Nous sommes le 29 juin 2012. La salle de la Fondation Félix Houphouët Boigny est comble. La cérémonie d’ouverture du sommet est prévue pour 10h00. On n’est pas à Ouagadougou où ce genre de cérémonies commence toujours à l’heure pile. Il fallait donc patienter …pendant 1h30. C’est donc à 11h30 que les chefs d’Etat et de gouvernement sont annoncés. Comme un seul homme, la salle se met debout avec des ovations. L’hymne de la CEDEAO est entonné. Quinze personnalités sont au présidium dont huit chefs d’Etat venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Libéria , du Niger, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo. La Guinée Bissau était représentée par son président intérimaire tandis que le Mali était représenté par son Premier ministre.
Le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana, la Guinée Conakry et le Nigéria se sont fait représenter par leurs ministres en charge des Affaires étrangères. Le président en exercice de la CEDEAO, l’Ivoirien Alassane Ouattara, est le premier à prendre la parole. En 15 mn, il a fait le tour des préoccupations. Celui-là qui n’a pas oublié la presse dans sa préséance, a félicité Kadré Désiré Ouédraogo pour son « dynamisme et son dévouement ». C’est seulement à l’issue de cette intervention que la Fondation Félix Houphouët Boigny s’est transformé en palais de Justice. Le président de la Conférence, Alassane Ouattara, invite la présidente de la Cour de justice de la CEDEAO, l’honorable juge Awa Nana Daboya, à faire prêter serment au président de la Commission. Il est 11h46 mn. Il demande au président du Conseil des ministres, Daniel Kablan Duncan, de rappeler l’acte juridique nommant le président de la Commission et de faire ses observations.
Le CV qui met tous d’accord
De 12h00 à 12h15, le ministre ivoirien des Affaires étrangères étale toutes les mérites du diplomate et du financier burkinabè à travers la présentation de son CV. Le petit enfant né il y a déjà 56 ans à Boussouma, dans la région du nord du Burkina, aura gravi bien d‘échelons : représentant permanent du Burkina à l’OMC, conseiller des Affaires économiques, cadre financier au FOSIDEC, conseiller financier du SG de la défunte CEAO, secrétaire exécutif adjoint de la CEDEAO, vice-gouverneur de la BCEAO, Premier ministre du Burkina, ministre de l’Economie et des finances, élu député, enseignant en comptabilité analytique et gestion prévisionnelle à l’Université de Ouagadougou. Jusqu’à sa nomination à la tête de la Commission, le diplômé de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) de Paris, option Affaires internationales, et de l’Université de Paris I(Panthéon Sorbonne), était ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso à Bruxelles avec compétence pour le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays-Bas, le Royaume Uni (Grande Bretagne et Irlande du Nord), le Grand Duché de Luxembourg, l’Irlande, et représentant permanent du Burkina Faso auprès de l’Union européenne, de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l’Organisation mondiale des douanes. Un CV qui a épaté toute une salle qui a applaudi et qui honore un Burkinabè et tout le Burkina dont son président, Blaise Compaoré, qui était physiquement présent. Et un confrère ivoirien de lancer : « Ah oui, c’est une grande personnalité. Il mérite son poste ».
C’est à l’issue de cette brillante présentation que Kadré Désiré Ouédraogo est officiellement invité à prêter serment. Vêtu d’une tenue Faso Dan fani trois pièces avec bonnet , Kadré Désiré Ouédraogo, face à la Cour et dos à l’assemblée, lève la main droite et déclare à 12h26mn : « Moi, Kadré Désiré Ouédraogo, je jure de servir loyalement et fidèlement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en ma qualité de président de la Commission de la CEDEAO, de ne communiquer directement ou indirectement à personne d’autre que celles à qui je suis habilité à les transmettre, ni de diffuser tous documents ou informations dont j’aurais eu connaissance dans l’exercice de mes fonctions, ni de faire de cette information que je détiens de par mes attributions, un usage pouvant porter un préjudice quelconque à la sécurité ou aux intérêts de la Communauté, même après avoir cessé toute fonction au sein de cette institution.
Je jure également d’exercer en toute loyauté, discrétion et conscience, les fonctions qui m’ont été confiées, de m’acquitter de celles-ci et de régler ma conduite en ayant exclusivement en vue, les intérêts de la CEDEAO, sans solliciter, ni accepter d’instructions d’aucun gouvernement ou autre autorité extérieure à la Communauté, dans l’exercice de mes fonctions. Que Dieu me vienne en aide ». Tonnerre d’applaudissements dans la salle de 2500 places. Le greffier de la Cour prend acte du serment. Alassane Ouattara félicite le président de la Commission et fait ses observations en déclarant à l’endroit de notre compatriote : « Vos compétences et votre expérience avérée dans les domaines économique, politique, des relations internationales et de la diplomatie, renforcent notre conviction sur votre capacité à réussir le mandat » .
Et le président de la Conférence de conclure : « Sous le bénéfice de ces observations, la Conférence reçoit votre serment, en prend acte et vous renvoie à l’exercice de vos fonctions ». Kadré Désiré Ouédraogo prend place au présidium pour la signature des actes avant de consacrer 17 mn pour une allocution bien accueillie. Un discours dans lequel Kadré Désiré Ouédraogo a tenu à traduire sa reconnaissance à tous, surtout au président du Faso qui a accepté de présenter sa candidature. Et comme pour rassurer tous les Etats sur son engagement à ne pas décevoir, Kadré Désiré conclut son mot à 12h50 en affirmant : « La tâche est certes immense, mais elle est à notre portée ». C’est pour cela que dans son serment, il a demandé l’aide de Dieu pour assumer cette tâche au cours de son mandat de 4 ans non renouvelable.
Alexandre Le Grand ROUAMBA (Ouaga-Yamoussoukro-Ouaga)
Le Pays



