Evènements de Gaoua et chasse aux Peuls : L’association Tabital Pulaaku Burkina (TPB) condamne

dimanche 2 septembre 2012

Depuis sa création, l’association Tabital Pulaaku Burkina (TPB) n’a cessé d’apporter sa contribution à la résolution des conflits agriculteurs- éleveurs, devenus récurrents et de plus en plus meurtriers dans cette dernière décennie, en attestent les multiples conférences organisées dans certaines régions de notre pays sur cette problématique.

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A cet effet, TPB a, à maintes reprises, attiré l’attention des autorités compétentes sur le fait que ces conflits prenaient de plus en plus l’allure d’attaques ciblées contre la communauté peule. Au cours de la dernière audience que Monsieur le ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité (MATDS) a bien voulu accorder à notre association le 30 mai 2012 autour du massacre d’éleveurs peuls à Sari en territoire malien, nous avons particulièrement mis une emphase sur cette dérive sécuritaire inquiétante. Nous avons encore réaffirmé cette opinion au cours de l’atelier de formation de la chaine de commandement organisé les 12, 13 et 14 juin 2012 par le MATDS sur la question des conflits intercommunautaires.

Mais, voilà que seulement deux mois après cette importante rencontre, des événements tout aussi douloureux viennent de se produire à Gaoua mettant encore à rude épreuve la cohabitation pacifique entre les principaux groupes ethniques de cette zone du Burkina.

En effet, la population de Tonkar, suite à l’assassinat odieux de Francis KAMBOU a exercé sa vengeance sur les communautés peul et mossi présentées par leurs assaillants comme les auteurs présumés de ce crime. TPB déplore la mort atroce de ce jeune garçon qui vient allonger la liste des meurtres odieux avec prélèvement d’organes que connait les populations du Burkina Faso et souhaite que des enquêtes soient menées afin de démasquer les coupables et les punir à la hauteur de leur crime, et par la même occasion, elle condamne fermement la chasse perpétrée aux allogènes du Sud-Ouest, et particulièrement à la communauté peule car aucune enquête n’a révélé que le présumé coupable est un Peul.

Pour preuves, des cars ont été arrêtés et fouillés pour en sortir d’éventuels passagers Peuls, des Peuls ont été arrêtés en brousse pour être molestés ou tués, 224 Peuls ont été déplacés jusqu’à Bobo-Dioulasso. Ils sont hébergés à l’Ecole Centre A et TPB remercie la population de Sya pour l’accueil et tous les dons faits à ces déplacés de Gaoua.

Pourquoi fallait-il déplacer des centaines de Peuls, dont des vieillards, des enfants, des femmes enceintes, des commerçants, des élèves et des étudiants en vacances, etc, abandonnant tous leurs biens jusqu’à Bobo-Dioulasso pour un conflit qui éclate à Gaoua (plus de 200 km) ?

Sans aucune raison, rien ne peut justifier que les allogènes ou considérés comme tels deviennent la cible d’une telle colère. Et par la même occasion TPB refuse d’admettre que des peuls soient des réfugiés dans leur propre pays, que toute la communauté peul soit attaquée, massacrée, déplacée et ses biens et son bétail saccagés à chaque conflit, et en appelle au sens élevé de responsabilité des gouvernants pour mettre fin à cette situation inacceptable.

L’Etat Burkinabè doit prendre toutes ses responsabilités pour assurer la sécurité de tous les citoyens là où ils vivent, au lieu d’en faire des réfugiés ; c’est son devoir régalien.

Tabital Pulaaku Burkina réitère toute sa disponibilité à appuyer les autorités compétentes dans la recherche d’une cohabitation harmonieuse intercommunautaires indispensable au développement socio- économique de notre pays et souhaite que les coupables de la mort atroce du jeune KAMBOU soient retrouvés et punis, et que les auteurs des violences soient démasqués et traduits devant les juridictions compétentes.

Aucun crime ne doit rester impuni et chaque burkinabè doit pouvoir jouir de tous ses droits, surtout du droit à la vie !

Par la même occasion TPB invite tous les burkinabè épris de paix et de justice à prendre toute la mesure de la gravité de la situation afin de mettre un terme à ces violences.

Pour le Bureau national
Le président
El Hadj Hassane Barry

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