Education citoyenne et civique : Où est passée la société civile  ?

vendredi 12 avril 2013

Le rôle prépondérant de certaines organisations de la société civile est de contribuer aux côtés du gouvernement à la formation, à l’éducation des populations pour une responsabilité citoyenne. Cependant, on constate de plus en plus ces derniers temps, que la fronde de certaines associations contre la IVe République justifie cette opinion qui l’identifie à une opposition politique. Censées encadrer les citoyens vers plus de responsabilité, elles déçoivent parfois par leur mutisme là où elles devraient donner de la voix.

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Education citoyenne et civique : Où est passée la société civile  ?

Il est un fait sur lequel toutes les opinions convergent, c’est sans doute celui de la déliquescence des valeurs morales et civiques. Ainsi dans nos écoles et universités, dans l’administration publique ou privée, dans les rues, etc. tout porte à croire que nous n’avons plus de repères. Il en résulte un contraste frappant avec la signification de « Burkina » « le pays des Hommes intègres ».

Ainsi, les valeurs telles que le respect d’autrui ou de la chose publique ou privée, la tolérance, la solidarité, l’honnêteté pour ne citer que celles-là ont foutu le camp. Le Burkinabè est devenu un « hooligan » prêt à tout saccager et détruire sur son chemin au moindre prétexte. Dans les foyers, parents, enfants, chacun se cherche de son côté et on ne sait plus ce que c’est que la vie en famille, ou encore l’éducation des enfants.

Et pourtant tout devait commencer par là, la cellule familiale étant la représentation en miniature de la société. Mais hélas ? ! On ne doit donc pas s’étonner de rencontrer dans nos administrations, nos écoles et universités, dans la rue tout court des « citoyens » d’un genre nouveau.

A quand l’heure du réveil ?

Aucune société ne peut se construire sans un minimum de discipline individuelle et collective. Aussi lorsqu’au moindre mécontentement, les populations saccagent tout, on assiste à un éternel recommencement et on fait du surplace si on ne recule tout simplement pas.

En réinvestissant dans les infrastructures détruites, ce sont d’autres qui ne verront pas le jour ou en tout cas pas au moment où elles devraient être réalisées. L’Etat ce n’est pas seulement le chef de l’Etat, ce ne sont pas les ministres, les députés.

L’Etat, c’est nous tous. C’est le député, l’élève ou l’étudiant, le brave paysan de Matiacoali, le prisonnier incarcéré pour la simple raison que celui-ci même en prison à des droits. C’est justement sous prétexte des droits à respecter que le citoyen tombe parfois dans les travers.

En effet, omnibilé qu’il est quant à leur respect, il en arrive à oublier des devoirs qui sont le pendant des droits conférés par la société. Et c’est cette éducation qui manque le plus aux citoyens qui n’ont de bouches et d’yeux que pour leurs droits. Alors il faut une renaissance des citoyens qui doivent s’approprier à nouveaux les valeurs cardinales d’antan pour plus de cohésion sociale, de solidarité, de paix, principaux vecteurs qui favorisent le développement.

S’il faut saluer, à juste titre, l’action des autorités religieuses et coutumières, l’action de l’Etat en la matière, on peine à mesurer celle des nombreuses organisations de la société civile qui pourtant dans leurs textes constitutifs mettent la formation citoyenne et civique au centre de leurs actions.

Elles sont muettes ou inactives. Et pourtant, chaque année, elles établissent des programmes d’activités pour bénéficier le plus souvent de la subvention de l’Etat et des partenaires étrangers. Les fonds une fois encaissés servent à tout autre chose sauf ce à quoi ils étaient destinés.

Elles nous ont habitués à l’organisation le plus souvent d’ateliers bidons uniquement dans le but de se partager entre membres des perdiems et justifier les fonds reçus.

Et pourtant, il y a tellement de choses à faire en matière d’éducation et de formation des citoyens surtout en grande majorité analphabètes et pas toujours en phase avec les exigences d’un Etat de droit démocratique. Les associations de la société civile doivent jouer leur partition nonobstant les considérations politiques. Ne sont-elles pas apolitiques ? ? Quant aux partis politiques, elles ne doivent pas être en reste.

Ils ont le devoir de conscientiser les populations. Hélas ce n’est pas ce qu’ils nous donnent de voir surtout ceux de l’opposition politique dont certains de leurs responsables sablent le champagne lorsque la rue est enflammée avec à la clé des actes de violence et de destruction de biens. Et pourtant, personne ne gagne quoi que ce soit dans les scènes de violences. A bon entendeur salut !

Angelin DABIRE

Par : L’Hebdomadaire du Burkina

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