Ce qui devrait permettre au pays de l’oncle Sam d’être autosuffisant sur le plan énergétique. Parce que de nouvelles technologies de plus en plus innovantes permettent de booster l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste et, par ricochet, de stimuler l’activité économique des Etats unis d’Amérique. L’AIE prévoit une baisse des échanges intercontinentaux d’hydrocarbures de l’ordre de 5% au cours des 5 prochaines années. Et les importations journalières du premier pays consommateur d’hydrocarbures, que sont les Etats unis d’Amérique, vont chuter de 3 millions de barils sur la même période. Si ces différentes hypothèses s’avéraient, il faut dire que l’économie mondiale du pétrole s’en trouverait fortement modifiée. Avec, en prime, des conséquences politiques et géostratégiques.
En effet, on peut imaginer un moins grand intérêt des Américains à protéger avec le même niveau d’engagement, leurs alliés et amis que sont les monarchies pétrolières du proche et moyen Orient. Et l’indépendance énergétique des Etats unis vis-à-vis des monarchies donnera certainement des coudées franches à l’oncle Sam pour leur parler véritablement de démocratie et de droits de l’homme. Ce qui n’est pas le cas actuellement, si ce n’est que du bout des lèvres. Sur le plan économique, la production massive de pétrole et de gaz en Amérique aura une incidence sur les prix qui évolueraient à la baisse. Les pays consommateurs et enclavés comme le Burkina, se frotteront alors les mains. Quant aux grands producteurs d’or noir sur le continent, tel le Nigéria, l’Algérie, l’Angola, ils devront revoir leurs ambitions de développement. Car, les budgets de la plupart de ces pays reposent sur l’exportation des hydrocarbures. Mais, les consommateurs ne doivent s’en réjouir trop vite. Parce que, dans le même temps, l’économie mondiale devrait avoir surmonté la crise financière qui la secoue depuis 2008.
Avec la reprise de l’économie, la demande en énergie, et donc en hydrocarbures, sera plus forte qu’elle ne l’est actuellement. Une augmentation des besoins d’importation des autres pays, notamment de la Chine, pourrait annihiler la baisse des prix escomptée de la réduction des importations américaines.
Aly KONATE (alykonat@yaho.fr)
L’Express du Faso


