A ces conseillers, il va falloir que le prochain conseil inscrive à l’ordre du jour une communication qui pourrait être donnée par la Fondation Anselme Sanon sur la « gestion non-violente des conflits ». A l’image de la conférence publique qu’elle a organisée, il y a quelques jours à Bobo-Dioulasso même, à l’endroit des jeunes sur la même question. En effet, comment peut-on comprendre qu’au moment où le pays est en train de sortir d’une vague de manifestations violentes que tout le monde a dénoncées, que des conseillers municipaux dignes de ce nom se comportent d’une manière si lamentable ?
Comme s’ils avaient oublié ce que le pays a vécu ; ce que certains conseils municipaux ont enduré. Que donneront-ils comme conseil aux jeunes ou aux populations qui, dans certaines communes, sont allés fermer par la force les portes du conseil municipal après avoir « jeté » le maire et les conseillers dans la rue ? Que donneront-ils comme conseil à tous ces gens qui ne comprennent, malheureusement comme eux, que le langage de la force ? C’est simplement honteux ! C’est encore dans cette catégorie de conseillers qu’on recrute ceux qui s’en sont littéralement pris à un journaliste qui n’a fait que son travail en rendant de mauvais que de rendre compte tout simplement compte d’une situation qu’eux-mêmes conseillers ont déplorée. C’était il y a quelque temps au conseil d’arrondissement de Konsa.
Ce jour-là, il a fallu la « sagesse » du maire pour les ramener quelque peu à la raison, qu’ils semblaient avoir perdu ce jour-là. Si j’étais un président de parti politique, cette catégorie de conseillers ne figurerait plus jamais sur mes listes électorales. Car, à voir de près ou de loin, ils ont leur place ailleurs et non dans un conseil municipal. Dans tous les cas, qu’ils comprennent que l’argument de la force est bien révolu. On réfléchit désormais par la tête et non plus par des coups de poings ou de bâtons. Même dans la pratique de la boxe, on réfléchit. De toutes les façons, ces genres de comportements seront toujours dénoncés tant qu’ils se produiront. Car, ils contribuent à « salir » l’image de la ville de Bobo-Dioulasso.
Pendant que nous y sommes, il faudrait que les partis politiques, en plus des critères qu’ils mettront en place et qu’il faut remplir pour être conseiller municipal ou député, commanditent des enquêtes de moralité sur les candidats qu’ils présenteront. Car, franchement, les populations veulent des personnes modèles, responsables et dignes pour conduire leur avenir et leur développement. C’est tellement noble d’être conseiller municipal et honorable d’être député qu’on se demande si certains n’ont pas « fraudé » pour l’être aujourd’hui. Il faudra regarder de très près cette question au sein des formations politiques qui veulent véritablement participer aux débats qui conditionnent l’avenir de la nation, des générations futures. Nous y avons tous intérêt.
Dabaoué Audrianne KANI
L’Express du Faso


