A Houndé, le collège et la délégation du DPN ont procédé à l’application stricte de la directive à savoir collecter les appréciations sur des fiches individuelles et les transmettre pour dépouillement et appréciation au comité d’étude mise sur pied à cet effet. L’on ne peut qu’apprécier positivement l’attitude de la dite délégation du CDP et du collège ayant séjourné dans le Tuy (réf article 11 de la directive n°2012/0004/CDP/CN/BPN/SEN).
Si à Houndé, on peut se satisfaire du processus, on ne peut pas dire autant pour certaines provinces telles le Yagha et le Soum. Les collèges sous l’égide de la délégation du DPN du CDP ont pratiquement fini les élections par des méthodes dignes des périodes d’exception en ignorant magistralement la directive du parti. Les candidats ont été désignés par vote et classifiés conséquemment au nez et à la barbe de la mission fédérale.
Comment, dans un parti aussi bien structuré que le CDP peut-on faire preuve d’une telle absence d’uniformité dans les procédures aussi déterminantes ? Quel sera alors la tâche du comité d’étude qui doit statuer sur les candidatures ?
D’où le spectre d’un conflit à l’horizon, car le parti n’aura plus de marge de manoeuvre pour mettre en place sa nouvelle vision au risque de frustrer la base. Le parti s’est engagé à s’adapter aux mutations sociales en adoptant un certain nombre de mesures (30% de jeunes et 30% de femmes) ce qui dénote la volonté des responsables d’être plus ou moins en phase avec la configuration sociale réelle de notre pays.
Cependant, nous pensons que certaines structures de base ont largement outrepassé leur prérogative en allant jusqu’à classifier les candidats mettant du même coup le DPN dos au mur. Le bon sens voudrait qu’on soit lucide malgré le désir ardent de changement, on ne change pas pour changer, il doit répondre à un schéma stratégique dont le DPN est le seul pilote. Force est de constater que nous observons comme une forme de dictature de la base, un militantisme tyrannique au nom de l’alternance.
Comment les structures de base peuvent-elles affirmer sans rougir qu’elles ne connaissent pas leurs députés qu’elles ont même aidé à hisser à l’hémicycle deux fois de suite, si ce n’est de la mauvaise foi ou une appétence effrénée de vengeance. A notre humble avis, le CDP n’a pas besoin de ça, car son rayonnement aujourd’hui jusqu’au dernier hameau de ce pays est aussi les fruits de travail de ces anciens à qui nous devons aujourd’hui respect. Regarder dans le rétroviseur ne saurait être un délit, c’est même conseillé.
? Si à un certain moment, à tort ou à raison, la presse a fait cas des zébrures au sein de la direction du parti, cet état de fait ne doit pas toucher la fondation de notre édifice qui est la base.
Il serait alors impératif que les différentes délégations ne se laissent pas divertir par certains individus au point d’accepter une forme d’élection avant les élections ; seule le comité d’étude est habilité à produire des propositions en se tablant sur les appréciations de la base et la démarche stratégique du parti.
La nouvelle stratégie du CDP ne saurait être une forme de conflit de générations, opposant les anciens aux nouveaux ou les pères aux enfants ; mais plutôt opérer en son sein un savant dosage au point que chaque couche sociale s’y retrouve et s’en approprie.
« Il n’existe pas de conflits de générations, il n’y a que de l’intolérance » ; cette assertion de Renée Garneau devrait nous inspirer afin qu’on arrête cette forme de chasse aux sorcières et laisser le comité d’étude travailler sereinement suivant les directives du parti.
Et comme le dernier ver de notre Hymne l’a si bien souligné en ces termes :
Populations d’un Burkina serein
Face à ton réel destin
D’Est en Ouest, par le CDP
Du Nord au Sud, par le CDP
Formons une seule entité
Dans la diversité !
Peuple travailleur et fier
Pour une Nation Prospère !
Amadou TALL
(Militant CDP)


