Il s’agit en fait, de certains des anciens quartiers de la ville. Parfois, l’échec d’un avortement aboutit au statut de fille-mère. Très souvent, des gamines (entre 12 et 17 ans), se voient devenir responsables sans le vouloir et sans avoir les moyens d’assumer cette lourde responsabilité. Après un premier enfant, la voie est tracée pour un deuxième, puis un troisième. Une fille déjà mère, si elle n’a pas le soutien de sa famille, devient plus vulnérable à la prédation des hommes, jeunes comme mariés.
Pourtant, force est de constater que des Bobolaises rivalisent pour être filles-mères. « Ma copine a accouché. Je vais en faire moi aussi. D’ailleurs, il faut le faire vite pour recommencer sa vie de jeune fille », soutiennent certaines. Pour d’autres, c’est la fierté d’avoir l’enfant de tel monsieur pour « faire du mal » à telle femme rivale. Il n’est pas rare également de les entendre se conseiller que pour garder un homme, il faut user de tous les moyens dont le plus efficace pensent-elles serait d’avoir un enfant de ce dernier. Entre copines, elles se disent que les hommes honnêtes n’existent plus, mieux vaut donc faire un enfant, quitte à ne pas avoir un foyer, ou encore il faut tout simplement le faire pour le faire.
Qu’à cela ne tienne, certaines affirmations pointent du doigt la frivolité des filles bobolaises qui se laissent souvent allées sans trop réfléchir. A tort ou à raison, elles sont accusées et sont étiquetées de tous les stéréotypes. Ceux qui le disent, ont-ils raison ? On ne saurait y répondre. Mais il faut quand même admettre que certaines filles ont des comportements à bannir. Tel le cas de cette fille de 15 ans, élève en classe de 4ème dans un lycée de Bobo-Dioulasso qui attend aujourd’hui un enfant dont elle ne connaît pas le père. En voici donc une future fille-mère qui devra s’occuper de son enfant toute seule. Certes, on dira que la faute vient toujours des filles, qui feignent ne pas savoir ce qu’elles veulent, alors que la responsabilité des hommes n’est pas à exclure.
Comment peut-on nier un acte qu’on a commis lorsque celui-ci devient irréparable ? Malheureusement, beaucoup sont ces hommes qui refusent catégoriquement une reconnaissance de paternité. Ils passent de fille en fille, distribuent des grossesses, mais ne sont jamais pères. Les filles qui sont dans ces situations optent très souvent pour la solution de l’avortement dont les conséquences peuvent être fatales. De toute évidence, être fille-mère n’est pas à priori mauvais pour peu qu’on puisse assumer les responsabilités. Mais le meilleur conseil, c’est de prendre ses précautions pour ne pas tomber dans la situation et au mauvais moment. C’est nettement mieux.
Bassératou KINDO
L’Express du Faso



