Salamata Sawadogo a indiqué au cours de ce point de presse que les contestations des décisions de justice ne constituent pas, en réalité, un phénomène nouveau sous nos cieux et qu’elles sont communes à toutes les sociétés. Mais que ce qui est déplorable au Burkina, de son avis, c’est que ces contestations ne sont pas faites dans les règles de l’art. « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est simplement une défiance vis-à-vis de l’autorité de l’Etat » a souligné Mme Sawadogo. Et la Garde des sceaux d’ajouter que cette façon de faire n’est pas légale et admise dans un Etat de droit. « Si la justice n’est pas respectée, plus rien ne sera respecté dans ce pays », a t- elle indiqué.
Selon elle, le besoin d’une justice plus crédible, exprimé par les Burkinabè est certes fondé. Mais que les lenteurs constatées ça et là, dans le rendu des décisions ne sont pas seulement le fait des acteurs de la justice. « Il y a des lenteurs qui sont imputables aux partis », a t- elle signifié. Toutefois, a expliqué la ministre de la Justice, des actions seront menées par le gouvernement en vue d’améliorer les conditions de travail des magistrats tout en augmentant leur nombre.
« Nous sommes aujourd’hui à un ratio de moins de 3 magistrats pour 100 000 personnes, a révélé Mme Sawadogo, alors que la demande en matière de justice s’accroit de jour en jour ». Elle a également martelé que contrairement aux idées reçues, la justice burkinabè n’appartient pas aux plus forts et aux riches et que même si cette justice n’est pas parfaite, il y a des justiciables qui sortent tout de même satisfaits des Palais de justice.
La ministre a annoncé la création d’une école de formation aux métiers de Justice, ainsi que le perfectionnement du recrutement et de la formation des personnels judiciaires. Il est également prévu pour l’année en cours, la reforme de l’organisation judiciaire et la lutte contre l’insécurité législative et judiciaire par l’adoption d’un texte. « D’autres actions, telles que la fixation de délais de traitement des dossiers par un texte, l’élaboration d’un rapport annuel à cet effet, etc. viendront renforcer l’efficacité de notre justice », a laissé entendre Mme Sawadogo.
Pour leur part, les ministres en charge de la Communication et de l’Elevage ont présenté les grands projets de leur ministère pour les trois années à venir.
Toutefois le second, est revenu sur "l’éviction" récente du directeur de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques, expliquant que le départ de ce dernier de la tête de cette structure, décidé en conseil des ministres le 18 juillet dernier, n’avait aucun lien avec la récente publication du rapport d’enquête parlementaire épinglant sa structure. Il a également annoncé que dans le cadre du mois de jeûne, le gouvernement a fixé le prix du kilogramme de sucre granulé à 600 F CFA au maximum et celui du sucre en carreau à 750 F CFA maximum le paquet. « Il faut dénoncer tout commerçant qui ira au delà », a lancé Alain Edouard Traoré.
INOUSSA OUÉDRAOGO (COLLABORATEUR)
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