UPR/ Mouhoun : Des démissions en masse

lundi 23 juillet 2012

C’est un coup dur pour le parti de l’Union Pour la République (UPR) à la veille des élections couplées législatives et municipales de 2012. Quatorze conseillers municipaux, membres de la section provinciale du Mouhoun, quittent le parti après environ une dizaine d’années de loyaux services. Morceau choisi par ces derniers : Toussaint et l’UPR nous ont longtemps « roulés dans la farine ».

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Dame rumeur l’avait annoncé. Certains journaux de la place l’avaient même confirmé preuves à l’appui. Cette situation avait aussitôt suscité la réaction du directoire du parti avec des « mises en garde » à l’endroit d’un correspondant de presse. Eh bien, l’information faisant cas de démissions au sein de l’UPR/ Mouhoun est plus que désormais confirmée. Autrement dit, il y a eu bel et bien démission au sein du parti UPR section du Mouhoun.

Au nombre de quatorze, les membres démissionnaires sont tous des conseillers municipaux répondant au nom de plusieurs villages rattachés à la commune de Dédougou que sont Fakouna, Koré, Koukatenga, Zakuy, Passakongo, Ouétina, Paradé, Kounadia, Toroba, Koran et Sagala. Onze localités auxquelles il faudra aussi ajouter le secteur 3 de Dédougou qui enregistre également la démission du conseiller UPR. Au cours du point de presse qu’ils ont animé pour la circonstance, le samedi 21 juillet 2012 au CLAC de Dédougou, les désormais « ex-conseillers » du parti de l’Union pour la République ont livré aux hommes de media les vraies raisons de ces démissions, estimant que le parti n’a pas atteint les objectifs escomptés durant ces six années de mandature.

« Le président de l’UPR est venu nous voir nous promettant au cas où nous votons pour lui, de nous faire bénéficier d’un certain nombre de réalisations. C’est ainsi qu’il avait promis des moulins aux femmes et un « appui » dans la maraîchéculture. Aux jeunes, il avait promis des emplois et aux vieux un autre appui dans le secteur de l’élevage. Jusqu’à présent, nous n’avons rien constaté », clame Théophile Bombiri, conseiller de Passakongo. Pour le conseiller Raguenesse Romba du village de Koukatenga, l’UPR n’est pas du tout reconnaissante.

« Auparavant, le président se déplaçait jusqu’ici dans le village pour nous saluer. Depuis qu’il a eu du succès, il nous a abandonnés. Lorsque le mois de janvier survient, il nous envoie des calendriers, comme si nous l’avons voté rien que pour ces bricoles. Nous avons besoin de soutiens pour le développement de notre village ». Et au conseiller Paul Kientéga du village de Fakouna par ailleurs membre du bureau provincial, de renchérir : « nous nous sommes sacrifiés pour ce parti pendant plusieurs années sans en tirer meilleur profit pour le développement de nos localités respectifs. L’UPR n’a rien fait pour quelqu’un ici parmi nous, comme l’attestent certaines langues. Des conseillers ont demandé des simples téléphones portables au président, mais sans succès.

Ce n’est pas le seul parti ; nous allons militer au sein des partis politiques qui songent réellement au développement ». Mais la question que l’on se pose à présent, c’est de savoir quel sera désormais le « point de chute » de ces conseillers démissionnaires ? Au cours des échanges avec les hommes de média, les conférenciers se sont retenus de faire toute déclaration relative à cette préoccupation. En entendant une éventuelle information à ce sujet, des sources dignes de foi laissent présager que ces ex-conseillers de l’UPR vont dans les jours à venir, « déposer leurs valises » au sein de la Convention des forces démocratiques du Burkina Faso (CFD/BF) le parti de l’honorable député Amadou Zon. Vrai ou faux, une chose est sûre ces départs qui s’annoncent à la veille des élections couplées législatives et municipales de 2012 portent un « coup dur » sur l’avenir du parti de l’Union pour la République dans la province du Mouhoun voire dans toute la région.

Selon certaines indiscrétions, d’autres départs non moins importants sont annoncés dans les jours à venir. Cette fois-ci ils pourraient concerner la zone de Soukouy, fief du président du parti, Abel Toussaint Coulibaly.

Ousmane TRAORE

L’Express du Faso

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