Info@ : Les réseaux sociaux pour gérer une catastrophe climatique

jeudi 15 novembre 2012

Montrer. Partager. S’organiser. En traversant la Côte Est des Etats-Unis, l’ouragan Sandy a jeté une lumière nouvelle sur l’omniprésence des réseaux sociaux. Un exemple parmi tant d’autres : mardi 30 octobre à la mi-journée, ce sont quelque 530 000 photos accompagnées du mot-clé, Sandy, qui avaient été partagées sur Instagram. Selon l’Agence France presse, Twitter a vu déferler 5,9 millions de micro-messages faisant référence à Sandy depuis le 28 octobre 2012. Certaines images sont rapidement devenues les symboles de la catastrophe. Les sites d’information n’ont eu ensuite qu’à piocher et organiser toutes ces données pour rendre compte du passage de Sandy sur la Côte Est.

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Info@ : Les réseaux sociaux pour gérer une catastrophe climatique

Mais au-delà de cette fonction de "témoin", les réseaux sociaux ont aussi joué un véritable rôle dans la gestion d’une crise à grande échelle. C’est notamment sur Twitter que la Federal Emergency Management Agency (l’Agence fédérale chargée des opérations de secours), les pompiers, la police, les mairies et les Etats ont tenu informé les Américains de l’évolution de la situation, parfois minute après minute.

Les autorités ont publié divers conseils pratiques à destination des habitants comme la liste des routes coupées, les évacuations, l’avancée en temps réel de l’ouragan, l’état du réseau électrique ou téléphonique, ou les conseils en cas d’inondation. En première ligne, le maire de New-York, le gouverneur de l’Etat et celui du New-Jersey, qui ont également envoyé des centaines de messages d’information à leurs administrés. En outre la ville de New York s’est appuyée sur les réseaux sociaux pour diffuser les informations d’évacuation.

La ville a utilisé sa propre plateforme Open Data pour aider les habitants à gérer les effets de l’ouragan. Cela a été rendu possible grâce à la feuille de route digitale de la ville, lancée l’année dernière et qui prend en compte les Systèmes d’informations géographiques (GIS), les réseaux sociaux et tout un ensemble d’éléments publics et privés. Grâce à ce système, les autorités ont pu informer les New-Yorkais des dangers provoqués par l’ouragan. Les principaux points de ce programme comprennent un plan d’évacuation de l’ouragan et un moteur de recherche de son lieu d’habitation que les résidents peuvent utiliser pour voir s’ils sont dans une zone à risque d’inondation et dans ce cas, leur plan d’évacuation.

L’utilisation du réseau était telle que les pompiers ont même dû rappeler aux New-Yorkais de ne pas envoyer de tweets pour signaler les appels d’urgence, mais d’appeler le bon vieux numéro d’urgence : le 911. Dans le même temps, plusieurs médias publiaient de véritables guides pratiques à destination des personnes privées d’accès à Internet. Des moyens de connexion parfois artisanaux, mais qui ont aussi aidé à l’essor d’un système "D" développé par la population elle-même. Des dizaines de développeurs et d’ingénieurs, surnommés les "Hurricane Hackers", se sont par exemple regroupés pour construire et échanger des outils permettant de recenser les images, vidéos, cartes et autres tweets relatifs à la super-tempête.

Leur collaboration a permis la mise sur pied d’une carte interactive rassemblant toutes les webcams et vidéos diffusant en direct l’avancée de Sandy. On y a retrouvé une application destinée aux volontaires souhaitant proposer une chambre aux personnes ayant dû quitter leur appartement, ou un outil permettant de recenser les pannes de courant, Etat par Etat.

Comme l’indique le Hufftington Post, certains indiquaient également les bâtiments qui avaient besoin de sacs de sable, les épiceries encore ouvertes ou les adresses des lieux ayant encore de l’électricité. Un autre développeur s’est proposé de construire un outil permettant de connaître, grâce à un simple numéro de téléphone, les points de distribution d’eau ou la liste des abris encore disponibles. Ce qui s’est passé aux Etats-Unis, constitue la preuve que les réseaux sociaux utilisés à bon escient, peuvent constituer de véritables outils de gestion de crise. Toute chose qui peut contribuer à sauver des millions de vies.

Raphaël KAFANDO
(avec AFP)

Sidwaya

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