Elections couplées : Les primaires dans les partis donnent une mauvaise tendance pour le quota genre

dimanche 9 septembre 2012

La presse a fait cas ces derniers temps de primaires dans un certain nombre de partis qui ont permis la désignation des probables candidats à la députation dans le cadre des élections législatives du 2 décembre 2012. En attendant de voir les choix définitifs des candidats par les états-majors de leurs formations politiques, il y a quelque chose qui ne passe pas inaperçu dans les listes rendues publiques.

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Elections couplées : Les primaires dans les partis donnent une mauvaise tendance pour le quota genre

Il s’agit de la prédominance des hommes par rapport aux femmes. En prenant l’exemple des primaires au CDP, l’on se rend bien compte que l’autre moitie du ciel n’a pas du tout été représentée proportionnellement à son poids électoral. Dans le Namentenga, tous les candidats à la députation sont tous des hommes. Dans des provinces comme le Ioba, le Séno, le Zoundwéogo ou la Tapoa, le nombre de femmes désignées ne dépasse pas 2 alors que dans chacune de ces provinces, l’on a au moins 9 candidats retenus. Même dans le Kadiogo, censé normalement donner le bon exemple, la situation des femmes est loin d être meilleure avec seulement une femme sur les 11 candidats présélectionnés.

Si le tableau des probables candidats à la députation est moins reluisant en termes de représentativité des femmes dans le parti majoritaire, c est presque la même situation qui se présente dans les formations politiques de l opposition où les dames généralement ne se bousculent pas trop pour des raisons évidentes.

Cette sous représentation des femmes sur les listes des candidats potentiels des législatives à venir, si elle ne surprend pas dans un système politique encore largement dominé par la gente masculine, pose tout même problème. Surtout dans un contexte où il est beaucoup question de la promotion de la femme avec notamment l’adoption en 2009 de la fameuse loi des quotas de 30% en faveur des dames.

Au vu de la faible représentativité des femmes, l’on se demande si la base des partis dans leurs choix des postulants à la députation a vraiment tenu compte de cette loi sur laquelle beaucoup d’espoirs se fondent et à juste titre. En effet, s’il doit y avoir une amélioration de la condition de la femme au niveau politique et des sphères de décision elle doit certainement partir de là. Il est vrai que quand on évoque la loi des quotas, beaucoup ont toujours tendance à la confiner aux élections de proximité, notamment les municipales. Or, l’objectif ou l esprit de la loi c’est d’amener les politiques à intégrer aussi l’aspect genre dans leur fonctionnement. Ce qui signifie que les acteurs politiques peuvent aller au-delà des dispositions de la loi.

La preuve, dans les mêmes primaires du CDP, il existe des cas où l’on a enregistré des taux de représentativité des femmes supérieurs au 30% requis pour les scrutins de proximité. Par exemple dans le Noumbiel et le Zondoma, la parité hommes -femmes a même été respectée sur la liste des députables.

Mais, il ne s’agit là que des exceptions qui confirment la règle selon laquelle les femmes dans la plupart des cas ont été sous représentées au cours de ces primaires en vue des législatives. Alors que l’on devait normalement s’attendre à mieux que ça. Surtout que notre pays vient, à la faveur des dernières reformes politiques, de constitutionnaliser le genre.

Comme quoi, l’on n’est pas encore sorti de l’auberge. Le combat pour l’émancipation politique de la femme demeure entier. Pour qu’il aboutisse à des lendemains meilleurs, ce combat a visiblement besoin d’être approprié par la base des formations politiques qui traîne apparemment encore un certain nombre de clichés ou stéréotypes.

Bien sûr que les femmes ont aussi leur part de responsabilité à assumer afin de faire véritablement du respect du genre une réalité dans notre pays. En cela, le prochain forum des femmes du Burkina Faso devrait servir comme un tremplin pour Nestorine Sangaré et ses soeurs pour se mettre dans le sens de la marche positive, c est-à-dire dissiper les divergences, s’accorder sur l’essentiel et avancer main dans la main avec les hommes.

Grégoire B. BAZIE
Lefaso.net

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