Palais de Justice : Il se prostituait dans les « boîtes de nuit »

vendredi 11 janvier 2013

Ibrahim a tout d’un homme. De taille assez moyenne, il avait par contre un teint clair qui n’est pas naturel. Ibrahim devait être adepte de la dépigmentation. Père d’un enfant de six ans, il déclare qu’il vit avec une femme. A la barre du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso le lundi 7 janvier 2013, il était poursuivi pour des faits « d’attentat à la pudeur ». En effet, le week-end dernier, aux alentours du mur de la Semaine nationale de la culture (SNC), il s’était travesti en femme pour se rendre dans une des boites de nuit de la place.

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« Pourquoi un tel comportement et pour quoi faire en boite de nuit ? » Lui demande le juge. Ibrahim déclare qu’il est un homosexuel. Il se déguise ainsi en femme pour se prostituer auprès d’autres homosexuels. Il le fait depuis bien longtemps mais loin de ses parents qui sont dans un pays voisin. Parce qu’il est conscient que l’homosexualité encore moins la prostitution pour l’homme n’est pas une bonne chose. « Devant ma femme, mon enfant et mes parents, je me comporte en vrai homme.

Je ne fais pas des manies de femme », a-t-il soutenu. Une déclaration qui ne semble pas surprendre le substitut du procureur qui lui demande s’il a déjà vu des animaux s’accoupler ? Le prévenu répond par la négative, mais il justifie son comportement par la pauvreté. « Je ne compte pas continuer à me comporter ainsi pendant longtemps. J’abandonnerai la prostitution », dit-il. Après que le tribunal ait requalifié les faits d’attentat à la pudeur en prostitution par racolage, Ibrahim a été condamné à payer la somme de 50 000 FCFA sous forme d’amende.


Sont-ils été payés en « monnaie de singe ! »

Zakaria, Issa et Daouda ont comparu à la barre du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits de « coups et blessures volontaires ». Pour cela, ils n’ont pas pris beaucoup de temps pour reconnaître ce qu’on leur reprochait. En effet, tout serait parti d’un conflit de « terres ». Daouda et Siaka sont des frères et d’ethnie bobo, Zakaria et Issa sont eux, deux Mossis. Leurs pères ont entretenu une amitié pendant longtemps si fait que celui de Daouda et Siaka aurait gratifié d’un champ le père des deux frères mossis. « Nous cultivons le champ depuis 27 ans et nous n’avons pas compris pourquoi ils veulent maintenant nous le retirer », explique Zakaria aux juges. Des « précédents » les avaient farouchement opposés et l’affaire avait été tranchée par les autorités compétentes à Satiri.

C’est donc le 31 mai 2012 lorsque Daouda et Siaka ont voulu entrer en possession de « leurs terres » qu’une bagarre aurait éclaté. Les deux parties se sont portées des coups de machettes et de gourdins qui entraîneront des incapacités de travail respectives. A la barre, chaque partie s’est expliquée. L’un des juges n’a pu s’empêcher de leur rappeler les affaires de Gaoua et de Zabré, parties également de conflit de terres. En se constituant partie civile, chacune qui sont elles aussi, des parties a réclamé respectivement 2,5 et 10 millions de FCFA pour la réparation du préjudice. Sidéré, le juge leur a demandé s’ils n’ont toujours pas compris le sérieux du conflit qui les oppose. Le parquet sans prendre de réquisition a demandé tout simplement l’application de la loi. Ils ont été condamnés (Daouda et Siaka) à payer 40 000 FCFA au titre des dommages et intérêts. Quant aux deux autres frères, ils doivent payer 120 000 F CFA plus 65 000 F CFA.


« Les propriétaires sont en Europe »

Employé de commerce, Lamoussa est domicilié à Bobo-Dioulasso. Il est poursuivi pour des faits de « détournement d’objets saisis composés de deux véhicules Mercedes » qu’il ne reconnaît pas. Il soutient que les véhicules étaient dans un garage. « Mais à qui appartiennent-ils et où sont-ils actuellement ? », lui demande le juge. Lamoussa soutient qu’ils appartiennent à des personnes qui sont en Europe sans rien ajouter. Surpris des déclarations du prévenu, Camara (c’est lui la victime) dit réclamer tout simplement son argent qu’il a évalué à 4 500 000FCFA.

Alors que dans la citation directe, il est mentionné que Lamoussa doit à Camara 6 000 000 F CFA. Sans prendre de réquisition, le parquet a demandé au tribunal d’appliquer la loi. Le dossier est mis en délibéré pour le mardi 15 janvier 2013.

Rassemblées par Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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