Municipales 2012 : Qui seront les huit prochains maires à Bobo ?

lundi 24 décembre 2012

En attendant la validation des résultats des élections municipales par le Conseil d’Etat et la décision du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité pour mise en place des conseils municipaux, les supputations vont bon train partout. A Bobo-Dioulasso, des noms de prétendants aux postes de maires d’arrondissements et de commune circulent déjà. Qui sont-ils ?

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Municipales 2012 : Qui seront les huit prochains maires à Bobo ?

Quelles que soient les personnes qui seront désignées maires de la commune ou des arrondissements à l’issue de la validation des résultats des élections, elles n’auront pas la tâche facile. Qu’ils soient d’anciens maires ou de nouveaux, ils seront tout de suite confrontés au récurrent problème de lotissements et d’aménagements urbains. Un passif que leur auront légué les équipes précédentes. Si bien que, devenir maire dans un tel contexte risque fort de ne pas être « doux » pour tout le monde. Bobo-Dioulasso n’a pas une voirie enviable.

Le bitume fait défaut et de grands carrefours manquent de feux tricolores. Les secteurs périphériques qui ont été lotis n’ont point d’eau, d’électricité et de routes. Il faut tout de suite se mettre donc au travail. Aussi, chaque maire devra s’entourer d’une équipe de techniciens et de travailleurs loyaux, désintéressés et réellement engagés pour le développement de leur commune. En clair, des gens venus pour servir et non se servir. En attendant, une petite « fouille » nous permet déjà de faire quelques esquisses.

« A tout seigneur tout honneur » : au poste de la mairie de la commune, les prétendants se font rares. Sans doute que les uns et les autres ont « ouï-dire » que le maire sortant, par ailleurs Secrétaire général de la section du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui a remporté les élections, pourrait vouloir se succéder à lui-même. Ce qui fait que pour l’instant, son nom est le seul à être cité pour conduire la mairie de la commune les cinq prochaines années. Alfred Sanou (dont les rumeurs disaient qu’il pouvait le déranger à ce niveau) ayant été réélu à l’Assemblée nationale, pourrait ne plus avoir d’ambitions à ce niveau. Sauf « tremblement de terre » ou décision contraire du parti, Salia Sanou est parti pour se succéder à lui-même.

Il lui restera à s’entourer de vrais techniciens et de très bons conseillers capables de « faire décoller » véritablement la machine. Aussi, on cite le nom de Bolé Batiéné, cadre de la Sofitex et très engagé (il était le président de la commission finances à Konsa avec Karim Barro) et qui « ne laisse pas marcher sur les pieds ». Car, au dernier mandat, tout le monde ou presque a été unanime à dire son entourage ne lui a pas facilité la tâche. A lui de choisir s’il veut rentrer dans l’histoire de la ville de Bobo-Dioulasso.

Il peut tout de même avoir comme « challenger » un certain Célestin Koussoubé qui, dit-on dans bien des milieux, voudrait bien se « venger » en revenant à la mairie par la grande porte. Mais quand on considère le rapport de force (le CDP aurait 128 conseillers contre 80 à toute l’opposition réunie sur 208), il est donné perdant s’il n’y a pas de trahison.

Le 1er arrondissement qui est tout nouveau, devra se trouver un maire. Là, la bataille sera assez ardue car, Bekaye Sanou, compte tenu de son expérience de maire adjoint, à Konsa, voudrait user de cet atout pour être un prétendant sérieux. Mais, paradoxalement, cette expérience qui fait qu’il ne requiert pas l’unanimité au sein même de sa communauté, pourrait lui jouer un mauvais tour. Karim Traoré, conseiller du secteur 4, avec sa jeunesse peut rêver donc. Surtout qu’au sein du parti, il est question de donner plus de place aux jeunes. Eve Sanou peut aussi jouer les « trouble-fête », car elle a une longue expérience de l’administration. Et puis, il y a le « quota genre » qui peut bien lui faire des faveurs. Sanou Issaka Zantigui et Ouattara sont aussi des prétendants et non des moindres. A moins que …

Dans l’arrondissement n°2, Ibrahim Sanou, reste le prétendant sérieux. Membre de la sous-section chargé de la jeunesse, il pourrait constituer l’exemple de prise en compte de cette jeunesse-là. D’ailleurs, n’avait-il pas retiré sa candidature sur la liste des législatives pour mieux se consacrer aux municipales et bien se « positionner » ? Sanou Yacouba, après deux mandats d’adjoint, pourrait apporter son expérience ailleurs. Baba Traoré, c’est presque sûr, ne quittera pas le Conseil régional pour une mairie d’arrondissement. Cependant, il a son « petit lieutenant », Hyacinthe Dembélé, qu’il voudra bien « placer » pour la suite. A l’analyse, il ne devrait pas y avoir de difficultés particulières si toutefois l’opposition ne trouble pas le jeu de cartes.

