Administration publique : Pourquoi la RTB 2 porte toujours les stigmates des mutineries de 2011 ?

mardi 21 août 2012

De passage à Bobo-Dioulasso en fin juillet dernier, quelle ne fut pas notre surprise de constater que la chaîne de télévision régionale des Hauts-Bassins, la RTB 2, souffre encore des marques du passage des soldats mutins de 2011 ! Lenteur administrative encore, manque d’initiative de la direction, ou manque d’autonomie de gestion ?

Réagissez à cet article Réagissez

Plus d’une année après le coup de force de la soldatesque dans la capitale économique, Bobo-Dioulasso, et plus précisément dans les locaux de la télévision régionale, la RTB 2, l’on comprend mal pourquoi cet appareil de service public continue de porter les impacts de kalachnikovs. Ceci peut-il s’expliquer par la lenteur administrative tant décriée à bien des égards au Burkina Faso, ou est-ce tout simplement l’insouciance ou l’absence totale responsabilité et d’initiative ? On pourrait tolérer que l’administration publique, au regard des multiples priorités et urgences auxquelles elle doit faire face au quotidien, ne puisse pas tout de suite réfectionner des portes criblées de balles, d’autant plus que cela ne gène pas a priori le bon fonctionnement de la télé.

D’aucuns diront que de toute façon, ces traces de balles sont à peine visibles pour la plupart des visiteurs de cette chaîne régionale. Au nom de l’image que revêt une télévision nationale, fut-elle régionale, toute initiative devrait au plus vite être prise en interne (la RTB 2 dispose sans doute d’un budget de fonctionnement propre) pour faire oublier un tant soit les séquelles de cette page noire de l’année 2011. Les charges de réparation des portes endommagées ne devraient pas coûter des yeux de la tête à la comptabilité de la RTB 2.

Le plus honnête dans cette histoire est que chaque responsable doit s’assumer en sachant prendre des initiatives, sans attendre tout de l’administration centrale. Et si la RTB 2 n’avait pas en réalité le minimum en termes de fonds de roulement pour réparer ses portes ? Déjà qu’elle ne disposerait que deux caméras, dont l’une est continuellement en dépannage à Ouagadougou, dixit la directrice de cette chaîne régionale. Les projets du ministère de la Communication d’installer des chaînes de télévisions régionales sont bien louables et encourageants, mais il faut garantir à celles-ci une certaine autonomie réelle dans leur fonctionnement. Le fameux développement durable dont on parle tant de nos jours passe aussi par là.

Hermann GOUMBRI

Le Progrès, Bimensuel d’informations générales

Imprimer l'article

Ajouter un commentaire


Votre nom (ou pseudonyme) :
Votre adresse email :

Vos réactions


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2013 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés