurs nous ont montré que nous journalistes participons souvent à perpétuer ces inégalités. Cette formation nous a donc permis de nous remettre en cause en situant notre responsabilité.

Propos recueillis par Patindé Amandine Konditamdé (lefaso.net)

A propos du GCJD

Le centre mondial pour le journalisme et la démocratie (Global center for journalism and democraty ou GCJD) de l’université Sam Houston est un centre consacré à fournir des ressources et de la formation aux journalistes partout dans le monde. Le GCJD rassemble des journalistes, académiciens, experts, chefs d’industries et des innovateurs primés qui appuient les journalistes à tous les niveaux de leurs carrières. Le centre fournit la formation spécialisée et avancée pour ceux qui sont intéressés par la couverture de l’économie, l’environnement, les élections, la justice criminelle, le secteur de l’énergie, les évènements catastrophiques… GCJD est dévoué aux formations de journalistes afin de les aider à apporter leurs contributions uniques au public. Le centre croit en une presse indépendante, ce qui est impératif pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens du monde.

A propos du NDI

L’institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI) est une organisation non gouvernementale qui œuvre pour le renforcement et le développement de la démocratie à travers le monde. Faisant appel à un réseau mondial d’experts volontaires, le NDI accorde un appui pratique aux leaders politiques et dirigeants de la société civile qui travaillent à l’établissement de valeurs et institutions démocratiques dans leur pays. Le NDI s’est installé au Burkina en 2003 et sa représentation nationale est basée à Ouagadougou. Il a présentement deux centres de ressources dont le premier a été ouvert à Bobo en 2006 et le second à Fada en 2009.

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