Lettre ouverte à l’obscur Monsieur Bigot !

vendredi 10 août 2012

Il y a déjà plus d’un mois, le petit fonctionnaire français que vous êtes, au cours d’un débat auquel vous participiez, rayait d’un trait de plume l’avenir du Mali et, au passage, prévoyait l’effondrement prochain du Burkina Faso pour lequel vous n’aviez pas de mots assez durs…Tout cela, précisiez- vous, « à titre personnel » et en termes bien peu diplomatiques !

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Ainsi en moins de quatre ans, Monsieur Bigot, vous vous êtes fait une religion, je sais c’est un peu facile mais comment y résister, de ce qu’était la politique africaine de la France… Soit vous êtes supérieurement intelligent, soit incroyablement superficiel !

Quoiqu’il en soit on croyait révolu le temps de « l’ancien régime », celui de Nicolas Sarkozy, au cours duquel « conseillers » et autres fonctionnaires oubliaient leurs devoirs fondamentaux de réserve et s’exprimaient au nom de leurs ministres, voire du Président !

On croyait révolu le temps des officines chargées de « dézinguer » tel Etat, ou tel Chef d’Etat !

Et bien non, ces temps ne sont pas révolus et vous venez de le démontrer en assénant, « à titre personnel », des contrevérités relevant des responsabilités de votre ministre et surtout de celles du domaine réservé de votre Président !

Pour ceux que cela arrangeait l’obscur personnage que vous êtes devint même fonctionnaire de « haut rang » !

D’autres virent même dans cette pantalonnade (pardon, une fois encore, pour la facilité) la main du Président français !

Une main qui, dégagée de la pantalonnade, leur donna vite une claque lorsque Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères français, déclara : « Tout propos tenu qui n’est pas conforme à ce que je dis n’engage ni le ministère, ni la France »…

Alors Monsieur Bigot qu’attendez-vous, maintenant, « à titre personnel », pour démissionner ?

J’ai attendu, je ne vous le cacherai pas, cette mise au point de la France, par la voix de son ministre, avant de vous écrire. Une réaction tardive certes, mais, heureusement, sans ambiguïté !

Vos propos « postcoloniaux », fussent-ils « à titre personnel », aussi ridicules que pathétiques, m’ont rappelé l’esprit du fameux et pitoyable « discours de Dakar », écrit lui aussi par un « conseiller », certes moins obscur que vous !

J’ai donc tenté de mieux vous connaître en interrogeant les « pythies » du 21ème siècle, Internet et Google !

Si l’on excepte votre quart d’heure de célébrité du 2 juillet 2012, celui qu’Andy Warhol nous accorde tous, multiplié à l’infini, rien ou presque vous concernant…

De nombreux homonymes, marionnettiste, chanteur, artiste de cirque, comique et même rocker… Finalement, le talent et les responsabilités en moins, vous vous inscrivez bien dans cette lignée de personnages de variété amusants et superficiels !

Mais qui donc vous connaît ?

L’ancien ministre Alain Juppé, peut-être ? Puisque vous apparaissiez, il y a 3 ou 4 ans dans son organigramme…Mais même de cela, en toute connaissance de cause, je doute !

Moi, de vous, je ne me souviens que de votre fulgurante analyse qui consistait à sauver le sinistre Laurent Gbabo en l’associant au Président Ouattara… Vous étiez, en ce temps-là, en quelque sorte, le troisième « Pieds Nickelés » avec les avocats Dumas et Vergès ! Mais quelle idée de génie, De Gaulle choisissant Laval Premier ministre !

Vous êtes également persuadé que l’ex Président Malien Konaré, aurait choisi ATT comme successeur et que l’élection de ce dernier n’aurait été que mascarade… Que ne l’avez-vous dénoncée en son temps ? Complicité ou mensonge ?

Vous êtes drôle finalement… Mais c’est involontaire et vos plaisanteries ne vous font même pas rire !

Je n’évoquerai pas vos abjectes attaques contre le Burkina Faso, qui relèvent au mieux d’une méconnaissance totale de l’ouest-africain (dont vous avez dit-on la charge…Pauvre France !), au pire d’une mauvaise foi et d’une volonté de nuire délibérée. Pour ma part, comme vous « à titre personnel », je retiens la seconde hypothèse.

Le ministère des Affaires Etrangères du Burkina Faso vous a répondu clairement et point par point (voir texte ci-après), je ne vois donc pas la nécessité d’ajouter quoi que ce soit… Sauf peut-être ceci !

Vous qui semblez si sceptique, et de si mauvaise foi, sur le rôle du Médiateur Blaise Compaoré, dites-moi où et quand, à la suite d’un « coup d’Etat » militaire, quelqu’un est parvenu, comme Blaise Compaoré au Mali, à contraindre l’Armée à regagner ses casernes en moins d’une semaine et à rétablir, dans le même temps, l’ordre constitutionnel ?

Vous qui représentiez la France lors de la signature d’un accord de défense avec le Togo en 2009, en pleine épidémie de grippe (raison pour laquelle vous avez peut-être été choisi…) vous vous réjouissiez, je vous cite, que « le Togo, sous l’égide de son Président Faure Gnassimbé, soit engagé sur la voie de la réconciliation politique afin d’ancrer durablement le pays dans la démocratie après la transition difficile de 2005…. ». Vous rendiez ainsi un bel hommage à Blaise Compaoré l’artisan de cette réconciliation… Hommage probablement involontaire car, manifestement vous ne saviez pas tout, même « à titre personnel » !

Vous qui évoquez l’absence d’armée au Burkina Faso, revoyez, je vous prie vos dossiers, ou au moins ouvrez les ! Vous constaterez le nombre très important de contingents burkinabè intervenant dans les opérations de pacification de l’ONU, de l’Union Africaine et de la Cédéao dans les zones de conflits. Et, si cela est un peu trop ardu ou complexe pour vous, consultez donc les palmarès des grandes écoles militaires françaises, vous savez votre pays, vous y trouverez, depuis des années, des burkinabè classés en tête de listes !

Certes le Burkina Faso n’a ni une armée conseillée par BHL, ni les moyens de s’endetter de quelques centaines de millions d’euros pour s’engager, à crédit, dans de hasardeux combats…Mais aujourd’hui, c’est pourtant le Burkina Faso, qui est chargé d’assumer les conséquences de nos inconséquences ! Le reconnaîtrez-vous enfin ?

Vous terminiez votre péroraison « à titre personnel » de début juillet, obscur Monsieur Bigot, par une formule stupide mais enfin honnête : « je n’ai pas de solution ».

Moi j’en ai une : Donnez votre démission !

Et devenez, « à titre personnel », majordome de votre « homo », comme on dit en Afrique, un autre Laurent, Gbagbo celui-ci… Votre ami est si seul dans sa cellule en Hollande !

Jean R. Guion
Président du CISAB, pas à titre personnel !

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