La 12e Rencontre gouvernement-secteur privé s’est voulue une édition de bilan des 11 dernières. Ce souci de « regarder dans le rétroviseur » n’a pas enlevé au cadre de dialogue, son objectif premier. Comme toujours donc, les représentants d’une trentaine d’unions, de fédérations, d’associations et de syndicats des acteurs du monde des affaires ont posé au gouvernement, les obstacles qui entravent l’épanouissement de leurs activités. Saluant la tenue régulière des échanges, les participants ont souhaité qu’ils se tiennent à l’avenir en deux jours, pour leur donner plus de temps de parole. C’est le Conseil national du patronat burkinabè qui a exposé en premier, ses préoccupations. Ses responsables ont évoqué un faible taux (42%) de satisfaction des besoins exprimés par le secteur privé et la lenteur du gouvernement dans les réponses.
Le patronat a aussi souhaité la création d’un cadre de concertation gouvernement-patronat. La Maison de l’entreprise pour sa part a plaidé pour un meilleur suivi de la mise en œuvre des recommandations de la rencontre. Comme la plupart des intervenants, la Chambre des métiers de l’artisanat a souhaité une fiscalité allégée. Elle a par ailleurs demandé qu’on lui octroie des marchés pour la confection de tables-bancs, de tenues administratives et de pagnes confectionnés à l’occasion de la célébration du 8-Mars. Contribuant à la création de 1800 emplois directs et à 15% au PIB, les acteurs du secteur minier souhaitent l’aménagement de l’environnement (voies et éclairage) des unités. Le syndicat des commerçants importateurs du Burkina et d’autres structures ont rappelé l’insécurité qui entoure leurs investissements et ont exhorté l’Etat à veiller à un climat plus sécurisé. Les courtiers d’assurance ont également pointé du doigt la corruption et la concurrence déloyale, le non-respect de l’éthique et de la déontologie et un besoin pressant d’assainir le secteur.
Les transporteurs routiers ainsi que leurs syndicats ont salué la mesure d’importation hors taxe, hors douane des véhicules pour renouveler leur parc. Ils ont néanmoins plaidé pour la lutte contre les tracasseries et les braquages dans les pays voisins. Les taximen sont revenus sur le silence de leur ministère à propos du renouvellement du parc des taxis au Burkina Faso. Les établissements privés laïcs ont ramené sur la table, la question des taux horaires de vacations relevés par le gouvernement pour apaiser la crise des enseignants de Bobo-Dioulasso. Les industries agroalimentaires, les promoteurs des cliniques, des cabinets de soins, les géomètres, les restaurateurs et hôteliers, les promoteurs de mini laiteries, les sociétés privées de sécurité et les syndicats des commerçants de céréales ont exposé leurs problèmes.
Il en est de même des organisations syndicales des commerçants, des exportateurs de bétail, des cinéastes, des experts comptables et fiscaux, des femmes chefs d’entreprises, des PME/PMI, des associations de l’économie informelle, les syndicats des bâtiments et travaux publics et les réseaux de professionnels des Technologies de l’information et de la communication (TIC). A toutes ces préoccupations, les membres du gouvernement ont informé les opérateurs économiques qu’un certain nombre des textes sont en cours d’élaboration. Il s’agit entre autres, du Code des investissements dans le secteur agricole, de la loi sur l’investissement privé, du registre des sociétés et des professions, d’une étude sur la possible révision du coût de l’énergie et d’une convention sur les taux de vacation. Aussi, la réalisation d’infrastructures comme l’abattoir frigorifique de Bobo-Dioulasso, de petites zones industrielles à la sortie des grandes villes et une industrie de production d’aliments pour bétail est déjà inscrite au programme du gouvernement. Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a estimé que la tenue de la rencontre en deux jours ne pose pas problème, si les deux parties sont d’accord sur le principe de dialogue fécond.
Il a rappelé que le Burkina Faso est dans une communauté sous-régionale et que les textes sur la fiscalité obéissent aux normes de la CEDEAO et de l’UEMOA. « Le pays ne peut pas se développer sans la fiscalité, même s’il ne faut pas que la fiscalité empêche la prospérité de vos entreprises. L’incivisme fiscal est monnaie courante et il faut que chacun s’acquitte de ses obligations », a-t-il dit aux opérateurs économiques. Proposant la nécessité de tenir des assises sur la fiscalité, il a souhaité l’étroite participation du secteur privé dans la réussite de la SCADD, à travers les projets majeurs comme le Pôle de croissance de Bagré et l’aéroport de Donsin. S’agissant des attentes du gouvernement, le Premier ministre a exhorté les opérateurs économiques à une bonne exécution des chantiers comme le faisait feu El Hadj Oumarou Kanazoé, « un exemple d’exigence et de qualité ».
Enfin, le chef du gouvernement a remercié les opérateurs économiques pour leur solidarité à l’égard des populations lors de chaque moment difficile que connaît le Burkina Faso.
Jean-Marie TOE
Sidwaya



