Eau potable en milieu rural au Burkina : L’amélioration des services au centre des échanges à Ouagadougou

mardi 15 janvier 2013

Fort des résultats de son projet de recherche-action WASHCost mené de 2008 à 2012 dans trois régions du Burkina (Centre, Nord, et Hauts Bassins) et dans d’autres pays, le Centre International de l’Eau et de l’Assainissement (IRC) est plus que jamais engagé dans le plaidoyer pour l’adoption d’approches innovantes et plus efficaces en matière de promotion de l’accès des populations rurales aux services d’eau potable. C’est dans cette perspective que l’organisation néerlandaise qui dispose depuis septembre 2012 d’une représentation au Faso, tient depuis ce lundi, 14 janvier 2013 à Ouagadougou, un atelier de 72 heures regroupant différents acteurs du secteur.

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Eau potable en milieu rural au Burkina : L’amélioration des services au centre des échanges à Ouagadougou

Il s’agit entre autres de représentants de la Direction générale des ressources en eau (DGRE), de la Direction générale de l’assainissement des eaux usées et excrétas (DGAUE) ; d’autorités et techniciens de communes partenaires ; de responsables d’ONG œuvrant pour l’amélioration des services d’eau en milieu rural dans le pays. L’objet du présent atelier, c’est de partager avec des acteurs-clés du secteur des niveaux national, régional et communal, les approches, méthodes et outils expérimentés dans le cadre du projet WASHCost, les résultats obtenus et d’engager la réflexion avec ces acteurs sur les actions à entreprendre pour une amélioration participative et continue des méthodes et outils actuels de planification et de suivi-évaluation du secteur et des services d’AEPHA.

Dans son allocution d’ouverture de l’atelier, Alassoun Sori, directeur de l’approvisionnement en eau potable de la DGRE s’est félicité des actions d’IRC destinées au renforcement des performances du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement (PN-AEPA). M. Sori a notamment souligné le fait que le champ d’action du projet de recherche-action, WASHCost d’IRC s’inscrit parfaitement en droite ligne des objectifs de la Réforme du système de gestion des infrastructures hydrauliques d’alimentation en eau potable en milieux rural et semi-urbain qui ambitionne de garantir de manière durable la gestion des infrastructures d’AEP aux usagers.

Pour le facilitateur des échanges, Juste Hermann Nansi, par ailleurs coordonateur national d’IRC Burkina ; la démarche ne vise pas seulement à attirer des ressources additionnelles pour faire des progrès dans le secteur de l’eau potable en milieu rural. Elle répond aussi, dit-il, à un souci d’efficacité des investissements. Et de situer les enjeux de la présente rencontre à deux niveaux pour les acteurs : « C’est de se rendre compte des insuffisances et des limites des méthodes de mesure de l’accès à l’eau potable actuelles, de bien comprendre ce que veulent dire les taux qu’on affiche. On dit qu’il y a 58,5% de populations rurales qui avaient accès en 2011 à des services adéquats d’eau potable. Qu’est-ce que ce chiffre cache, qu’est-ce que ce chiffre donne comme information ? Quand on décortique, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’hypothèses cachées derrière ces chiffres qui ne se vérifient pas sur le terrain. Le premier et principal enjeu, c’est donc d’accepter et de reconnaître les insuffisances et les limites de notre système de suivi qui conditionne du coup notre planification et notre gestion des priorités ». « Le second enjeu de cette rencontre, c’est de partager la nouvelle approche que nous proposons pour mesurer le niveau de services qui sont fournis. C’est un enjeu important parce que nous conduisons cette réflexion au niveau national, au niveau international et nous pensons, c’est la conviction de l’IRC, qu’il faut revoir les objectifs qu’on se fixe et les indicateurs qu’on utilise pour mesurer ces objectifs-là. C’est un enjeu extrêmement important en ce sens que tant qu’on ne va pas trouver des indicateurs qui traduisent réellement la situation des services qui sont fournis aux populations en milieu rural, on continuera de passer à côté de leurs besoins, on continuera d’investir beaucoup sans donner satisfaction aux populations des villages, sans effectivement assurer un service acceptable comme on l’attend », a poursuivi M. Nansi.

A l’entendre, la rencontre constitue un acte supplémentaire de son organisation dans la dynamique engagée depuis 2008 sur la question. « C’est un pas de plus que nous faisons pour que les acteurs du secteur prennent conscience de cette situation et valident les nouvelles méthodes, approches et puissent les intégrer dans les politiques et stratégies nationales », a-t-il indiqué.

Et les choses ne semblent pas mal engagées. En effet, à l’issue de la première journée d’échanges les participants s’accordent sur le fait que les chiffres produits dans le secteur ne reflètent pas toujours la réalité du terrain ; ne traduisent pas effectivement la qualité de services fournis aux populations et ne permettent pas de vérifier qu’effectivement ces populations obtiennent les 20 litres par personne et par jour d’une eau de qualité convenable certifiée par des contrôles, à distance raisonnable établie par les normes et un service qui est fiable, continu comme les normes l’exigent . Les acteurs de la rencontre sont également tombés d’accord sur le fait qu’en adoptant une approche alternative qui permet de suivre la quantité, la qualité de l’eau fournie aux populations, la distance à laquelle se trouve le point d’eau et la fiabilité du service ; cela traduit mieux les réalités des services d’eau fournis en milieu rural. Ces constats consensuels ont donné lieu à diverses suggestions et réflexions pour contribuer à l’amélioration de la situation de l’accès des populations rurales aux services d’eau potable et d’assainissement. Suggestions et réflexions qui devront faire l’objet d’approvisionnement ce mardi, lors de la deuxième journée consacrée aux travaux de groupes, en vue de lendemains meilleurs.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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