On comprend difficilement pourquoi nous abandonnent-ils tant au moment où nous avons besoin de soutien ? Même moral ? La rupture est-elle définitivement consommée entre les députés actuels et les populations ? Ou bien nos honorables députés ne se sentent plus suffisamment concernés par les difficultés des populations qui les ont tous portés là où ils ont été pendant 5 ans plus un bonus d’une année ? Même les campagnes de reboisement qu’ils ont l’habitude de parrainer semblent ne plus les intéresser. N’est-ce pas ce type de comportement qui fait dire aux populations qu’en réalité les députés n’ont besoin d’elles que lorsqu’ils sollicitent leurs votes ?
Même s’ils seront nombreux à ne plus solliciter le suffrage des électeurs à la prochaine élection, ils contribuent actuellement à creuser la fracture entre le citoyen et le député. Et en même temps, ils donnent une image du député que n’est pas forcément la sienne. Car le député en dehors du fait qu’il vote la loi et consent l’impôt et contrôle l’action du gouvernement est tout d’abord un élu du peuple. Autrement dit, en tant que tel, il est proche des populations. Dans les moments de joie comme de peine. La période actuelle en est véritablement une.
A la place des députés, le gouvernement a bien pris le relais. Le Premier ministre chef de l’Exécutif avec son patron de président ont donné les consignes. D’abord à travers la campagne Assainissement total porté par les leaders. Un programme du chef de l’Etat. Ensuite à travers la campagne de reboisement. Et enfin, le marquage serré à travers la communication avec les personnes ressources sur tous les sujets et actions qui peuvent servir à booster le développement dans les différentes régions du pays. Luc Adolphe Tiao lui-même a d’abord donné l’exemple par son enrôlement dans le Pouni, ensuite par des dons de plusieurs tonnes de vivres à des personnes vulnérables, et enfin par des rencontres dans les régions et des visites sur des chantiers de développement.
Quant à ses ministres, ils ont également envahi le pays pour offrir des vivres aux populations, et discuter avec elles sur leurs préoccupations majeures. Ceci afin de les engager à prendre aussi en main leur développement. Car le gouvernement ne peut pas tout faire. Ce qui va lui permettre à la rentrée en septembre d’avoir un tableau de bord pour amorcer la nouvelle année avec de nouveaux engagements et défis. Dont justement celui de réussir les élections couplées municipales et législatives dans la paix, la quiétude et la concorde.
Des élections qui consacreront les réformes politiques et institutionnelles qui ont fait l’objet de consensus au cours des assises nationales organisées dans le cadre du Conseil consultatif sur les réformes politiques et institutionnelles. Et qui vont consolider le processus démocratique à travers la 5e législature et le renforcement de la communalisation intégrale. Vous comprenez qu’on ne comprenne pas l’absence quasi-totale des députés pendant cette période ?
Dabaoué Audrianne KANI
L’Express du Faso



