On notera aussi que, dans la province du Passoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès n’a pas digéré sa situation d’opposant au sein du Conseil municipal de la commune rurale de Téma-Bokin. Depuis un certain temps, il a commencé les manœuvres pour laver ce que sa section provinciale considère comme un affront. Tema-Bokin est, en effet, située dans la région du Nord, zone par excellence des bonzes du pouvoir.
En effet, Ouahigouya, le chef-lieu de la région, est la base de Robodépé, même si lui-même n’est plus en première ligne dans le combat politique du Nord. La belle-mère nationale est de Gourcy, autre commune urbaine du Nord. Que dire alors de Yako, chef-lieu de la province du Passoré, sous coupe réglée des Diendéré, dont l’homme a fait pratiquement ce régime en tout cas du point de vue militaire. Dans ce contexte, Tema-Bokin la frondeuse donne des insomnies au gotha du CDP.
Les militants se sont juré de prendre les choses en main. Ainsi, dès 2010, à quelques mois de la présidentielle, le CDP avait fait une démonstration de force à Téma-Bokin. Toute la crème du parti avait fait cette descente, au prétexte de sceller la réconciliation entre militants du parti. Personne n’est dupe pour comprendre qu’il s’agissait à l’époque déjà d’envoyer un message fort au parti de l’œuf. Même si la présidentielle a été mise en avant, tous avaient conscience que le vrai combat était celui des municipales. Les responsables locaux du parti au pouvoir l’ont clairement affirmé lors des « journées-bilans » tenues le dimanche 15 juillet 2012 à... Téma-Bokin.
C’est donc chez le patron de l’Unir/PS que les élus CDP du Passoré sont allés faire de la provocation. La bataille s’annonce rude dans le village natal du père de la Révolution burkinabè entre ceux qui ont “fait” Thom Sank et ceux qui veulent se faire une place au soleil par son nom. C’était donc à tort que certains analystes avaient cru que le CDP avait renoncé à sa politique de tuk guili.
Faut-il pour autant blâmer cette formation politique pour son envie de mettre toutes les communes du Faso sous sa coupe ? Certainement pas, d’autant plus que la raison d’être de tout parti est de convaincre pour s’attirer le maximum d’électeurs. Il reste maintenant à espérer que dans cette lutte acharnée, les partis en compétition restent respectueux des règles du jeu démocratique.
Après tant de sacrifices en milliards de francs CFA pour l’introduction de la biométrie, les acteurs politiques ne doivent pas tout ruiner en s’adonnant à des achats de conscience et autres utilisations abusive des biens de l’Etat. Cette hargne de conquérir ou de garder Téma-Bokin doit se faire par des bilans comparés.
Les “cdpistes” doivent montrer ce qu’ont pu réaliser les autres communes de la province dirigées par leur parti et que Bokin n’a pas pu par la faute de son conseil municipal. De même, on attend des militants du parti de l’œuf qu’ils disent le plus qu’a obtenu cette localité sous le mandat de l’Unir/PS.
Adam Igor
Journal du Jeudi



