Idrissa Dominique Barry, président de la Chambre d’Agriculture du Nord : « Notre café-cacao, c’est le niébé, le sorgho et autres »

mercredi 12 septembre 2012

La soixantaine passée, Idrissa Dominique Barry n’a plus aujourd’hui ses jambes de 20 ans pour s’adonner physiquement, comme il l’aurait aimé, à sa passion : l’agriculture. Mais, rassurez-vous, Idrissa est loin d’être à la retraite sur le plan de la production agricole. Président de la Chambre d’Agriculture du Nord, l’homme reste plus que jamais actif.

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Idrissa Dominique Barry, président de la Chambre d’Agriculture du Nord : « Notre café-cacao, c’est le niébé, le sorgho et autres »

A la tête d’une famille de 8 personnes, il continue, après 44 ans de découverte du métier de la terre et de ses atouts, de produire des céréales et produits maraichers. Si les produits céréaliers (mil, maïs) servent à la consommation familiale ; les spéculations maraîchères (oignon, piment jaune, etc.) sont surtout destinées au marché. « Si ce n’est pas cette année là, moi je n’ai jamais payé, depuis 15 ans, des céréales pour nourrir ma famille », assure t-il. Concernant ses revenus, l’on peut dire qu’il fait partie de ces producteurs au Burkina Faso qui savent bien la signification du dicton ‘’La terre ne ment pas’’.

Sans trop entrer dans les détails, il confie que ses exploitations lui rapportent au point qu’il n’a rien à envier à un fonctionnaire de catégorie A. Ancien agent du ministère de l’Agriculture, Idrissa Dominique Barry, s’est, depuis sa retraite en1998 de la fonction publique, entièrement consacré à la production agricole. Les débuts de sa vocation de producteur remontent à la fin des années 1960. A cette époque, Barry était un agent des Ressources animales. Et quand le virus de l’Agriculture l’a piqué, il a dû, pour assurer sa reconversion ou son redéploiement, passer en 1968 par le Centre de formation de Matourkou. Depuis lors, il est devenu un connaisseur et pratiquant infatigable de l’agriculture, s’engeant de plein pied dans la production maraîchère. Il a par exemple été, par le passé, un acteur de la production du haricot vert dans la province du Bam. Aujourd’hui président de la Chambre d’Agriculture du Nord (il est en poste depuis juillet 2011 pour 5 ans), Barry œuvre à la modernisation de l’agriculture dans la région, n’hésitant pas à saisir des tribunes à lui offertes pour exposer les préoccupations des producteurs. Ce 30 août 2012 à Ouahigouya, lors de la rencontre du ministre délégué avec les acteurs régionaux du secteur, il a beaucoup insisté pour que des producteurs prennent la parole pour exprimer leurs opinions et leurs attentes par rapport à la visite du représentant du gouvernement. Farouche partisan des petits exploitants agricoles, Idrissa plaide pour un encadrement rapproché des acteurs des petites exploitations agricoles. Pour lui, la clé de l’émergence de notre agriculture réside là et pas ailleurs, déplorant l’analphabétisme dans les rangs des petits exploitants. Prenant exemple sur la Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao au monde, Barry a laissé entendre que ce rang mondial du pays de Félix Houphouët Boigny est surtout du à l’action des petits exploitants et non des gros producteurs. Pour le président de la CRA du nord, le Burkina en misant sur ses petits exploitants peut devenir un grand producteur mondial de céréales et d’autres produits. « Le niébé, le sorgho, pour ne citer que ces produits, sont nos café-cacao », indique t-il. Ainsi, si l’encadrement et la formation des petits producteurs sont assurés, avec une bonne maîtrise de la question de l’eau, le Burkina ne devrait pas avoir du mal, selon lui, à atteindre l’autosuffisance alimentaires. Si ces conditions sont réunies, les producteurs pourraient, à l’entendre, travailler 11 mois sur 12, voire 12 mois sur 12. Mais, sur les responsabilités de la situation actuelle encore marquée par la dépendance alimentaire du pays, Idrissa Dominique Barry préfère ne pas charger les autorités. « L’Etat fait beaucoup pour les producteurs à travers les projets et les programmes. C’est à nous d’aller vers les autorités pour faire comprendre nos préoccupations afin qu’elles puissent nous appuyer convenablement », soutient-il.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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