Le moins qu’on puisse dire, le ministre Alain Edouard Traoré n’a pas des vacances de tout repos. En effet, alors qu’il est censé être en vacances, il était à Bobo-Dioulasso, pas pour se reposer, mais… pour travailler. Il a mis ses vacances à profit pour expliquer, aux forces vives de 5 régions du Burkina, le plateau technique national de la communication que son département entend déployer pour couvrir l’ensemble du territoire national. Pour que chaque Burkinabè, dans la localité la plus reculée, se sente membre de la communauté nationale. Après les régions du Sud-Ouest et des Cascades puis des Hauts-Bassins, le ministre mettra le cap sur celles du Nord et de la Boucle du Mouhoun. Pour lui, la communication est un domaine de souveraineté.
Or, le constat est que beaucoup de nos populations frontalières ne reçoivent les informations que des médias étrangers. Cela pose problème lorsqu’il s’agit d’expliquer les politiques de développement de l’Etat. C’est du reste, l’argument qu’il aura développé en Conseil des ministres pour convaincre le gouvernement à débloquer la somme de 15,5 milliards de nos francs pour le développement de la communication. Une somme mobilisée à travers un prêt auprès de la CNSS (13 milliards) et de la SONAPOST (2,5 milliards).
Un plateau technique à 6 niveaux
Avec le nouveau déploiement, la Radio télévision du Burkina (RTB) sera davantage déconcentrée. Au premier niveau, il y aura les stations de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, fortement équipées, avec des centres émetteurs beaucoup plus performants. Le second niveau de performance concerne 6 régions dont les chefs-lieux sont distants de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso de 150 à 250 Km. Des unités télés y seront mises en place. Au 3ème niveau, dans les régions dont les chefs-lieux sont à environs 100 km de Ouaga et de Bobo, des unités permanentes de reportages seront installées.
Le 4ème niveau est celui des corridors frontaliers. Des équipements de réception télé et radio y seront implantés. Le 5ème niveau est relatif à Sidwaya Bobo. Une imprimerie sera créée pour permettre l’impression simultanée du journal à Ouaga et Bobo afin qu’il soit disponible plus tôt dans la partie Ouest du pays. Elle sera aussi à la disposition de la presse privée.
Le 6ème niveau est la couverture des voyages présidentiels. Un kit de reportage télé sera acquis pour permettre la diffusion en temps réel des activités du président du Faso par la TNB. Outre cela, la Société burkinabè de diffusion sera créée. Les centres émetteurs seront reversés à cette nouvelle structure qui sera à la disposition, aussi bien des télés et radios publiques que privées. Car, avec le basculement de la diffusion en numérique à partir du 17 juin 2015, les coûts de diffusion ne seront plus à la portée d’une seule chaîne. L’heure est donc à la mutualisation des ressources.
Dans la même lancée, la réflexion est en cours en vue de la création d’une messagerie de presse. Elle permettra aux éditeurs de presse écrite de minimiser les frais de distribution tout en augmentant leur tirage. C’est dans la même dynamique qu’il est prévu la création d’un club de la presse à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Le temps presse, car en dehors de la Société burkinabè de diffusion, tout le reste devra être en place avant les élections couplées municipales et législatives du 2 décembre 2012.
Pas de langue de bois avec les journalistes
Qui connaît le ministre Alain Edouard Traoré, n’a pas été surpris par son langage direct avec les acteurs de la presse. Il n’est pas passé par quatre chemins pour leur dire en face, les manquements et insuffisances dont souffre la presse burkinabè. Qu’il s’agisse de la course aux perdiems, du manque d’humilité de certains confrères, du niveau approximatif d’autres, le ministre de tutelle des hommes et femmes de média n’a pas fait dans la dentelle. Il les a invités à toujours avoir en tête leur responsabilité sociale, et faire preuve de professionnalisme en respectant les règles d’éthique et de déontologie. Il a regretté que certains journalistes, lorsqu’ils prennent leur plume, se comportent en militant de parti politique. Un journaliste a le droit de militer dans un parti politique, mais lorsqu’il exerce sa profession de journaliste, il doit se départir de sa casquette politique, a fait entendre le ministre Traoré.
Aly KONATE (alykonat@yahoo.fr)
L’express du Faso