A la mairie de l’arrondissement n°3, Tinto Moustapha aurait bien voulu rempiler. Mais pour cette troisième fois, il revient au parti d’en décider. Mais, avec une dame comme Ziba/Ouédraogo Fatoumata qui a « fait le plein » de conseillers, il lui sera difficile de négocier un passage. Avec l’expérience acquise à Dafra avec Sidi Sanogo et au regard de son engagement, il est presque sûr qu’elle est le « bon cheval ». A la seule condition qu’il y ait compromis. Salia Konaté, conseiller réélu, ne voudra pas lui disputer son poste. Au contraire, il peut lui être d’un grand apport à travers sa sagesse, et sa rigueur quand il croit en ce qu’il fait. Fatou Ziba, comme on l’appelle, pourrait bien porter à ce niveau le foulard du « quota genre ».

Le quatrième arrondissement pourrait voir lui aussi, l’arrivée d’une dame. Entre Momo Jacqueline et Naba Diané, il va falloir faire le choix. Mais d’ores et déjà, on voit mal Naba Diané après l’Assemblée où elle peut encore avoir des chances de siéger, redescendre dans un arrondissement. Elle pourrait bien servir de conseiller (dans les deux sens du terme) au regard de son expérience et de sa sagesse. A moins que le parti ne décide d’aller chercher un maire dans les villages rattachés. Mais attention, Sanou Mathieu et Millogo Lassina pensent chacun que leur heure pourrait sonner. Si bien qu’il faut compter avec eux. Sinon, il y a de réelles chances que la mairie y soit occupée par une femme. Bakary Alexandre Sanou, actuel directeur régional de la Culture et du Tourisme qui aurait pu jouer un grand rôle, n’est pas élu.

Sidi Sanogo a un bilan « qui parle » et qui lui permet de vouloir bien se succéder à lui-même au 5e arrondissement (ex-Dafra). En tout cas, si Arzouma Sanou, ancien directeur de cabinet du maire, ne vient pas le perturber, le parti pourrait bien lui confier à nouveau les rênes de l’arrondissement. Sanou Christophe, son 2e adjoint qui a aussi de sérieuses ambitions ne devrait pas, sauf cas exceptionnel, lui porter ombrage. Le soutien que lui apporte Alfred Sanou ne devrait pas non plus lui, faire barrage. Sanou Seydou de Pala a également des ambitions. L’un des atouts de Sidi, c’est qu’il pourrait faire l’unanimité même au sein de l’opposition, qui a seize conseillers sur 36. Cependant, il reste au parti de trancher tout en ne brisant pas l’élan de développement déjà amorcé.

La mairie du 6e arrondissement (ex-Konsa) aurait pu être la convoitise de beaucoup de prétendants. Seulement, Karim Barro, le maire sortant, ayant très vite compris cet état de fait, a politiquement travaillé pour être le véritable seul prétendant à sa propre succession. Assita Ouattara, élue député et conseillère municipale de Matourkou ne viendra pas lui disputer la mairie. A moins que… Sidiki Boubacar Traoré, élu à Moamy non plus car, retraité, directeur de la structure de gestion du marché central, président du Comité consultatif des usagers du même marché, président sortant de la commission finances de la commune, ne devrait plus exiger quoi que ce soit qu’il n’a pas encore eu. Karim Barro est donc bien parti pour se succéder à lui-même, puisqu’il a travaillé pour ça.

Le 7e arrondissement, comme tous les autres, fait courir les prétendants. Pêle-mêle, on cite Ira/Sanou Mairie Aimée, Héma Moussa, Alain Sanou, Bolé Batiéné et Bangaré Korotimi. Si Fatou Ziba et Hien Jacqueline Momo passent, il sera difficile pour l’une des deux femmes (Korotimi et Ira/Aimée) de triompher. Le choix se fera entre Alain, Bolé et Moussa. La situation pourrait se « décanter » davantage si toutefois, comme on le susurre, Bolé est appelé à adjoindre le maire de la commune. Le parti aura donc à choisir entre Héma Moussa et Alain Sanou. Le premier est Secrétaire général de la sous-section (ce qui n’est pas un critère de choix) et le second est bien connu et estimé dans la quasi-totalité des villages rattachés.

Au conseil régional

Baba Traoré sera-t-il reconduit au Conseil régional ? L’intéressé lui-même est, comme à son habitude, très discret sur la question. Ce qui pourrait d’ailleurs apparaître comme une volonté de se succéder à lui-même. Il y a abattu un grand travail en réussissant sa première mission qui était d’asseoir de toutes pièces l’administration du Conseil tout en lui donnant une visibilité et des objectifs. Tout comme la plupart de tous ceux qui ont été les premiers dans les nouvelles mairies de commune. Baba Traoré voudra-t-il poursuivre sa mission si toutefois son parti le lui demandait ? Pour l’instant, très peu de candidats se positionnent sur son chemin. Quand bien même on avance dans certains milieux le nom d’Alfred Sanou pour le remplacer.

La rédaction

L’Express du faso

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