En effet le néré ou « Parkia biglobosa » est un arbre presque « sacré » au Burkina Faso. Dans nos campagnes où on a l’habitude d’abattre les arbres pour dégager les champs, le néré est toujours épargné. Son écorce, ses feuilles, ses racines, ses fleurs et même ses graines sont utilisées pour soigner. Outre ses vertus médicinales, le fruit du néré sert à fabriquer le fameux soumbala, utilisé pour assaisonner et donner du goût aux sauces. Même si nous n’avons pas obtenu de retombées économiques sur le néré au Burkina Faso, le constat est que le commerce des graines de néré et du soumbala mobilise du beau monde. En témoigne le nombre important d’associations féminines qui s’adonnent à la fabrication et la vente du soumbala à Bobo-Dioulasso et à travers tout le pays.
Qant au karité, le potentiel de production d’amendes était évalué en 1999 à 853 000 tonnes par an (Sicarex, 1999). L’actrice principale de la filière demeure la femme. Selon les données de l’Office national du commerce extérieur (ONAC), l’exportation des amandes prédomine celle du beurre de karité. Les exportations d’amandes de karité ont connu une forte croissance, passant de 14807 tonnes en 1998 à 28773 tonnes en 2002. Dans le même temps, les exportations de beurre ont chuté de 2365 en 1998 à 245 tonnes en 2002. Tout comme le néré, la filière karité occupe beaucoup d’intéressés. Le beurre de karité est utilisé aussi bien dans l’alimentation que dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique. La décision de l’Union européenne d’autoriser le beurre de karité dans la fabrication du chocolat a donné un autre souffle à la filière karité.
Pour toutes ces raisons, nous pensons que l’accent devrait être mis sur ce type d’espèces pendant les campagnes de reboisement. Car, les bénéfices qu’on peut en tirés sont très appréciés des populations.
Aly KONATE (alykonat@yahoo.fr)
L’Express du Faso


