« C’est un défi pour nous tous. Parlons-nous franchement. Si une femme a honte parce qu’elle a mal gérée sa maison, c’est la honte à nous tous. Il nous faut partager les bonnes expériences et tirer les leçons des erreurs afin de remettre les maisons de la femme dans une dynamique », a indiqué Dr Nestorine Sangaré, ministre de la Promotion de la femme, dans son mot introductif à la restitution des résultats de l’étude. L’objectif principal de l’étude est d’identifier et d’analyser les modes de fonctionnement de ces maisons par rapport aux missions et objectifs qui leur sont assignés et d’autre part, de proposer les changements y afférents pour l’atteinte de ces objectifs.
Faut-il le rappeler, l’objectif premier assigné aux maisons de la femme, considérées comme cadres d’émergence de l’épanouissement des femmes, c’est la promotion des actions féminines en vue de l’amélioration des revenus et des conditions de vie des femmes de la province. Dans cette optique, la maison de la femme est un leu où les femmes peuvent normalement se retrouver pour mieux poser et discuter de leurs problèmes collectifs et partager leurs aspirations. La maison de la femme était donc conçue comme un moyen pour les bénéficiaires de surmonter les pesanteurs socioculturelles auxquelles elles sont souvent confrontées dans la société.
Mais, après plus de dix ans d’expérience, force est de constater que les résultats escomptés de ces maisons de la femme n’ont pas du tout été atteints. L’on note par exemple des insuffisances dans la gestion et souvent des dysfonctionnements criards. Les résultats de l’étude sont plus explicites : Non respect, sinon ignorance des textes régissant les sociétés coopératives ; méconnaissance des missions et rôles ; conflits latents entre acteurs ; sous exploitation des installations ; confusions de rôle ; non renouvellement des comités de gestions ; faible participation ou association des femmes aux activités des maisons. Bref, un sombre tableau devant lequel Nestorine Sangaré n’est pas restée de marbre.
La ministre de la Promotion de la Femme pense en effet que le moment est venu de se regarder dans la glace, de tirer les enseignements des manquements et d’envisager des actions pour aller de l’avant. Il le faut d’autant plus que le Programme PPTE dans le cadre duquel les maisons de la femme ont été construites est à terme, ne serait-ce que pour éviter que ces infrastructures édifiées à coût de centaines de millions, voire de milliards, ne sombrent dans de délabrements indescriptibles. Le gérant du cabinet ayant mené l’étude, Olé Alain Kam, invite, pour sa part, les gestionnaires des femmes à respecter la règlementation en vigueur, à se doter de véritables plans de gestion et de communication. C’est à ce prix, leur dit-il, qu’on les prendra au sérieux. En tout cas, le diagnostic de l’étude est assorti de recommandations et d’un planning d’actions visant le renforcement des Maisons de la femme du Faso.
Grégoire B. BAZIE
Lefaso.net




